080726 9 min

La solution par défaut

(ou la pente diabolique)

La sorte de purisme qui consiste à être le plus mauvais possible, à faire le plus de mal, n'est pas viable en topologie des systèmes, puisque les chemins empruntés ne sauraient être ceux tracés par défaut.

Reprenons, à chaque évolution - là où le système s'allège en devenant meilleur pour un poids presque égal, on est obligés de l'alourdir un peu.
Si on ne focalise que sur cela ou bien si on crée cela avant que ce ne soit utile, cet alourdissement est "mal", dans la mesure où :
1. il ne sert à rien ;
2. on ignore de quoi il est le précurseur.

Par exemple si sur le chemin de la boulangerie on situe un détour possible, cela ne nous sert pas pour acheter du pain.
Si pour accéder à une fonction on rajoute une condition qu'il faut vérifier en passant, c'est certainement que pour une mission identique, le Grand Architecte aura prévu qu'à cet embranchement, il existe un autre chemin possible, en raison de cette condition ;
La déroute la plus élémentaire étant le "retourne d'où tu viens" - la déroute la plus intelligente étant le raccourcis.

Mettons simplement qu'en passant par cet autre chemin on soit téléporté à la Boulange, alors l'intérêt de cet embranchement apparaîtra au grand jour.

En réalité que ce sera-t-il passé : à force d'aller à la boulange tous les jours on aura ini par trouver un chemin plus court.
Cela, est très normal, et même, très caractéristique de ce qui est vivant.

On pourra même ajouter dans l'élan que c'est tout aussi caractéristique de la maladie que peut révéler le fait d'être vivant que de vouloir apposer des embranchements supplémentaires sur des chemins pourtant paisibles, laissant entendre que c'est pour une raison supérieure, alors que ça ne l'est pas (dans un but vicieux).

A force de devoir résoudre des problèmes le cerveau crée des connexions et ainsi, des compétences, qui permettent par la suite de trouver des solutions bien plus rapidement qu'en allant directement butter sur ce qui est antinomique à la compétence, à savoir, aller chercher ce qui est déjà su.

A partir d'un moment c'est plus rapide et plus simple de créer une solution nouvelle à un problème nouveau, plutôt que de se remémorer ce qui est engrammé dans les comportements acquis et fatalement hérité des ancêtres animaux.

Réciproquement la déficience d'exercice rend le chemin réflectif plus périlleux en apparence, et surtout, plus long et moins fiable au final.

Le cerveau, lui, n'est qu'un potentiel de compétences, qui doivent être pratiquées si possible avec joie pour que les chemins réflectifs soient les plus confortables et les plus efficaces.

Souvent les gens qui cherchent "le confort" sans savoir ce qu'il est, c'est à dire un intermédiaire entre le non effort et l'effort, une action non forcée, permise par la luxure de la facilité, elle-même permise par une compétence excédentaire, ou bien encore la résultante d'un précédent effort intense, si on ne sait pas cela, la position relative entre ce qui est facile et laborieux tends à rendre de plus en plus laborieux ce qui pour d'autres est très facile, alors qu'on se pavane dans le confort.

c'est ainsi que le phénomène de la vie peut engendrer des maladies, et même, que c'est ce qui se passe fatalement dès lors que toutes les libertés de pensée n'ont pas été expérimentées ; dès lors que le savoir est insuffisant, et qu'en fait-on se refuse à agir.
Et de naissance, le savoir est insuffisant, et le fruit d'une vie, incrémente le savoir global.

- Typiquement, entre le désir d'agir et l'action, qui chez l'animal primitif est de l'ordre du réflex nerveux, sont venu s'intercaler de nombreux systèmes de contrôle et de mesure, de prédiction, de calcul et de capacité à prendre en compte le maximum d'informations et de justesse morale avant d'agir.

C'est ici qu'est l'univers, c'est là que "la nature" est insuffisante, et comme par un phénomène de gravité, est inéluctablement attirée par la complexité ; comme si elle n'arrivait jamais à combler assez la justesse entre ces deux points ; qui pourtant sont les plus proches de l'univers - ce qu'il y a avant et après "le réflex".

C'est là aussi que "la nature" met en oeuvre l'intelligence la plus rude, et on peut estimer l'intelligence du concepteur d'un système comme étant la puissance de l'intelligence de ses utilisateurs, à savoir "le vivant".
On peut difficilement imaginer une fonction plus puissante que le concepteur du Système, cependant, toutes peuvent avoir pour charge de lui suggérer une idée nouvelle.

Toutes les étapes de la complexité qui s'intercalent entre le besoin d'agir et l'action, vont jusqu'à faire raisonner "le besoin d'agir" en le redéfinissant par avance, ce qui n'est presque plus une rude astuce, et presque déjà de la tricherie...

En réalité en tous points du réseau du système il faudrait avoir une connaissance immédiate et entière de l'état de tout le système - en fait quand la fonction Dieu, éblouissante, est atteinte, ce n'est jamais que localement.

En pratique quand on découvre l'usage de son cerveau on ignore la présence de ces aiguillages tout du long du chemin qui mène à l'action, action qui par effet de retour, modèle la personnalité du quidam, conforme ses habitudes (jusqu'à l'obliger, puisqu'il n'en a pas été libre, à créer des solutions).
On peut passer toute une vie sur une route en ignorant qu'à l'une de ses tangentes, se situe la sortie du labyrinthe de la problématique.

