081005 9 min

Rendez-vous avec l'Histoire

« Nous devons travailler ensemble à la formation d'un nouveau système économico-financier plus juste, basé sur les principes du multilatéralisme, la suprématie de la loi et la prise en compte des intérêts mutuels ». (1)

Ah comme c'est beau d'entendre ça.

- Quand on disait « le système va droit dans l'mur ! », il se trouvait à la fois beaucoup et trop peu de monde pour répondre : « en effet, la situation est grave ».

Quand on était horrifiés par la gente nazie venue d'Amérique pour soumettre le peuple Irakien à une dévastation criminelle au nom de la liberté, ce en quoi a consisté la révolte n'a pas eu le moindre impact sur le cours des événements.

Quand les autres nouveaux nazis sionistes accaparaient des terres ancestrales au nom de leur religion hirsute et frivole, oppressant et expulsant les habitants de Palestine ou attribuant par la force un nouveau nom et une nouvelle mentalité à tout un pays, l'indignation bien que d'ampleur cosmique et accompagnée de prières sincères n'a pas pu lutter une seule seconde contre ce processus, voué à l'échec de par sa propre nature.

Quand, agacés par la baisse de qualité de l'alimentation, par la dissimulation du danger pour la santé de certains produits de consommation courante, par la généralisation imposée des OGM en raison d'un très discutable « rendement », observant que les cours d'eau n'étaient plus potables et les fleuves devenus impropres à la vie animale, par la quantité effrayante d'espèces animales en voie de disparition et par l'assèchement et la stérilisation des terres qui découlaient de l'ensemble de ces facteurs, par l'éradication des fruits de mers amplifiée par l'éradication du plancton de haute altitude marine, due à l'éradication d'une couche d'ozone protectrice et anti-cancérigène, conjointe à une fonte simultanée des glaciers et des pôles, engendrant la libération d'anciens gaz issus de la décomposition (méthane) venant renforcer ces processes, le tout illustré par l'accentuation des extrêmes climatiques dont la répétition est comme un message d'alerte insistant...
pas plus que dans les autres cas, nous n'avons rien pu faire d'autre que se trouver accablés et sidérés.

A la télévision et dans les médias, comme en politique c'est à dire partout où le monde est simple et où ceux qui refusent cette simplicité sont malvenus, une seule conclusion sortait de leur boîte crânienne : « CO2 ».

Trop de CO2. Le CO2, c'est mal, il faut enlever le CO2.
Les scientifiques ont même essayé des machines à enlever le CO2 du ciel, emplis de joie à l'idée de sauver le monde.

Sans même établir un rapport entre la déforestation massive et abusive à but lucratif à court terme, et le non-pompage de ce CO2.

Plutôt que d'arrêter de brûler le végétal qui respire le CO2 et expire l'oxygène dont l'humain a quand même un peu besoin, (ou bien que cet oxygène n'ai jamais réussi à être rendu payant), tout ce qui a été tenté l'a été dans le but de ne rien avoir à modifier des habitudes prises de destruction animales et végétales.

C'est à dire que ce qu'ils nomment « solution » est en fait tout ce qui est possible de faire pour éviter d'avoir à solutionner le problème, ou dit autrement, d'effacer les symptômes et les traces de leurs crimes.

- Alors maintenant advient (en toute logique, n'ayant résolu aucun des problèmes précédents, et ayant laissé se gangrener la situation sociale terrestre) le plus grosse crise de toute l'humanité, l'effondrement du système financier !
Ou dit autrement, le fait que les banques fassent faillite.

Et du coup dans leur esprit, tous les autres problèmes sont inférieurs, et si celui-là est résolu, tous les autres le seront (ce qui est logique en fin de compte, car si on résout un problème complexe, les plus simples paraîtront faciles à résoudre du coup).

Pourtant la méthode de résolution de problèmes reste toujours aussi puérile et criminelle.

Je croyais, à la base, que si une entreprise privée à but lucratif faisait faillite, c'était ça la dure loi du marché libre et hasardeux, que cautionnaient les défenseurs de la normalité passagère : qu'ils crèvent et qu'ils aillent faire la manche.
Ah mais finalement ça ne leur plaît pas ?
On a envie de dire que c'est bien normal.

A la limite si les règles auto-fixées étaient appliquées, le problème se résoudrait de lui-même.
Mais obstinés par leur méthode de résolution de problèmes plus stupide que nécessaire, le genre humain choisi librement de ne plus appliquer ses propres loi, et de continuer quand même l'oeuvre de la destruction, tout en croyant bien faire (ce qui est le plus grave).

Le réflexe qui consiste à dissimuler les preuves des causes des crimes prédomine sur celui de respecter les lois qu'ils s'étaient eux-mêmes fixées.

