080929 5 min

Il va falloir s'habituer à comprendre que les raisons de toutes choses ne peuvent pas être uniques

Ou même par extension, il va falloir obtenir le réflexe de nommer « propagande ayant un but caché » toute affirmation prétendant définir ce qui est coupable d'une conséquence désignée du bout du doigt.
C'est tout simplement enfantin.

Après avoir tenté le coup sur les Traders, en en isolant un qui avait fait perdre des milliards à une banque sur un mauvais contre-coup, l'ordre établit s'est mit en tête de faire reposer sur ces seuls spéculateurs la cause unique de l'effondrement financier.
C'est déjà un bon pas mais il ne faut pas s'arrêter là.

Eux ne font que profiter du fait que l'argent puisse être loué et devenir un produit commercial.
Ainsi on peut étendre la cause à ce fait.

Mais ce n'est pas tout, il reste ce sont des sociétés privées qui émettent la monnaie, et cela aussi porte une part majeure de responsabilité, car si l'argent était gratuit, ce qu'il devrait être, il n'y aurait peut-être pas eu de crise. Et dans ce cas les règles du jeu seraient toutes autre puisque seul l'énergie humaine serait source de création monétaire.

Mais ce n'est pas tout, j'ai déjà longuement rabâché le sujet, le seul fait que les entreprises dans leur ensemble soient à but lucratif, suppose toute un système économique fondé sur l'idée farfelue de « main invisible » qui serait capable, si tout le monde était honnête et selon la théorie la plus naïve, de faire que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde, que l'argent ne soit qu'un moyen placide pour comptabiliser les échanges, qui pourraient se faire de façon fluide.

Eh bien c'est ça qui ne va pas : c'est l'ensemble des règles communément admises qui conforment ce « système ».
Même si le système était propre, et même si les gens étaient honnêtes, ce n'est pas pour autant que l'objectif de juste répartition des richesses serait possible à atteindre.

Au cours de ce crash et comme d'habitude, éberlués par la précipitation, encore une fois ce seront les pires solutions qui seront prises puisqu'en tout état de cause l'ordre établit se refuse obstinément à remettre en cause les fondements de la sociétés humaine, certainement dépassés et effrayés par la quantité de travail que cela suppose, et qu'ils ne peuvent pas faire seuls, alors qu'ils veulent le rester.

C'est bel et bien, d'une part, les gens et les gouvernements, et de part, le fonctionnement de la société qui doivent être réinitialisés complètement.

Répétons-le encore et encore, c'est du résultat voulu qu'il faut partir.
Et ainsi, observons que dans ce qu'on nomme « le résultat voulu » il faut inclure une bonne compréhension de « la raison de vivre » de tous et de chacun.

Aucunement et à aucun moment, la raison de vivre des gens ne peut être le système lui-même. Le système doit être transparent et permettre la vie, qui elle à son tour, doit ainsi obtenir la liberté de s'épanouir dans le sens qui lui paraît le meilleur ; par exemple si les gens veulent chanter, danser, prier, écrire des poèmes, alors ce doit être cela le but du système.

Son fonctionnement doit se résoudre à devenir un automatisme auquel on ne fait plus attention, capable de s'auto-réguler via des algorithmes longuement et patiemment étudiés, qui seront le fruit d'un travail patient et méthodique et scientifique.

Le but non lucratif généralisé est élémentaire étant donné qu'il n'est pas logique d'espérer éternellement accaparer la richesse des autres ; c'est tout simplement non fonctionnel.

Par contre la comptabilité d'échelle, ainsi que les systèmes de valorisation par vote de l'intérêt de telle ou telle industrie et de ses moyens, semble une méthode bien plus efficace si par exemple on veut rendre « logique » le seul et simple fait que l'éducation, la médecine, la culture puissent avoir lieu, mais pas des entreprises comme Coca-Cola ou des systèmes bancaires.

Dès lors qu'on sait que, d'une part, la moitié des vivants est inactive professionnellement, et d'autre part, la moitié des industries ne peut pas prétendre être « rentable » financièrement, on abouti immanquablement à la conclusion logique et indépassable que l'ensemble du système doit pourtant permettre à ces noeuds de faire partir intégrante du réseau social.

Alors dans ce cas comment les y intégrer, si ce n'est au sein d'un système pour lequel le « lucratif » est directement le niveau de vie moyen de tous ?

- Or, pendant cette crise financière qui n'est pas pour autant une crise idéologique hélas, à part revenir à des solutions qui ont vaguement marché dans le passé (et qui conduiront à nouveau à la situation actuelle) ou en espérant créer des millions de systèmes de régulation arbitraires et impossible à comparer entre eux, si jamais les peuples décident de se contenter de ce que ces mêmes voleurs et mafieux proposent pour « sauver le système », alors on risque fort de se perdre dans les méandres d'une complexité affreusement inutile.

Au moins après ce cauchemar, il paraîtra plus simple et facile de repenser entièrement le système sur le modèle d'une centralisation informatique de l'ensemble des comptabilités, de sorte que par avance l'ensemble des biens fondamentaux permettant la vie soient assurés et fournis à tous les êtres vivants, d'une façon parfaitement équitable, et que la comptabilité vienne seulement ensuite donner son avis sur ce qui est optimal ou pas.

Ceci doit seulement être le premier pallier du système, et ensuite sur cette base, certainement promise à des surprises, pourront se greffer les ajustement nécessaires, mais quand même au moins ce sera ça de fait, et aussi, la complexité que ce travail représente sera bien moins lourde que ce dans quoi le monde est prêt à se lancer de façon irréfléchie, après avoir constaté la faillite du système du jour au lendemain, et prétendu trouver une solution en moins d'une semaine.

Franchement ce qui arrive en ce moment est beaucoup moins crédible et beaucoup plus utopique qu'un système entièrement refondu sur des bases neuves.

8119