080518 7 min

Le gars qui est tout ostenté

Sarközy, 24/4/2008 allocution télévisée.
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Question : « Est-ce qu'on doit parler avec le Hamas comme l'a fait l'ancien président américain Jimmy Carter, ou est-ce que la question de Gaza ne doit pas se poser, alors qu'il y aura un état palestinien... »

« Bien sûr bien sûr, c'est une question qui est très compliquée,
en tant que chef d'état, JE PENSE QUE je ne dois pas parler au Hamas. »
« Et je vais m'en expliquer devant les français : parce qu'on n'a pas le droit de parler à une organisation, qui a annonce qu'elle voulait rayer Israël de la carte !!! ».
« Enfin quand même ! Il y a un minimum de principes de notre diplomatie ! »
« Je ne peux pas parler avec des gens, je ne parlerai pas avec le président Iranien, qui a annoncé qu'il fallait rayer, lui aussi, Israël... »
« Il y a des principes auxquels on doit quand même, se tenir. »
« Alors quand à Jimmy Carter, je ne sais pas dans quelles conditions il n'a fait, c'est un ancien président : il est beaucoup plus libre ! ».
« Peut-être que ce sera utile un jour ».

Bush à la Knesset, 15 mai 2008 :
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Et c'est la raison pour laquelle la charte fondatrice du Hamas appelle à l' « élimination » d'Israël. Et c'est la raison pour laquelle les adeptes du Hezbollah scandent « Mort à Israël, Mort à l'Amérique ! » C'est pourquoi Oussama ben Laden enseigne que « le meurtre de Juifs et des Américains est l'un des plus grands devoirs. » Et c'est la raison pour laquelle le Président de l'Iran rêve d'un retour du Moyen-Orient au Moyen-Age et demande qu'Israël sot rayé de la carte.

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Moi et mon cerveau étions estomaqués par la foudroyante réponse de Sârkö justifiant le refus du dialogue (qui est pourtant la principale fonction de l'humain) par des bredouilles vaguement racistes et franchement dissimulées derrière un caractère, comment on dit, le verbe d'ostentatoire, qui est « tout ostenté » ?

De longue date nous essayons de faire entendre le problème de traduction à l'origine du malentendu, si on peut appeler cela comme cela.

De là à étendre par confusion la même rhétorique (guerrière) à deux ennemis distincts, il y avait un pas que même la psychopathologie aura du mal à cerner.

Évidemment, ce n'était pas crédible, plus crédible y compris pour ceux qui y croyaient vaguement, dès lors que le président aura confondu des propos inventés du président Iranien avec le discours du Hamas.

Mais avant que ce mensonge ne s'effrite sous l'effet implacable du temps qui amène toujours la vérité, Bush est revenu passer un coup de luisant sur ce discours agressif, pour finalement tenir exactement les mêmes propos !

Cela fut stupéfiant, comme coïncidence.

Le simple fait de tout ramener à Israël comme exemple-type de la société-exemplaire-et-victime, de vouloir placer cette colonie au rang de concept inaliénable et fondateur de ce qui est moral, était pour le moins que l'on puisse en dire, louche.

Mais maintenant que la perche est tendue, une telle perche aussi belle et luisante, il serait bien dommage de ne pas s'en saisir.

Qui allez-vous croire cher lecteur ? Le président de la France + le président des Etats-Unis dans ce socle, d'un côté, et de l'autre, moi, votre serviteur ici tapotant au clavier, auto-prénommé 8119, que personne connaît voire même ne connaîtra jamais ?
Qui est le plus crédible ?

Cette question est d'importance car dans la psychologie sociale est placé une sorte de capteur qui se déclenche automatiquement dans certaines conditions (un conditionnement) notamment, et c'est très stupide, lorsqu'il s'agit de croire sur parole « le plus fort ».

Si Sarko se vautre un jour en s'emmêlant les pinceaux dans ses mensonges, et qu'un commentaire sur un forum sur internet prétende le contraire, l'opinion publique peut facilement hésiter, si tant est que ce genre de chose, dans les conversations, ça voyage beaucoup.

