080708 15 min

le labyrinthe temporel

Rien qu'aller pécho des clopes et du ainps, c'est simple à chaque virage il y avait une route à traverser, et à chacun de ces grands axes, d'interminables minutes d'attentes que le feu passe au rouge.
Je suis bien content de mon astuce qui consiste à ne me fier qu'aux feux de circulation et non à ceux des piétons, ça me fait gagner 9 secondes à chaque fois. Mais si c'est après une, deux, trois, quatre fois deux minutes d'attente, tout ça pour faire 100 mètres, ça commence à être assez exaspérant.

C'est un monde régit pour les automobiles, une ville de voitures métalliques qui discutent à coup de positionnement relatif et de klaxons avertisseurs de présence pour laquelle on se doit de s'affoler.

Quel genre de société ne permet de ne rencontrer que des machines-outils consommatrices de pétrole, ce fameux Or noir, bijoux des gens qui ont des idées noires, pour lequel il apparaît soudainement justifié de tuer en masse, de tels engins disais-je, qui ne savent même pas faire la conversation ?

Quelle rencontre nous réserve une promenade dans la cité moderne, si ce n'est l'évaluation des nombreuses sortes de niveaux de gris métalliques dont on aura "personnalisé" son automobile ? ou encore la sensualité des courbes aérodynamiques et fluides, ou même le délicieux murmure de son moteur tout neuf et bien huilé, comparé à celui de l'indesctructible bus Renault.

Non, c'est un désert froid (même en juillet) où on ne se déplace qu'en ligne droite, évitant le regard des badaus qui remontent en sens inverse la même ligne droite, de crainte qu'ils ne se sentent torturés par une telle montée de leur activité cérébrale.

Et à chaque virage à 90°, un Checkpoint, une attente inutile, sauf pour dire ou crier : "ici c'est une société des automobiles, tu n'as rien à faire là, piéton !".

Le bruit est constant, morne et puissant, ma voix ne porte pas à plus de quelques mètres, comme absorbée par un épais brouillard. Si on discute en attendant le bus, on doit s'arrêter au milieu de sa phrase pour laisser parler le premier moteur de camion qui passe, dont la lourdeur impose qu'on l'écoute soudainement dans un respectueux silence.

Au tabac, j'ai eu à attendre 2 fois deux minutes là aussi à défaut de traverser en diagonale et, pendant 50 mètres, risquer le plaisir de me faire applaudir par une nuée de klaxons multicolores et tonitruants.
Et une fois à l'intérieur, la file d'attente, et à la boulange, on est pas tout seuls.
C'est pour ça qu'il n'y a personne dans les rues, non pas qu'ils soient en vacances, mais surtout ils sont dans les files d'attente, ou alors dans leur voiture, en forme de file d'attente métallique.

En rentrant victorieux de ma mission, de ma seule activité (sur le plan physique) de la journée, je me sentais libéré des Chekpoints jusqu'à mon arrivée, c'était comme si une prairie verte s'ouvrait devant moi.
J'appelle mon ascenseur tout droit sorti du film "le père noël est une ordure" (de l'époque en tous cas), et bien évidemment comme toujours il siège au dernier étage.
Bam, fini le rêve, c'était de courte durée, même là je vais devoir attendre, même pour rentrer dans mon appart, un nombre certain de secondes m'en sépare, quoi que je veuille faire, je suis obligé de traverser à chaque fois un labyrinthe temporel dont l'inutilité m'exaspère.

- Je déballe, que dis-je, je déchiquète mon paquet de clopes et j'allume d'une triple étincelle une chandelle de fumée toxique dans laquelle j'aimerais me fondre, avec laquelle j'aimerais me dissiper, en formant de gracieux tourbillons dans le ciel.

Quand je serai complètement fou j'obligerai les gens à marcher à 90° et à chaque virage, je leur enverrai les coups de klaxons dès lors qu'il auront pas attendu debout sagement le temps que j'aurai décidé.

Je serai très pointilleux sur ce point, le premier qui bougera, je lui mettrai 120 décibels dans la gueule, et s'il montre le moindre signe d'impatience, ce spectacle de stress rejoué me saisissant, je lui remettrai deux minutes de feu vert pour les voitures de métal qui passent à 70 Km/h, en klaxonnant, en accélérant, en se faisant la course.

