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L'apanage de la société minimale

C'est toujours difficile de décrire des concepts sans tomber dans le piège des mots qui peuvent faire dire l'inverse de ce qu'on voulait exprimer. Pourtant il faut partager une connaissance des concepts avant de pouvoir communiquer.

Le phénomène de a société minimal m'intéresse énormément car le concept que cela suggère est très important en soi. Imaginez un truc qui monte et qui redescend de l'autre côté, ça c'est le concept. Si c'est en passant une montagne, le retour à l'altitude initiale ne signifie pas pour autant qu'on est au même endroit.
Cela se retrouve dans l'exercice de la simplicité qui entraîne la complexification qui entraîne à son tour la simplification, que souvent les rhétoriciens et les sophistes s'amusent à confondre plus ou moins sciemment.
Cela se retrouve dans l'algorithme que j'ai mis au jour pour formaliser la règle de remplissage des niveaux électroniques de Davis (c'était une parenthèse) ou aussi, par exemple pour décrire le passage à l'état de sommeil : quand on s'endort la fréquence piézoélectrique baisse puis remonte « de l'autre côté », ce qui explique parfois les échecs du sommeil ou de l'éveil, et bien sûr, le fait que l'activité du cerveau soit celle d'un être éveillé malgré sa complète déconnexion.

La société minimal est ainsi ce qui résulte de la société organisée quand elle est réduite à un petit équipage, et dès lors apparait avec plus de force et de clarté l'essence du système social complexe qui aura été élaboré.

Au départ, les tribus désignent par besoin de remplacer les précédents médecins, sages et guerriers par de nouveaux, si bien que la fonction précède l'existence, on peut dire aussi, que les postes sont à pourvoir. Dès lors « le plus médecin », « le plus guerrier » et « le plus sage » prennent leurs postes.

Ensuite la société se complexifie, crée ses écoles, et toute une structure autour de ces attributs fondamentaux, puis par une explosion combinatoire, crée de nombreux autres pôles subalternes.

Et quand la société se réduit à un groupe d'échappés, les structures sont très saillantes et alors se révèle le vrai fondement de la société, en particulier, je pense à l'organisation militaire.
Quand un groupe d'individus se perdent en forêt, quand ils sont à bord d'un bateau, ou dans n'importe quel microréseau social, là où on part d'une société libre et démocratique, cette « société » rétrograde à une structure qui n'a pas besoin d'être aussi évoluée, ce qui laisse réapparaître une organisation pourtant laissée dans les âges historiques, où « le chef » agi directement sur ses sujets, qui n'ont plus le loisir de prétendre à leurs droits et libertés acquises au cours de l'histoire.

A la façon dont s'organise un microgroupe social on peut mieux voir ce qu'il y a au fond de la société complexe. Et inversement, si le réseau microsocial est totalitaire, alors la rétrogradation structurelle est plus parlante du défaut majeur dont la société complexe est l'otage.

Si un micro-groupe était, par exemple, fondé sur un principe selon lequel chacun était maître de son domaine de compétence et utilisé comme référence avant d'agir, cette micro organisation serait le fait d'une société non totalitaire ; si la société minimale est d'usage militaire avec un chef responsable de tout, y compris de ce dont il n'est pas compétent, alors on pourra se dire que cette réduction structurelle est le fait d'une culture totalitaire.

C'est donc très pertinent d'étudier les microsociétés et, en leur sein, avec toute la simplification que cela permet, d'imaginer la structure qui permettrait la meilleure survie du groupe.
Ce thème, est très souvent utilisé à la télé dans les feuilletons quand un groupe de gens se retrouvent livrés à eux-mêmes et qu'ils ressentent le besoin vital de s'organiser.
En premier, ce sont les réflexes les plus anciens qui réapparaissent.

A la télé (évidemment) cela permet d'appuyer le plus fortement possible la nécessité d'une société totalitaire, où les tensions créées par les insuffisance de ce système sont maîtrisées par le plus fort, car soit c'est de la propagande, soit c'est dans le but de stresser les gens, soit ils veulent que les gens se retrovuent dedans, ou soit ils n'ont pas d'autre idée...

Mais justement ces micro-réseaux sont très intéressant pour l'étude qu'ils devraient (pourtant) permettre.
Et à son tour, lors de la recomplexification, toute la société pourrait être transformée si les micro réseaux sociaux découvraient une structure permettant une meilleure efficacité, car tout le monde copierait ce modèle, et à son tour, le réseau macro-social hériterait de ces nouvelles prérogatives structurelles.

