080618 5 min

berlue collective

La liberté de la presse est totale. Elle ne peut aller mieux ; la seule contrainte à la liberté de la presse, ne peut venir que de ceux qui sont à la fois suffisamment puissants et impliqués dans des crimes, comme par exemple les états eux-mêmes.

Or un état criminel voudra le cacher, si bien qu'il ne se dénoncera pas en attaquant les journalistes qui le gêneraient, par exemple.

Il suffit de publier sur le net et que les gens aient un accès le moins cher possible, et normalement même cela devrait être gratuit et considéré, l'information, comme un des 5 droits élémentaires primordiaux préconisés dans les Droits de l'Homme.

La liberté d'exprimer son expérience, ses résultat ou ses pensées, a pour fondement l'établissement de l'état d'esprit qui permet à la libre expression d'avoir lieu.

Grâce au spectacle comique ancestral, la Comedia, les peuples ont admit ce fait comme étant éternellement partie entière de ce qui constitue une humanité, le fait de pouvoir critiquer tout en rigolant un bon coup.

Ok.

De là, on obtient le monde actuel où rien n'empêche une chose d'être dite, absolument rien.

Et pourtant l'époque actuelle voit les canaux d'information saturés légalement par du bavardage infantilisant et de nombreuses couches de préjugés et d'idées reçues fallacieuses, entretenue au moyen du la traditionnelle bonne humeur, dont la fonction à l'origine était précisément de pouvoir se dégager des pensées oppressantes.
Mais cette fois afin de les avaliser par une sorte de joyeuse fatalité, présentée comme conformiste.

De là on se pose la question, à propos de l'émergence d'une dictature mondiale, de la non réaction des peuple à ce lent mais chronométré bouillonnement de la grenouille dans sa casserole d'ivresse.

Pourquoi les réactions dans les pays où les peuples pourraient se le permettre au nom de tous ceux qui ne le peuvent pas, sont-elles aussi fades, dérisoires, voire même contradictoires ? Quelle sorte de berlue occulte assez l'esprit des gens pour qu'ils focalisent ainsi sur des symboles signifiants afin d'ensuite entrer en rivalité avec ceux qui ne focalisent pas sur les mêmes symboles, et dans la foulée, les mêmes significations ?

Le mal étant pire ailleurs, se dit-on bêtement, on ferait mieux de ne pas se plaindre ?
Les autres pays ayant adopté une loi que nous n'aurions jamais créée, en dignes héritiers des Droits de l'Homme, suffit-il à justifier qu'on l'adoptât ?

On a l'impression que rien ne contrarie l'émergence d'une dictature mondiale, motivée par le raisonnement selon lequel si on veut conserver les structures actuelles dans lesquelles la domination des plus méchants est assurée, il faudra bien en passer par là.

L'acceptation avec laquelle les gens ont adhéré aux mensonges et vociférations scandaleuses du représentant de la nation, est celle qu'on peut ressentir quand, pris d'affection, on filtre négativement toutes les bêtises qui peuvent être faites, en s'appuyant sur le fait que c'est bien naturel et qu'il a bien raison, étant donné qu'on aurait bien sûr tous fait pareil, ou même qu'on aurait rêvé de faire pareil (vu le succès de la démarche).

Mais surtout il y a tout un pan oublié qui explique la berlue collective qui rend acceptable les usages frauduleux qui peuvent être faits en permanence de postures soi-disant morales et conformistes, à tous les niveaux de la société, que ce soit lors de la récupération d'un fait médiatique au sein d'un plan stratégique, ou que cela prenne la forme de généralités odieuses qui sortent de la bouche d'un supérieur hiérarchique tendu par la nervosité produite par le fait de ne jamais savoir s'exprimer correctement.

Il est possible tout simplement que les gens croient en l'éternité du présent, et ne possèdent dans leur schéma mentaux aucune preuve de l'existence de la gravité d'une telle évolution de l'ensemble de la société, en raison du fait que c'est assez nouveau, et qu'il faut pour cela posséder un certain dont pour ressentir la douleur des autres, ce qui n'est pas donné à tout le monde, pour le moins qu'on puisse en dire.

De là il apparaît qu'on ne sait jamais évaluer avec toute sa grâce la joie qui devrait être la nôtre de vivre encore dans une société non dictatoriale, où il est extrêmement aisé de faire une révolution, en envoyant 5 millions de piétons dans Paris, là où un match de foot éventuellement remporté en déplace déjà au moins un.

Il est pourtant évident que si on confie la comptabilité de la France à un cabinet d'experts entouré d'une structure politique et légale pour la paperasse, en rendant ces comptes publics et votables, en se passant du service des banques et des marché de l'argent lui-même, qu'on peut réaliser une économie substantielle permettant à tous de vivre dignement et paisiblement.

Il est vrai que cela peut être mis en oeuvre à n'importe quel moment et qu'après, on ne pourra plus revenir en arrière, c'est à dire en l'occurrence donner la moitié de la fortune de la France à une vingtaine de personnes (ce nombre pris au hasard).

Peut-être que le peuple est un animal patient qui se dissimule derrière un buisson d'impassibilité, laissant libre court aux événements de s'auto-torturer, mais normalement au-delà d'une certaine limite il se débattra.

Sûrement aussi que cela aura eu le loisir d'être testé à maintes reprises dans l'histoire de l'humanité au point que certains auraient acquit le savoir-faire qui consiste à ne jamais impulser de trop grande décélération de l'évolution de la société, ayant constaté que ce n'est pas tant le niveau relatif de la morale de la société qui la fait se révolter, que le manque d'accoutumance à ces transformations négatives (=dégradations).

A ce stade de cette guerre contre un adversaire invisible mais qu'on peut visualiser comme les dégradations que subit un bâtiment qui ne serait pas entretenu, la seule arme est le savoir, la lecture, l'instruction, afin d'être capable de discerner automatiquement la confusion vérolée que constituent la plupart des "solutions" proposées aux problèmes tendus par une structure sociale injuste à l'origine.

Mieux vaut aimer ce qui est existant en vénérant son impermanance (plutôt que détester bêtement ce qui est - de toutes façons - permanent).

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