Les leçons à tirer de cette situation sont telles qu'elles auraient pu être obtenues il y a déjà bien longtemps, de sorte que tous les développements actuels soient parfaitement inutiles, ce qui est le propre du crime.

- Cela fait plaisir quand même de voir que le monde officiel commence à admettre la réalité des critiques du capitalisme. De la même manière que cela faisait plaisir de voir que le débat sur l'écologie a cessé d'être relégué à une annexe en fin de programme, une fois devenus spectateurs d'un désastre visible.

On se dit que cela va faire avancer les choses, et même, tous ceux qui ont milité ont l'impression d'avoir un peu servi à quelque chose, quoi que finalement, il se passe que leur sujet de prédilection, dont ils sont spécialistes et passionnés, leur est dérobé pour tomber entre les mains naïves et manichéennes de politiciens, qu'on fera mieux de qualifier de pompeurs d'idées à la mode réemployées dans un but égoïste et inconséquent.

Et par avance aussi, on sait déjà ce qu'il va advenir de cette nouvelle prise de conscience : des nouvelles taxes sur le libéralisme, de nouveaux impôts sur le capitalisme, de nouveaux procès truqués, et de nouvelles manifestations de rue durement réprimées par un gouvernement qui clamera haut et fort « Nous somme POUR l'anticapitalisme ! - comme « nous somme POUR l'écologie ! (Mais regardez donc la situation en face ce n'est pas possible).

- Ainsi sur le site w41k.info il y a une rubrique nommée « Bailout of System » spécialisée dans les cris de joie pour chanter la fin du capitalisme.
Dans cette rubrique fournie plus qu'à souhait, il y a un, oui un seul article qui dit « La fable de la crise finale » w41k.info.

Denis Sieffert s'interroge (2) « Mais où est donc l'autre projet de société crédible ? ». Ce qui est un peu fort de café quand même, car il ne tient qu'à lui de croire ou de ne croire en rien, de clamer comme tant d'autres l'ont fait « oui mais le capitalisme c'est le moins mauvais des systèmes ».
Et pourtant il a raison dans le fond, parce qu'au-delà des centaines de cris de joie sur la fin du capitalisme, aucune chance, aucune organisation, aucun débat, aucune tentative, aucun fond en argent, aucune expérience, aucun travail n'est toléré sur la question des solutions alternatives.

Comme si la solution devait apparaître toute seule, destinée à être récupérée par les gens déjà au pouvoir (parce qu'on ne peut pas attendre de revoter et que même on n'a aucune chance d'être entendus) qui, dans leur bonté d'âme ou soudainement conscients de leur rôle historique, décideraient d'agir aussi bien que le cumul de l'intelligence de milliers de chercheurs et de philosophes sur cette question.

Nan mais il faut vraiment être tarés pour croire ça !!

- Le coupable, à part le monde politique qui sature les voies de communication avec de la merde, c'est vous, moi, tout le monde des consommateurs, des travailleurs, les entreprises, le commerce, l'argent, la finance, le seul fait de se lever le matin pour aller travailler vous rend coupables de participer activement à la dégénérescence exponentielle (et en phase terminale) de cette civilisation.

C'est à dire qu'il ne s'agit pas de tout arrêter non plus, car bien sûr l'arrêt de toute chose signifie déjà en soi, la fin de a civilisation, la fin du monde, et la mort de masse.

Ce qu'il faut comprendre c'est que c'est la recontextualisation de ce qui existe, et qui doit perdurer, qui doit faire que le travail fourni par l'humanité fasse avancer les choses de manière positive.

Ainsi le changement de système, et dans la tête de chacun le changement de paradigmes, est une sorte de « chekpoint (pardon pour la comparaison) inévitable, que notre passé et nos manquements a déposé à ce point de l'histoire.

- La seule manière pour que l'existant continue d'exister est qu'il serve positivement la cause commune, et principalement qu'il ait pour objectif mental de constituer une vision à long terme du développement humain.

Le changement de système se fera aussi rapidement qu'une révolution, mais pour autant, le faudra avant même de la commencer, et à temps pour ce rendez-vous avec l'Histoire, avoir déjà tout prévu et tout pensé correctement.

C'est pourquoi je préconise la généralisation subite du but non lucratif, de la centralisation de toutes les comptabilités par un giga système informatique, une homogénéisation absolue des lois et de la monnaie sur toute la terre, la coupure nette de toutes les activités financières qui gaspillent une énergie humaine effroyable, la schématisation du réseau de circulation des denrées et des travaux, et l'instauration d'un niveau de vie moyen homogène et équitable comme préalable à toutes les solutions systémiques qui en découleront ensuite, le plus logiquement du monde.

(1)

Banqueroute 081005 5 min




(2)

Banqueroute 081001 5 min




8119