Je l'observerai de ma caméra et je jouerai avec ses nerfs jusqu'à ce qu'il décide de sauter sous les roues d'un bus, ou qu'en croyant en une accalmie qu'il pourrait leurrer, je lui enverrai deux motos en train de se tirer la bourre.

Et je regarderai en riant
et ça me détendra les nerfs

- Quand même si le véhicule a eu cet essor c'est pour la sensation de liberté qu'il procure, et cela de façon bien plus efficace que toutes les déclarations de Droits de l'Homme quelles que soit la version.

Pourtant c'est sans s'y référer une seule seconde que cet outil de liberté de se déplacer et donc de grandir le champ de son pouvoir d'action personnel a été créé et ensuite popularisé.

A elle seule l'automobile est à la fois le principal vecteur de liberté des sociétés riches, son symbole (publicitairement exploité avec succès), et à la fois la principale cause de détresse dans le monde, causant un préjudice financier incontestable et macroscopique, la famine et le dérèglement climatique.

J'ai été dans les premiers à dire sans être entendu à l'époque le lien nécessaire à faire entre les conséquences néfastes diverses, humaines comme climatiques, et leur cause, à savoir la structure du système social qui a été construit par sédimentation culturelle (terme repris par le nouveau président de la (Grande et glorieuse) Russie Medvedev, dont les bénéfices du fonctionnement (l'accroissement de liberté mécanique) peuvent être obtenus par de bien meilleures méthodes.

Pour autant finalement ce discours a été assez repris pour qu'aujourd'hui il paraisse indéniable que la structure financière est liée à ce qu'on nomme couramment "l'activité humaine", puisque cette activité humaine doit avoir une raison, sans toutefois que ça ne réussisse à faire avancer le débat dans le bon sens, qui est celui de la remise en cause de quelque chose.
Non au contraire ça justifie la flambée des prix.

Ce qui doit être remit en cause doit l'être de façon souhaitable, cela me paraît nécessaire de le souligner, on ne sait jamais.
La voiture, le véhicule motorisé par explosions consécutives d'une dose de combustible fossile (l'agro aussi c'est fossile) doit disparaître.

Tout bien pesé, si on sait qu'il y a au moins une chose qui doit disparaître, bien sûr on pense aux états mafieux et organisés en oligarchie, mais surtout dans l'immédiat, il est possible de subvenir au plus urgent en supprimant les véhicules à essence du commerce.

- Bon, cela dit, par certaines autres méthodes, avec plus de science, en l'améliorant, on pourrait presque affirmer que le libéralisme tel qu'il existe aujourd'hui, avec tout le chemin qu'il a parcouru pour être ainsi aujourd'hui aussi inefficace et inconséquent, peut soit :
1 - disparaître au profit d'un tout autre système mit sur pied progressivement ;
2 - s'améliorer.

Le point 1 a été développé avec succès pendant de nombreuses années, on sait que ça peut marcher, c'est juste que les gens font comme s'ils devenaient sourds quand on leur parle de ça.
Par son extension on en vient à se demander si finalement tant qu'à faire, ce ne serait pas ça le rôle de l'état, d'être un super-organisme d'assurance collective et de création de richesses dont la propriété est publique, quoi qu'accordée par usufruit (ce qui constitue le fameux contrôle dont il semble que le système ait besoin).

Que si un tel organisme existait il supplanterait le corpus d'état, le rendant caduque, lui et ses lois.
Le second système embaucherait à tours de bras, et les citoyens ne reverseraient plus d'impôts puisque les prix de ce second système seraient calculés de façon algorithmique (dynamique), tenant compte automatiquement de la totalité des coûts subséquents à un produit.

Concrètement les nouvelles sociétés d'activité qui se créent aujourd'hui devraient se conglomérer en une inter-coopérative et se fixer un but non lucratif.
Légalement dans l'idéal il serait possible de signifier à tous les groupes financiers au-dessus d'un certain seuil, de devenir des organismes étatiques à but social de façon automatique, et puis ensuite de baisser progressivement ce seuil, afin de s'assurer que les bien les plus consommés (les plus élémentaires - faire la relation entre les deux, c'est du libéralisme) soient du domaine public et non lucratif.

