080925 7 min

Nein El Heaven (ça tombe pas du ciel)

Je hais ce qui est illogique.
Depuis toujours quand on me disait, étant petit, « fait ceci fait cela », je ne m'exécutais qu'après avoir pleinement saisi le Pourquoi.
Ce n'est pas une manière de parler à un enfant que de lui donner des ordres et le faire agir sans raison, uniquement stimulé par l'autorité.
Mon père ne comprenais pas que ce n'était pas un manque de respect que de demander pourquoi ?
Et moi-même j'ai mis longtemps à comprendre que c'était un manque de respect voire même, un accablement que d'agir sans raison.
Et qu'en fait tout ça venait d'une éducation héritée des âges incultes, où ne savait pas estimer assez bien la délicate logique que les enfants peuvent comprendre.
Et que forcené par cette incapacité, ce n'était que menace d'hystérie qu'on enseignait aux enfants.
Et que si on ne le faisait pas, on perdait le contact avec eux.
Ce qui arriva, évidemment.

« Les enfants il faut les dresser ».
L'amour des parents, semblait être un dû, et déroger à cette règle était vécu comme une provocation qu'il fallait corriger par des coups de ceinture, de fouet, et des hurlements.

On ne m'a jamais dit cette phrase textuellement mais j'ai eu l'occasion de l'entendre bien des fois : « Regarde comme à cause de toi je suis obligé de crier ! ». Ce qui est très parlant en vérité.
Non quand même, ce n'était pas la pire des éducations puisque j'ai pu quand même me sortir et atteindre le nirvana par mes propres moyens, et voir s'assembler toutes les raisons du monde en un chemin médium, en Une raison, celle de Dieu ; n'ayant pas d'autre mot pour définir « la Raison ultime de toute chose ».

Et ce « Dieu », n'était-il pas un peu trop naïf que de croire qu'à l'image de l'homme autoritaire non instruit, il n'agissait que par hystérie et sans précision ? Le corps tel qu'il nous l'a donné et la nature telle qu'il l'a faite, ne sont-ils pas d'une sublime complexité et finesse ?

Et si l'amour des parents je l'ai trouvée par la voie de la raison, si pour ça j'avais dû traverser le pays du « pardon » en trouvant quoi pardonner, et si tout dans ma tête ne peut reposer que sur la logique, (et si il faut que ça prenne bien plus de temps que chez les autres), est-ce que pour autant j'ai failli, suis-je répréhensible ?
C'est comme si on m'insultait avec une non vérité, devrais-je me mettre en colère ou en rigoler ?
(sachant que n'importe laquelle des solutions ne ferait que renforcer la conviction de mon adversaire).

- Qu'est-ce à dire si dans une société organisée uniquement par l'habitude et la culture, certains utilisent leur intelligence supérieure de façon agnostique, afin de « dresser » les peuples et utiliser et récompenser leurs réflexes de façon à s'en servir comme des ressorts, qui ont pour fonction de se substituer à la raison, à la logique et à la morale, si ce n'est qu'ils se considèrent comme des gardiens d'un bétail facile à manipuler ?
Ce comportement qui veut « infantiliser » les peuples n'est-il pas le summum du sadisme ?

Accepter cela n'est-il pas s'enfoncer dans le renoncement de l'usage de son propre corps, de son propre esprit ? Et si à force de procéder ainsi, les gens commencent à réclamer qu'on nourrisse leur habitude, ne deviennent-ils pas de plus en plus demandeurs d'ordres, qu'ils soit rationnels ou pas, les seules instruction que leur cerveau rendu malade comprennent comme le moment de gloire où tout n'est pas confus dans leur tête ?

Et là je me retourne et je vois la question posée à laquelle j'ai répondu sans le chercher spécifiquement : « qu'est-ce qu'un état totalitaire ? »

- La vie est un chemin. Ce chemin a une raison. De nombreuses raisons sont au-delà de ce que notre entendement est capable de cerner. Cependant il y a une logique que peu d'expérience peut déjà faire voir si on est assez curieux, vivant, et volontaire.
Même dans la pire des sociétés il y a des humeurs et des moments, et même avec si peu d'objets à analyser, on peut tomber dessus, et l'espace d'une seconde entrevoir la raison de toute chose.

