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La méthode de révolution

Disons que c'est une grande tradition, de temps en temps les peuples se lèvent pour donner un petit coup de pied au derrière des institutions, qui ensuite s'empressent d'adapter leur discours à la nouvelle mode dans le but de conserver la gloire de leur posture.

Peut-être même bien que toutes les révolutions réclamées ont été résolues uniquement par un jeu d'apparences donnant au peuple rebelle les illusions de ce qu'il demandait, plus de liberté, plus de démocratie, plus de paix, plus de justice, moins de racisme, et qu'à chaque fois on le leur a donné, sous forme d'une illusion grandiloquente et de discours ainsi formatés, sans que rien ne change en vérité, puisque si on voulait vraiment obtenir ces résultats ce qu'il aurait fallu changer en vérité était le système, dont ensuite seulement découlent les conséquences attendues.

Les politiciens adorent croire qu'en stimulant artificiellement l'apparition de symptômes cela fera naître la structure systémique qui ensuite les engendre, mais ça ne marche pas, mais quand même l'apparence est indubitable.

De là on peut conclure que les révolutions antérieures n'étaient que superficielles et n'ont rien fait d'autre que de construire des mensonges de plus en plus éhontés et criminels. Pis, ceux-là ont fini par croire en leurs mensonges tout en dissociant leurs actes de ceux-ci, sans ne plus même être capables de voir cette brisure, tout en faisant de cette brisure le fond de leur idéologie.

Peut-être que les peuples ont inconsciemment connaissance de cela, et qu'ainsi ils soient démoralisés de l'idée de faire des révolutions populaires, qui de toutes manières seront conduites par des collaborateurs naïfs du système, tous disloqués de l'intérieur, prêt à scander les nouveaux paradigmes qu'on aura su mettre en vie, tout en étant incapables d'en comprendre ne serait-ce que l'essence, et automatiquement voués à les détourner ou les dénaturer.

Quelle que soit la révolution, c'est ceux à qui elle s'adressera que ça profitera, et c'est encore les peuples qui paieront le prix des forfaitures qu'ils auront eux-mêmes engendrées.

Sans cela nul doute que depuis longtemps les peuples se seraient élevés contre l'horreur mentale que représentent les politiciens, tous plus malades les uns que les autres, tous plus déhanchés et éberlués les uns que les autres, incapable de rationalité, ce qui du coup les conduit à déclarer que c'est la seule chose qui explique leur action.

Regardez ce gars une fois que j'ai vu à la télé, il disait « dans l'urgence, nous avons conclu qu'il fallait absolument permettre aux chômeurs qui n'en ont pas, d'obtenir un permis de conduire et une voiture à des prix préférentiels, de sorte qu'ils puissent trouver plus facilement un travail loin de chez eux, ça, au moins c'est une mesure rationnelle, et c'est ce que nous allons faire avec toute la force et la détermination qui est la nôtre ».

Mais à part ça le gars il ne s'est pas dit que si chacun avait besoin d'aller de plus en plus loin de chez lui pour trouver un travail, cela voulait dire que, étendu à une population, tous ces gens allaient donc trouver un travail proche du domicile d'un autre.

Ou encore que, s'il ne l'avait pas remarqué, le lobby des fabricants de voitures avait tout fait pour empêcher les moteurs à énergie quasiment gratuite et n'utilisant pas le pétrole, qui est devenu tellement hors de prix que c'est un produit de luxe, d'ailleurs taxé comme tel, d'apparaître.