Le point 2, l'amélioration du libéralisme tel qu'il existe, va de toutes façons tendre vers ce même résultat dans le désir, car finalement cela concerne la mécanique interne d'attribution algorithmique des prix et le fait de tenir en comporte les coûts subséquents, comme par exemple si on déracine un arbre et qu'on expulse des indiens, le coût de leur procès est répercuté sur le coût de l'arbre arraché, et des planches de bois fabriquées, et dont des consommateurs finaux, qui tout d'un coup auront une bien meilleure conscience politique.
C'est un peu dans cet esprit que cela se construirait, de façon post-totalitaire (où certains comportements qui nous paraissent immoraux sont devenus conventionnels).

- Mais cela, ce point 2 est beaucoup plus de l'utopie que le point 1 car il est absurde de prétendre qu'un système comme le libéralisme, même profondément remanié, empli de restrictions morales sévères, dont on aurait obtenu un contrôle quasi total sur toutes les battements de son organisme, même si cela était possible, comment affirmer que ce seul objectif puisse être signifiant du résultat escompté par la charte des Droits de l'Homme ?

Comment croire que si le libéralisme était intelligent, et que les injustices seraient réduites assez sensiblement, on aurait atteint si tôt et déjà la fonction Dieu (la perfection) ?

Vu le temps qui se passe entre chaque changement historique de ce système, et vu l'angle prit par les dernières mises à jour, il est difficile de croire qu'au bout de cent ans, même avec plusieurs changements de caps qui seraient difficiles, on ait pu faire devenir le libéralisme synonyme justice.

ça pour de l'utopie, ç'en est, et pourtant tous les jours dans les moindres phrases, la construction logique des discours sur l'économie, ce sur quoi se fondent ces discours, est précisément l'utopie que je viens de décrire. Et sa temporalité, est au minimum celle-là, 100, deux ou même trois cent ans d'évolution, soit maximum 8 ou 9 "update" (modification des règles du système").

C'est beaucoup trop lent !

Seul un système révolutionnaire émergé en une faible dizaine d'années, avec le concours de toutes les nouvelles têtes pensantes, de tous les nouveaux créateurs d'activité, et de tous les travailleurs qui souhaiteront être inclus dans une mécanique à but social, peut entrer en rivalité avec le monstre gluant et pataud qu'est le système financier, qui par extension immédiate, est presque synonyme du système social mondial.

- C'est à la racine d'un des plus gros problèmes de notre société qu'on doit s'attaquer, que sont les relations interhumaines, qui au lieu d'être hiérarchiques doivent être collaboratives.
Une négociation, ne doit pas consister à tirer le plus la couverture à soi, mais à s'assurer que la seconde partie y trouve son compte. (originellement c'est ce que c'était)

Cela est fonctionnel dans l'établissement des Droits de l'homme, si on aboli la capacité à donner un ordre auquel on ne souhaite pas obéir, ne serait-ce qu'en raison de la loi.

Ce type de circonstance est tellement "gluant", imprégné dans l'esprit collectif qu'il peut facilement en devenir une maladie, et ça ne doit pas être étonnant si par exemple, le système dans son ensemble se retrouve face à une contradiction dont il est aussi difficile de se dégager, tant elle y est entremêlée.

Cela ne peut qu'être dû à l'inintelligence antérieure.

- Il est question ici de liberté, mais oui, si un ordre hiérarchique ne peut être refusé en raison du fait qu'à défaut, on se retrouve à la rue, ou pire, au chômage.

De la même manière que le libéralisme, s'il était poussé encore un peu, ira considérer les gens comme des entreprises individuelles dont on loue du temps de travail, alors dans ce cas ces entreprises, pourquoi ne clameraient-elles pas leur injustice s'ils sont finalement contraints de travailler "à prix coûtant" ?

Le coût de la vie permettant tout juste la subsistance qui permet de travailler, il est indéniable que les humains en tant qu'entreprises, sont un organisme social à but non lucratif, et dont le fruit du travail est directement reversé à des personnes morales, avares et sévères.

Alors en quoi doit-on être choqué ou trouver utopique la proposition qui consiste à rendre tous les secteurs d'activité à but non lucratif ? Si c'est ce que les gens font déjà chaque jour, à leur propre détriment.

C'est le système qui doit être à but non lucratif, pas les gens.

- Quand le riche arrive au monde dans son berceau de soies précieuses, il se dit le plus naturellement du monde que ce qu'il possède, il le tient de ses parents, et que comme il y a eu beaucoup de parents avant lui, eh bien à force ça a accumulé plein d'objets, dont il se sent propriétaire, jusqu'à ce qu'il le devienne effectivement, au moment de son rituel d'intronisation dans le monde des adultes, vers l'âge de 46 ans en moyenne.

