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La solution à trois états

Enlisé dans une berlue raciste, Israël fait figure de cancer en Palestine en ayant pénétré, colonisé, et dépouillé tout un pays qui pourtant aurait pu les accueillir à bras ouverts s'ils avaient seulement bien voulu vivre en paix.

C'est la démographie et l'innocence des nouveaux nés en Israël qui constitue le fond du problème : on ne peut pas demander à ceux-là de payer pour les erreurs de leurs pères, même si une fois adultes ce sont eux qui héritent de la responsabilité de la colonisation, du moins tant qu'ils la perpétuent.

Partisan de la solution à un état, Palestinien, dans lequel Israël aurait des droits équivalents et en raison de l'ultime nécessité que les lois soient homogènes, le conflit né du refus du dialogue hautain laisse à croire que seule une solution à deux états est réellement possible.

On sait que ce sont les mentalités qui doivent évoluer, et que la solution à deux états ne fera que pérenniser, figer la scission entre israéliens et palestiniens. On sait qu'avec deux états, l'un deux sera plus fort et continuera d'écraser l'autre, cependant une fois les frontières fixées, l'expansion des uns et des autres ne pourra plus avoir lieu ; c'est pourquoi la solution finalement adoptée est la non solution, la continuité ad aeternam de l'activité coloniasante d'Israël, et de ce que je nomme « ses frontières floues », dont le but est de devenir un seul état dominateur, dont l'objectif est de rayer de la carte les réfractaires.

La seule vraie solution à tout problème consiste à innover et inventer, créer grâce à l'imagination une solution nouvelle, puisque si elle existait déjà elle aurait été appliquée (peut-on se dire de façon laconique).

La solution doit préfigurer ce que tous les états du monde doivent pouvoir observer comme exemplaire, au point même qu'ils aient envie de s'en inspirer pour régler leurs propres différents locaux, inévitablement dûs à la non-homogénéité des lois et des objectifs.

C'est sur toute la terre qu'il ne devrait y avoir qu'un état, qu'un seul Droit, une monnaie, et un seul objectif commun.
Pourquoi alors ne pas renverser la situation au moyen-orient en présentant de façon locale ce qui préfigurerait comme la solution à tous les maux du monde ?

La solution à trois états est une combinaison associative des avantages des deux solutions, à un et deux états.

Les deux états ne seraient non plus de nature géographique mais politique.
N'importe qui sur le territoire entier pourrait s'affilier et suivre les lois, payer les impôts, voter et subir la justice du pays de son choix, indépendamment de sa situation géographique.

Sur ce territoire contenant deux états qui veulent conserver leur identité et leur langue, un état générique et translucide serait responsable des questions de gestion, d'équité, de résolution de conflits, tel un tribunal impartial constitué des représentants de chacun des deux états, et puis de représentants des états extérieurs ayant une influence politique ou logistique sur eux.

C'est à dire que dans ce bureau, afin d 'assurer le déblocage des conflits, les pays en rapport avec ceux-là auraient une place et un rôle à tenir, telle une obligation.

Une des solutions imaginée aussi était que Jérusalem soit confié aux bons soins de l'UNESCO en tant que patrimoine historique appartenant à toute l'humanité, défait de toute nationalité, et protégé par des lois internationales. C'est un peu le même genre de solution que nous proposons, où un bureau d''étude impartial aurait pour charge, tel un tribunal ou une table ronde, des questions politiques qui touchent invariablement à l'un et à l'autre des sub-états.

- C'est sur ce modèle que l'ensemble des pays du monde pourra s'appuyer pour fonder une civilisation basée sur la justice et l'équité, tout en ne reniant pas les les différences culturelles qui font sa richesse.

Les sub-états comme nous les nommons, auraient leurs propres partis politiques, élections, système sociaux et d'impôts, leur propre langue et culture, bref tout ce qui fait un état à part entière.

Cependant il est formellement injuste de confier à l'un ou l'autre la gestion du patrimoine historique, géographique, des ressources naturelles, sachant combien par exemple la pollution évacuée par les uns peut retomber sur les autres, sachant par exemple combien la faune et la flore, ou les ressources en sous-sol ne peuvent pas être régies par des lignes tracées artificiellement.

Les sub-états pourraient très bien s'ils le voulaient se conglomérer en cités et villes, mais à aucun moment il ne serait question que l'un ou l'autre ait l'avantage sur le second, ou qu'un territoire soit lui soit exclusivement réservé.

Les citoyens auraient sur eux leur carte d'identité spécifiant leur nationalité, et pourraient habiter autant qu'ils le veulent n'importe où sur l'ensemble du territoire.
De plus ils pourraient, au gré de leur souhait, changer de nationalité, selon les modalités conventionnelles.

C'est pourquoi ce qui appartient au domaine publie, à la gestion du patrimoine, la construction de routes et de bâtiments, les productions de meubles et alimentaires ne sauraient se satisfaire d'une limitation dans leur clientelle en raison de quelconques frontières, et ne profiter qu'aux uns et pas aux autres.

Ainsi il sera question, de la même manière que, chronologiquement au fur et à mesure de la progression en complexité des sociétés, on divisa l'état et la religion, puis dans l'état le pouvoir judiciaire et le législatif, de différencier clairement ce qui relève des nations conservant leur identité et ce qui relève des droits de l'homme, et qui ne supporte aucune sorte de cloisonnement.

C'est pourquoi nous préconisons « la solution à trois états », un état juif avec son identité et sa culture, un état palestinien avec son identité et sa culture, et un état gestionnaire, responsable des question génériques qui ne peuvent loyalement appartenir à aucun des sub-états.

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