En fait par essence, d'après la rude intelligence de la Nature, on peut se dire que le nombre de ces embranchement est infini, et qu'au fond, tout le monde le sait ; et parfois l'oublie.

Mais de façon plus pratique, il est seulement question de signaler l'existence de ces connecteur, et de les présenter pour ce qu'ils sont, des aptitudes inexploitées.

Ce qu'il se passe c'est que dans un système il faut adjoindre des fonctions majeures avec des fonctions mineures, et pendant toute la composition des câbles d'un système, il est autant futile par exemple de n'utiliser ensemble que des fonction majeures ou que des fonctions mineures, c'est à dire au fond, des fonctions de tailles identiques.

Il doit toujours y avoir de multiples étages, et au plus souvent qu'on l'ai constaté, des rafistolages entre ceux-ci.

L'histoire c'est qu'au cours de l'élaboration d'un chemin ou de son parcours si on se considère, humains, comme un curseur qui navigue dans un système, on passe devant de nombreuses possibilités que le grand Architecte aura laissées en friche, de façon préalable à l'activation de ce chemin, afin dans que dans une première étape de la Construction, il ait au moins pu mettre sur pieds une fonctionnalité, essentielle au développement des autres fonctionnalités qui sont elles-mêmes essentielles au développement de celles que le grand Architecte pense devoir utiliser, pour aboutir à son idée première, qui était presque magique et irréelle, mais qui le devient de moins en moins.

L'histoire,
c'est que l'humain-curseur qui navigue dans ce système a comme une tendance directement liée à la qualité de son énergie, à n'emprunter que les voies les plus courantes, à défaut de se risquer par des raccourcis.

L'idée c'est que le Maître Jedi, lui au moins par ses prouesses, est capable de prendre ce raccourcis pleinement conscient et créatif dans l'immédiateté de l'action.

Le concept, c'est qu'au cours des chemins empruntés par la psyché humaine, se dressent parfois comme par une sorte de hasard des pièges qui irritent la simplicité du parcours le plus anciennement fréquenté, comme pour signaler d'un doigt divin : "Hey, passe par là".
Mais ce chemin qui mène vers l'obscur semble être un piège, tandis que l'autoroute, elle, est bien éclairée.

- Ceci est le problème de toute l'époque, comme le temps presse, on n'a jamais l'occasion d'expérimenter les soit-disant raccourcis qui s'enfoncent dans l'obscur, et cela, corrompt la qualité de l'énergie mise en oeuvre, qui du coup perd son efficacité.

A l'école on nous puni même par des tâches répétitives, copier cent fois "patati, patata", comme pour dire : "le chemin laborieux est celui de la répétitivité".
Cela, est une leçon qu'on inflige instinctivement, et pour le coup, elle rivalise avec d'autres formes d'enseignement si elle veut instruire qu'au fond, le bon chemin est celui de la non répétitivité.
(Comment enseigner ce qui doit être découvert, la beauté de l'impermanence ?)
En réalité, cette façon "instinctive" de faire, consiste précisément à faire abstraction de toutes les sophistications qui sont apparues grâce à l'évolution sur le cours de ce chemin ; à prendre les trajets par défaut, un peu de la même manière qu'à un enfant on apprend d'abord les anciennes méthodes, même si elles sont désuettes.

A notre époque on commet des erreurs répétitives, on poursuit, mal enseignés depuis l'enfance, des chemins laborieux tout en ayant jamais ni le temps, ni le loisir, tout en étant jamais non plus encouragé à s'enfoncer dans le dédale des raccourcis potentiellement offerts par la recherche patiente.
Etant obligés par le courant majeur, à emprunter la voie de l'erreur répétitive, de ce même irrésolu qu'on tentait de fuir, finalement ce sont des chemins enfantins et anciens du système qu'on parcours chaque jour, plus longs et plus laborieux, comme par une espèce de tradition.

Si par exemple il faut un temps de 1 pour commettre une action, et un temps de 2 pour concevoir le robot qui commettra une infinité d'actions, à notre époque (il faut que les générations futures le voient) il est préconisé de s'atteler à la tâche immédiatement, celle qui est productive, enfin je veux dire productive à court terme.

C'est toute la question de la recherche et du développement, qui vient, à cette époque, contredire ce qui la fait naître, à savoir le loisir d'expérimenter, puisque cela ne peut être possible qu'à l'intérieur d'une enceinte non reconnue par la société, et fatalement isolée, car construisant son propre langage ultra sophistiqué et inaccessibles aux non-instruits.

Cela est le fait de la précipitation, et cela, constitue la qualité de l'énergie mise en oeuvre, dans le parcours du chemin.

Les gens croient par défaut que la quantité d'énergie fait la qualité du chemin, alors qu'il n'en est rien, tout ce que dont cela est l'instruction, est de l'existence d'embranchements inexplorés, le fait même que l'action soit par défaut, doit rappeler que c'est aussi la plus ancienne et la plus courante, et donc, la moins précise.

- L'idée c'est que pour une quantité d'énergie beaucoup plus faible mais de meilleure qualité, on obtient de meilleurs résultats,
et réciproquement, si on constate que l'énergie utilisée est puissante, même si on ne peut estimer sa qualité, on peut facilement supposer qu'elle est le fruit de l'irritation due à la répétitivité d'une erreur irrésolue ;
on peut facilement supposer que de nombreux embranchements ont été manqués ;
et que de nombreuses fois, c'est la solution par défaut qui a été adoptée.

8119 - public 080726