De son point de vue, et dans l'absolu il a bien raison, c'est tout à fait légitime que la vie de tous ces gens qui le précédaient ait accumulé tant de biens, de richesses, de terres, de voitures de luxe et de berceaux en soie.

C'est ce qui devrait être pour tout le monde le cas, c'est ça qui est "normal" ; il apparaît "normal", autant aux yeux du riche absurde que du sage méditant, que c'est ainsi que les choses devraient se passer, qu'au fur et à mesure de la vie on accumule des richesses.

Mais pas aux yeux du topologiste des systèmes, dont je suis l'inventeur mais surtout l'étudiant, où par contre il apparaît illogique que chacun s'enrichisse éternellement individuellement, mais par contre il apparaît clair que le corpus pris dans son ensemble, incrémente son évolution par une amélioration technique et scientifique, et culturelle donc.

Si chacun s'enrichit alors l'ensemble s'enrichit, mais pour autant si chacun s'enrichit alors la richesse ne faisant que se déplacer, ceux qui s'appauvrissent ne le disent pas.

Si une personne possède un bien personne d'autre ne le possède par contre s'il est public, sa valeur s'en trouve forcément augmentée.

Tout le monde ne peut pas mathématiquement augmenter la surface de ses terres de 10% par an, au bout d'un moment il y aura des bastons, c'est froidement logique.

C'est pourquoi il est préférable, dans l'institution d'un système social, d'accepter de façon native le concept non pas de non-enrichissement, mais à la fois de but non lucratif et de valorisation, et par incidence, de flux-tendu.

- La propriété individuelle ne sert à rien, et si la valeur d'une propriété individuelle peut être décuplée si elle est rendue publique, alors c'est tout le corpus dans son ensemble qui verra sa valeur incrémentée positivement, par ce simple jeu de papiers bureaucratiques.

A la place de la propriété, il faut implanter le concept d'usufruit, et cela doit à son tour reposer sur la fonctionnalité de l'attribution.

Le but est que les terres des agriculteurs leurs soient affectées de façon intergénérationnelle, mais sous la condition d'être productives en fonction des besoins du système, on d'en avoir la garde ou la responsabilité.
Il serait ainsi illégal qu'une terre cultivable ne le soit pas en raison de ce qu'elle est une propriété privée.
Inversement, il ne doit pas s'agir d'exécuter une loi si c'est au détriment de ses "anciens" propriétaires, toujours en raison de ce même calcul de la fonctionnalité.

Des mots comme éle rendement", 'l'optimisation", ont de quoi faire peur dans un système fait de libéralisme, pour autant, au sein d'un système social tel que je l'ai décrit, de telles notions sont un soucis quotidien dont les fruits s'observent de façon concrète, en particulier, en terme de valorisation.

- Dans la tête à chaque fois qu'on décrit une chose en fait c'est grâce à l'environnement à laquelle elle appartient qui fait qu'on peut la voir.
Ce qui est autour devant, derrière, à droite, à gauche, dessous, dessus, tout ça n'est pas su.

Seul ce qui est observé est su, reconnu et mémorisé. Lorsqu'il est isolé et reproduit plus loin, on s'étonne toujours qu'il ait tant perdu de son éclat naturel, de l'éclairage qui nous l'avait fait paraître tel qu'on le voyait la première fois.

Et c'est bien naturel.

Quan on cherche à se défaire de ce qui manque de façon obsédante à une réplique d'une réplique d'une réplique sans saveur, par le même jeu, on projette consciemment briques par briques les conditions dans lesquelles étaiient apparu le premier objet (de désir).

Et sans le vouloir on construit les conséquences, les conditions, (de ce qui conditionne) l'événement qui veut être rejoué ; et qui ne peut jamais être observé directement, seulement inconsciemment.

- Il est indéniable que le rêve inaugural de l'humain qui vient de naître, est que sa vie soit fructueuse et dynamique, vivifiante et enrichissante, porteuse d'incréments positifs dans les startes de sa société, dirigée par l'accomplissement des Lois divines (et fonctionnelles) qui ne l'ont pas encore été.

Voyons si à force de focaliser sur un rêve on ne délaisse pas ce qu'il y a autour et dont il est issu ;
si ça ne devient pas une berlue.

Une fois ceci attesté, qu'en conclure ?

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