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J'ai toujours pensé que si on crée une structure de société exemplaire, elle ne tarderait pas à se répandre et à servir d'exemple pour le macroréseau. Que simplement, cela se traduirait à la fois par une efficacité économique, et à la fois ça créerait l'envie des gens d'y être inclus.
Pour cela il faudrait que chacun puisse se dire qu'avec les compétences qui sont les sienes il aurait une chance d'y devenir « quelqu'un », maître dans son domaine.
J'avais été surpris positivement par la façon dont fonctionnaient certains plateaux télé, où n'importe quel poste donne lieu à une responsabilité au-dessus de laquelle il n'y avait personne pour donner des ordres injustes, du caméraman au tendeur de câbles, chacun ayant une assez bonne connaissance de la plage de responsabilité qui était la sienne.

Quand on voit que le gouvernement cherche à imposer des rituels discutables, interfère avec le système éducatif en réduisant leurs savants à des inférieurs hiérarchiques qui doivent être contraints, etc etc, on est très loin d'un tel système.

Pourtant il paraît évident que, si on est sur un bateau perdu sur l'océan, et que le capitaine est paumé mais qu'il ne veut pas l'admettre de peur de perdre sa place, et qu'il réduit au silence le seul astronome qu'il y ait à bord, que tout l'équipage sera perdu.

Ceci reflète assez précisément ce qui arrive à la société terrienne dans son ensemble, qui s'accroche malgré l'immoralité à un système financier parfaitement inique et qui a déjà prouvé suffisamment de fois son inanité.

La peur du futur qui émane des couches les plus pauvres déteint sur les plus riches qui se comportent comme des accumulateurs de richesses afin de survivre.
Et pourtant ils ignorent que si les gens décident d'abandonner le système de l'argent, soudain il n'auront plus qu'à compter que sur les compétences qui sont les leur, c'est à dire moins que rien en fin de compte.

Poser des gens à la tête des états rime finalement à créer une population de puissants qui remplissent tous la même fonction, faisant qu'au final aucun d'entre eux n'est plus important que les autres, sauf à travers la mesure de la richesse des populations qu'ils représentent.

Cette puissance qui est la leur est comme l'argent lui-même, la valeur qu'on lui eaccorde est seulement celle de la confiance ; et comme leur organisation est injuste, et qu'ainsi la confiance s'épuise, ça tourne à l'oligarchie totalitaire cramponnée à ses privilèges et ses illusions de puissance, qui n'est rendue possible que par l'octroi de salaire à ceux qui voudront bien être leurs mains et leurs pieds.

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La société minimale parfaite est bien moins rude à obtenir qu'une société idéale, qui est le but évolutif de toute organisation qui se voudrait rationnelle.

Aussi curieux que cela poura paraître on peut observer les groupes de jeunes amis solidement formés come une structuration instinctive très intéressante, et certainement plus rationnelle que les structures militaires. Quand ils sont au nombre de 5 à 12, chacun dans le groupe ayant une très bonne connaissance des autres, est empli de joie de faire partie d'un groupe dans lequel ils existent en raison de ce qui transparaît d'eux.
Ils sont divisés pour ne former qu'un seul cerveau, chacun représentant de façon non permanente, une des fonctions cérébrales d'un processus réflectif. Il y a celui qui impulse, celui qui tempère, celui qui raisonne, celui qui ose, celui qui argumente et négocie, celui qui réconcilie, etc etc...

Ce qui est intéressant est que chacun des éléments de ce réseau n'a pas pour caractéristique principale, pris individuellement, du rôle qu'il remplit quand il est fondu dans le groupe. Car, ce qui fait le groupe est surtout les liens qui unissent ces éléments, et qu'ainsi, ce sont surtout ces liens qu'il faut élucider.

La seule raison pour laquelle les structures dirigeantes ne s'inspirent pas de ce modèle est l'ignorance de 'intérêt d'une telle composition et de la topologie des systèmes.

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La répartition géographique des responsabilités et même le fait des frontières et des pays, est uniquement dû à ce que c'est plus pratique dans un monde où on se déplace à cheval et où les langues sont très hétéroclites.

Par contre si on peut communiquer indifféremment sans l'obstacle des langues et des cultures, alors il ne reste plus aucune raison de procéder à une telle répartition, tandis qu'en face de cela une structuration d'ordre fonctionnelle possède un bien plus grand nombre de motifs pratiques.

Cela va de pair avec ce qu'on nomme l'égalité, qui est un concept si vaste qu'il impliquerait par exemple que le soin apporté aux décisions soit la maximum de ce qu'il peut être de façon homogène.
C'est par l'héritage de cela qu'on peut aboutir à ce que, par exemple, la médecine et l'éducation profite des mêmes avancées et de la même qualité indépendamment du lieu géographique. Et même on aurait pu noter à quel point est injuste de justifier de l'inégalité de la qualité en fonction de la position géographique. En fait, ce constat doit être le premier indice de l'injustice d'un système, qui à son tour est le premier indice de la nécessité de le réformer. De fond en combles.

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