10/07/2006 4 min #2006

Mental collectif

Mental collectif

par Robert Dilts

Le terme "mental collectif" fait référence à la capacité qu'ont les

personnes d'une équipe, d'un groupe, d'une organisation ou d'une nation

de penser et d'agir de manière collective. Selon Le Bon (1895):

La particularité la plus remarquable d'un groupe psychologique est la

suivante: quels que soient les individus qui le composent, quel que soit

leur mode de vie, leurs occupations, leur caractère ou leur

intelligence, le fait qu'ils forment un groupe les dote d'une sorte

d'esprit collectif qui les fait sentir, penser et agir d'une manière

assez différente que quand ils sont des individus isolés. Il existe

certaines idées et sensations qui ne se concrétisent pas ou ne se

transforment pas en action excepté dans le cas d'individus formant un

groupe. Le groupe psychologique est un être provisoire formé d'éléments

hétérogènes, qui sont combinés à un moment donné, exactement comme les

cellules constituant un corps vivant forment en se réunissant un nouvel

être qui possède des caractéristiques très différentes de celles de

chacune des cellules individuellement.

Des systèmes avec un niveau approprié de complexité, de flexibilité, et

de feedbacks peuvent montrer des caractéristiques d'"auto-organisation".

Ces systèmes semblent souvent avoir un "esprit propre". Selon les propos

de Gregory Bateson (1973):

Tout ensemble continu d'événements et d'objets qui a la complexité

appropriée de circuits causals et de relations appropriées montrera

sûrement des caractéristiques mentales. Il comparera... il traitera

l'information et sera inévitablement auto-correcteur soit envers les

optima homéostatiques soit envers la maximisation de certaines variables.

Avec suffisamment de feedback et de "variété requise", un système est

capable d'atteindre un niveau élevé d'intégration et de montrer des

caractéristiques d'auto-organisation. C'est le principe développé par

Peter Russell dans son concept de "Cerveau Global" (1983, 1995). Russell

envisage l'évolution comme le rassemblement progressif d'unités en

systèmes plus vastes - des particules élémentaires aux atomes, aux

molécules, aux cellules, aux tissus, aux organismes auto-conscients.

Chaque passage vers une unité plus large peut être vu comme le résultat

de l'application de la Loi de la Variété Requise: la variété de système

et la variété régulatoire se stimulent mutuellement dans un schéma

progressif jusqu'à ce qu'un seuil particulier soit atteint, établissant

un nouveau schéma d'auto-organisation (similaire au phénomène du 100ème

singe).

Selon Russell, l'augmentation de la densité de population de la planète

et les développements accélérés de la technologie de la communication

ont créé une situation dans laquelle les êtres humains ont le potentiel

pour atteindre un niveau plus élevé d'intégration et agir comme un type

de système nerveux ou de "cerveau". (Les gens sont comme des neurones,

et les téléphones cellulaires, la télévision, la radio, Internet, etc.

sont comme les connexions synaptiques entre eux). Russell prétend que la

race humaine est prête à atteindre un tout nouveau niveau de

"conscience" et d'auto-organisation - peut-être comparable à la

transition entre Néanderthal et Cro-Magnon.

Lorsque vous envisagez l'hypothèse de Russell, gardez à l'esprit que le

seuil requis pour un nouveau niveau d'intégration ne doit pas être

important. L'ADN des humains et des chimpanzés, par exemple, est

semblable à 98%.

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