080906 8 min

les lois du système

J'assistais à la conférence de l'ADIP sur le droit humanitaire et l'impunité des puissants.

Il est certain que finalement la loi ne peut qu'être un garde-fou afin destiné à prémunir des grandes catastrophes dont on a obtenu l'expérience au fil de l'histoire.
Et également, que si on devait remplir tous les interstices par lesquels les mauvaises choses peuvent avoir lieu quand même, ce n'est plus de lois et de droit dont on parlerait, mais de ce qui est central dans ce qui meut une société : ses motivations, ses buts, et sa méthode.

En effet, Bush ira sûrement en prison et le droit tel qu'il existe permet complètement de satisfaire cette demande. Et en effet derechef, ceux qui commettent les pires délits sont précisément les états puissants, et précisément, ce sont les seuls à ne pas pouvoir être sous le coup de la loi durant leur exercice.
Finalement, Bush, mais surtout ceux qui sont derrière lui, si par chance finiront leur jours en prison en compagnie de la plupart des chefs d'état et industriels actuels finalement, d'abord ils n'iront que très tard entre la 93ième et la 95ième et dernière année de leur vie, et surtout, pendant tout ce temps-là, ils n'auront eu de cesse de cracher sur la loi et les Droits de l'Homme, sur les gens et leur société pourrie, tout en en tirant le maximum de bénéfices et en en profitant le plus possible.

Non seulement la loi ne s'applique quasiment jamais à ceux qui sont les plus fautifs, mais surtout « la puissance », qui est la richesse en fait, y compris le fait de pouvoir imprimer gratuitement des billets, permet de ralentir, outrepasser, faire oublier etc... son accomplissement.

Pourtant il subsiste le fait que malgré ce qu'on peut avoir tendance à croire à force d'écouter ces puissants, que la loi et le droit, s'ils peuvent être utilisés comme arme contre les faibles, avant tout et pour toujours, quoi qu'il arrive, il faudra toujours garder à l'esprit et transmettre l'idée que la loi est une émanation de la Société, et donc du Peuple, et qu'en dernier recours, c'est lui, le peuple, qui décide de ce que doit être la loi.

Et même si ce point précis était contrecarré sous forme d'un document posé sur du papier, cela n'aurait aucune valeur quand même, car nul besoin que cela soit écrit, le peuple sera toujours l'ultime recourt, l'ours qui se réveille pour clamer sa domination, pour le coup, vraiment toute puissante.

Les peuples devraient se considérer, y compris les petits peuples, les villages, comme supérieur hiérarchiques à leur plus haut représentant.
Dans le code de la loi il devrait y avoir des indications sur les procédures de ces recours dits révolutionnaires, tel que le stipule l'argument final des Droit de l'Homme (de 1948) art-30 : « Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. »

C'est à dire que la loi se protège elle-même, elle s'auto-définit, et ne peut être dépassée.
Disons que les législations ont bien récupéré ce principe pour le détourner (justement) en mettant dans la tête des peuples que « la loi » devait être respectée « un point c'est tout », ouvrant la voie à la non possibilité d'en discuter.

De là se pose le problème le plus crucial à mes yeux qui est la respectabilité de la loi, et ainsi les différentes erreurs qui peuvent coûter cher au droit tel qu'il existe, qui sont issues du fait inéluctable que nous avons dit à l'instant, selon lequel la loi ne se place qu'à posteriori de l'action maléfique.

Les puissants, eux, s'en moquent totalement, ils commettent leurs délits, et ensuite la loi agit, les condamne, et ils la payent en argent comptant, argent qui a été prit aux peuples.

Dé là l'importance de la philosophie du droit, qui va mettre en évidence le fait que le droit seul, n'est pas d'un grand recourt contre les pires crimes contre l'humanité.

Il y a une autre discipline qui serait d'un bien meilleur effet, qui est le travail constant qui est à faire sur les lois du Système social humain.
A l'évidence et en théorie, si on « coupe » (terme topologique) les raisons objectives d'enfreindre la loi, alors le nombre des crimes sera nettement diminué.

Dans cette société, où on délègue toute notre confiance et notre avenir en la loi qui est impuissante et qui n'agit qu'après coup, et qui ne pourra jamais être assez compacte pour tout interdire sans rogner sur « les buts et les méthodes » de la société (ceci inclus, parmi les méthodes, ce qui est libre et non défini, dans l'intérêt de l'épanouissement), les règles du système, elles, sont extrêmement rigides et indélogeables, sempiternelles et obsessionnelles, culturelles, routinières et de l'ordre du réflex conditionné.
En gros, le concept (suranné) de l'argent, la propriété privée, (et donc) la liberté de contrat, en sont les principales règles.