Nous somme dans le double-monde où, d'une part, si on arrive avec une nouvelle théorie démontrant scientifiquement que la terre est ronde, les politiciens s'empressent de reprendre l'idée à leur compte en en tirant des conclusions qui empêchent toute évolution, du style « maintenant qu'on a découvert ça, la science n'est plus utile ! », et d'autre part, ceux qui viendraient à dire des théories sans usage à leur yeux, seraient tout comme le premier de cette lignée (qui disait que la terre était ronde) sommés de s'excuser en public d'avoir troublé son bon ordre, comme l'en témoigne le clown télévisé JM Bigard, qui n'étant pas fou, a ainsi tenté de sauver sa peau et de ne pas devenir un nouveau « Dieudonné », c'est à dire banni de la société et utilisé comme adjectif qualificatif de ce qu'il faut détruire, après avoir osé dire que les attentats du 11 septembre 2001 n'en avaient pas vraiment l'air.

Ainsi à la question « pourquoi les peuples ne se révoltent-ils pas alors que le seuil de tolérance a déjà été franchi depuis longtemps », on peut émettre l'hypothèse que la méthode de révolution n'a pas encore été complètement élaborée, puisqu'on sait d'avance qu'il ne faut surtout pas que les politiciens soient au courant de ce qu'on veut obtenir.

Aller scander dans la rue « nous voulons plus de justice », après avoir été dûment réprimé à coup de matraques, infiltré par de faux casseurs démystifiants, élagué de la zone informative et étouffé sous des critiques virulentes et hautaines, même si ça passe tous ces barrages, ça ne sera jamais rien d'autre que récupéré à mauvais escient dans le but de faire souffrir encore plus les peuples, en fabriquant le nouvelles explications d'actes qui eux, ont toujours été de même nature, c'est à dire répondant à la loi du plus fort en gueule.

- La méthode de révolution doit être révolutionnaire, ce doit être une surprise, un peu à l'image de ces groupes qui s'accordent par SMS pour se figer à une heure précise dans un lieu précis, créant subitement un espace dédié à la quatrième dimension, dans le but de la beauté de l'art.

C'est sûrement cette raison qui motive la proposition qui consistait à fédérer sous une seule société à but non lucrative tout un ensemble de sociétés conventionnelles, qui utiliseraient une monnaie locale, au sein d'un système entièrement expérimental.
Car de cette manière aucune loi n'est brisée, aucun slogan n'est scandé, et même mieux aux yeux de la loi aucun argent n'est inclus dans les transactions, ce qui fait que les adhérents de ces coopératives ne sont aucunement redevables d'impôts envers la société.

Dans cette zone à but social, il pourra apparaître des écoles et des hôpitaux, des services de transport en commun enfin non polluants et des flux de marchandise enfin complètement robotisés, qui seraient complètement isolés de toute l'activité politique et de toute réglementation étatique, puisque tout serait sous l'égide d'une seule organisation, disposant d'un seul compte en banque du type bêtement postal, qui à son tour serait administré de l'intérieur.
On y construirait nos propres systèmes de paiement et nos propres valeurs, lois, en faisant voter démocratiquement et très régulièrement toutes les décisions d'ordre systémique, dans le but de consolider la structure du système.
Il pourrait même y en avoir de différentes natures pour voir ce qui marche le mieux.

Promis et ayant besoin de s'étendre, le nouveau système social défait de toute obligation envers son état pourrait ensuite se connecter à d'autres structures identiques situées dans d'autres pays et commencer à voir plus grand.
Le but de la manoeuvre est véritablement de larguer le monde politicien, les gouvernements, les institutions, les banques et tout le système pourri qui se nourri de guerre là où il se trouve, et de le dépouiller petit à petit de ses citoyens.

La finalité est que les gens soient complètement désintéressés de la politique, qu'il y ait moins de 10% de votants aux élections étatiques, et que tout l'intérêt soit tourné vers ces coopératives à but social dont la fonction première, écrite dans le marbre de sa fondation, est de pourvoir aux besoins élémentaires vitaux de chaque habitant actif et inactif grâce à un système informatique et algorithmique de juste répartition des richesses, dont la facilité de mise en oeuvre est tellement ridicule qu'on sera étonnés de ne pas l'avoir fait lus tôt.

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