Il faut dire que les cerveaux malades qui veulent infantiliser les peuples, en créant de si graves lésions et déchirures dans le cosmos, se sont rendus incapables de voir le divin.
Il en découle que, prenant l'habitude d'ordonner, ils expérimentent les émotions qu'ils ne peuvent plus ressentir en les imposant par la force à ceux qui les écoutent. Par leur algolanie ils vivent le monde par procuration, et s'enferment dans un stress chronique dans lequel la force qu'ils mettront à s'en sortir ne fera rien d'autre que les y enfoncer.
Ils ne font que simuler symboliquement ce qu'ils sont devenus incapables de faire : se changer eux-mêmes.

Même en se défaisant de toute raison dans un moment lubrique, il y a une façon de s'en sortir.
La vie est un chemin, et un chemin se parcoure avec grâce et engouement.
Mais la raison d'être enjoué ne peut être le rire de celui qui fait le mal ni une activité émotionnelle provoquée de l'extérieur, ni moins encore tout autre usage de la partie basse de son cerveau, ce ne peut être qu'une découverte, une création, et une compréhension.

- C'est comme si l'humanité plongeant dans les ténèbres de ce qui doit être accepté avec fatalité, s'était fabriquée les milliers de millions de raisons à découvrir soudainement, le bonheur le plus intense qui puisse être, après les avoir toutes fait suffoquer. Mais quelle est donc cette stratégie macabre ? Un reflet dans le fond d'une rivière n'y suffit-il pas ?

A la télé on met en scène des tours jumelles qui s'effondrent magiquement sous l'impact d'un double-boeing, et l'horreur l'emporte allègrement sur la raison. A la question « dois-je en croire mes yeux ? » la société toute entière affirme que oui, puisque c'est passé à la télé.
Et même plutôt deux fois qu'une.

A la question « suffit-il vraiment de voir pour croire ? » les dirigeants affirment que oui, que seul ce qui est vu peut être cru. Mais en vérité quelle croyance y-a-t-il dans une observation matérielle ?
Et deuxième question, ce en quoi on est prié de croire du coup, n'est-il pas plus vaste en vérité ?

Le plus pertinent dans l'avènement du Nine-Eleven du XXIième siècle, est surtout la berlue des peuple et leur acceptation de ce qui leur est ordonné de croire, sans qu'aucune raison n'ai la moindre chance d'intercéder en faveur de la vérité.
Car la vérité en fait, ne s'observe avec les yeux qu'en faisant l'expérience de ce qu'elle a été auparavant observée par l'esprit.

Le double-miracle de la pulvérisation de la matière par la volonté du sadisme n'était-il pas la seule chose qu'il restait à croire ? L'événement a été tellement brutal que même les fantômes sont partis en courant, ayant peur pour leur propre chemin. Que même la raison a préféré abandonner tout travail. Ce moment précis était le coup de tonnerre dans le ciel qui ordonnait aux subconscients de tous les spectateurs incrédules, l'acceptation de l'avènement du plus mondialisé des totalitarismes.

Désormais en un seul moment, avec une seule action, en si peu de temps, un message d'une telle lourdeur et complexité était asséné à tous les peuples du monde, leur disant qu'ils ne devaient pas chercher à comprendre, que tout était dit, qu'ils devaient se soumettre ou périr.

- Puis une fois la poussière mentale retombée, au fil de nombreuses années, peu à peu la lumière a pu percer. N'était-ce pas un peu gros quand même ?

Alors comme ça d'un coup de baguette magique on peut soumettre tout un peuple, et lui ordonner les raisons qui doivent être les siennes ?

- Quand j'étais encore petit avec mon frère cadet on avait adopté diverses techniques pour éviter les coups de fouet en sangles de cuir. Tout d'abord on avait glissé un gros coussin dans nous culottes, mais ça n'avait pas prit. Et ensuite on a utilisé la méthode lente et discrète, qui consistait à arracher une à une, jour après jour, chacune des sangles en cuir du martinet.
Un jour que notre père s'en emparait, il trouva curieux qu'il n'en reste plus que quelques unes.
Avec ce jour il cessa d'utiliser également la ceinture de son pantalon, vaincu par la résistance.
Ma mère a conservé l'objet désuet en souvenir, très fièrement.

8119 – (l'infini n'est pas le paradis)