Or justement, par « topologie des systèmes », (un informaticien s'est glissé parmi de rares défenseurs des Droits de l'Hommes armés des lois les plus belles) j'entends expliquer qu'il n'est pas logique d'envisager un système qui soit tellement parfait que les lois qui sont les siennes en viennent à ne même plus pouvoir évoluer.
Au contraire, plus un système tend vers la perfection, en terme de ce à quoi il est capable de répondre, plus il nécessite un travail croissant (factoriellement !) d'entretien, d'innovation, d'assainissement fonctionnel, qu'on appelle plus souvent à une petite échelle « la veille technologique ». Ici, il nous faudrait une veille systémique.

D'un côté la loi stipulerait ce que sont les actes qu'on ne veut plus voir commettre, et de l'autre, dans la veille systémique, il serait question de comprendre les lois comme des instructions au développement de ce qu'il faut rendre évitable.

Si on ne veut pas que les guerres aient lieu, motivées par le vol, qui bénéficient aux seuls industriels, et qui manipulent les peuples pour pouvoir opérer, il faut couper la motivation première, rendre inutile le vol.
En systémologie, on nomme « illégalité » ce qui, selon la plus grande évidence, ne fait que nuire au système (par exemple en réclamant beaucoup de ressources pour une utilité trop modeste). Parfois la philosophie et la raison pourront faire voir la valeur de la retro-positivité d'une action « illégale » en apparence, comme par exemple si on demande à certains de se serrer la ceinture temporairement le temps de réactiver des fonctionnalités vitales ;
Et ce, malgré que,hélas mille fois hélas, ce même argument ait déjà été usé des milliers de fois en tant que rhétorique et arnaque (de la part de la Droite, qui nourrit les riches pour qu'ils donnent aux pauvres, soit-disant).
Si cet argument avait prit, c'est parce qu'au fond une partie de notre conscience connaît l'intérêt de la rétro-positivité (de ce qui est négatif en première abstraction).

Mais bon ceci n'est qu'annexe, principalement il faut retenir que l'essentiel est de connaître et comprendre (grâce à l'informatique et aux système complexes*) l'intérêt du concept de la souplesse d'un système. Il y a toute une ontologie à ce sujet, notamment, il faut d'abord comprendre le concept d'ossature et de couches systèmes.
(*) un système est dit « complexe » quand ses fonctionnalités ne sont pas directement paramétrables, mais indirectement au travers d'un jeu d'autres fonctions, situés dans une couche antérieure.

Également, dans la catégorie de ce qui est le plus important de tout, il faut aussi connaître (en l'ayant expérimenté) le paradigme de la floraison d'un système : le fait qu'à tous les niveaux de la complexité, de l'ossature jusqu'à la couche la plus élevée (soucieuse de la commodité) il y a autour de ces fonctions une dégradation de complexité, c'est à dire que les usages courants sont inscrits « en dur » et ne sont pas paramétrables.
Tout l'art de dessiner un système découle de l'impulsion et de la volonté originelle, et de la vision qu'on peut avoir des buts du système ; car dans ses développements, on doit savoir à temps si des fonctions sont destinées à se rejoindre un jour.
(il y a encore de nombreuses choses à dire mais je ne vais pas m'étendre là tout de suite)

- LA question est donc celle du Système lui-même, ce qui régit les courants entre les noeuds d'un réseau (que sont les gens). C'est aussi la question des relations inter-humaines, comment et pourquoi un ordre est donné, et quelle conscience on a de l'exécuter.
C'est, surtout, la question de la sécurité de la société procurée par le système.

Dans « la Lettre à Fidel, Rêve et Evolution) nous avons survolé un certain nombre des fonctionnalités d'un système social qui semble bien plus viable, où notamment une des premières fonctions du système consiste à « rendre possible » la vie de ses composants, que sont les humains.

Ainsi, et seulement ainsi on pourra couper (rendre caduque) le moteur des crimes.

En fait, si on a des lois de société, garde-fous du mal, qui sont de plus en plus nombreuses, complexes et inefficaces, c'est logiquement que le système sur lequel elles se fondent est, lui, rigide, vieillissant et jamais remit en cause.

Si par contre le système était rendu conscient et maîtrisé, les lois ne seraient quasiment jamais modifiées, à la limite, les 10 commandement suffiraient.

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