Mon cerveau et moi-même en avons fait l'expérience avec quelques amis, découvrant avec atterrement quand leur opinions avaient été modelées par la télé, tout en bénéficiant des protections psychologiques afférantes à leur identité propre, et à l'affirmation de soi-même.

C'est assez difficile de percer ce genre de carcasse qui est protectrice des chamboulements neurologiques trop intenses qui découleraient d'une remise en question trop vaste. Alors quand on y arrive, on est assez étonné de voir revenir exactement le même discours, mais en bien mieux élaboré, prévu, construit, avalisant intégralement le précédent discours de Sârkô.

=> Cette question, est celle de la crédibilité de la parole présidentielle des pays les plus puissants du monde.

A tel point qu'on peut se demander : « peut-être ai-je mal compris la politique internationale ? »
ou même mieux encore :

« Peut-être savent-ils des choses que nous ne savons pas ? »

C'est intéressant quand c'est de la bouche des présidents que vient une information, (comme par exemple ce qui se trouve dans la charte du Hamas) ça aura voulu dire que personne avant lui n'aura pensé à faire une telle divulgation.
Personnellement je n'en sais rien, mais je sais que la Hamas est résistant face à l'agresseur, le faible face au fort, et que le tort, va toujours au plus fort (qui abuse de sa force), et que c'est pourquoi il faut vouloir l'égalité entre les hommes.

Maintenant observons le problème en face :

Si « la parole présidentielle des pays les plus puissants du monde. » est possible à remettre en cause, est-il préférable de leur couper la tête, ou de dialoguer avec eux ?
(Nan parce qu'il faudrait savoir)

Il devrait naître un comité spécialement dédicacé à la question de la volonté de la destruction d'Israël dans le monde Arabe, et bien sûr, dans le monde entier tant qu'à faire.

Cette même étude devrait aller jusqu'à couvrir la question de la conscience de cette volonté, sachant pertinemment à quel point elle peut rejoindre le principe d'auto-destruction, ou de virus.

Sachant pertinemment à quel point elle ne peut être que l'émanation d'un esprit en proie à la crainte de son auto-destruction, paniqué, éberlué, comme dans un état de schizophrénie où il entend des voix, il a des hallucinations, et comme ça se passe dans 100% des cas en psychologie, fini par déplacer son angoisse sur des personnages externes.

Comment le mal, le virus, la violence psychologique se transmet, c'est par débordement, quand la personne n'est plus capable de contenir son angoisse, elle possède une soupape de dépressurisation qui est très nuisible et à n'utiliser qu'en cas extrême, mais qui procure un plaisir qui lui-même peut devenir une drogue, en donnant un sentiment de puissance.

En reportant le mal qui est le leur sur les autres, c'est à dire celui qui consiste à dire ouvertement le mal qu'il veulent faire mais qu'une autre partie réfreine, ils irradient leur stress autour d'eux.

Dans ces cas-là il vaut mieux bien sûr ne pas répondre, à part que dans ce cas précis où il s'agit de « la parole présidentielle des pays les plus puissants du monde » il y a de quoi s'inquiéter, dans la mesure où ce qui n'est pas contredit est consenti, y compris toutes les conclusions et tous les actes qui en découleraient.

Dans ce cas-là le seul fait de ne pas tenter de freiner cette folie constitue un acte participatif au génocide actuellement en cours (je sais pas si vous êtes au courant).

Génocide, qui prend des formes de plus en plus silencieuses, dans la mesure où ce n'est plus qu'un exercice de style que de nommer « génocide » une famine provoquée quasiment sciemment par des groupes de businessmen qui gèrent des tonnes de flouze.
Là aussi on peut parler de génocide, et même de mise en application d'un plan qui consiste à faire diminuer la population mondiale.
Et là aussi, quand il s'agit de dévaloriser des peuples en prévision du moment où on les détruira afin de contenir par avance l'émotion et la révolte.

On peut se figurer les manquements qui auront conduit à cette situation déplorable, comme par exemple la non gestion de la démographie, et bien sûr, l'innocuité du système capitaliste (dès lors que la part de la population mondiale à qui il profite va en diminuant).

On peut se dire que c'est par peur de dire « il faut contrôler la natalité » et par peur de dire « il faut rendre publiques les plus grandes richesses », qu'ils n'ont pas peur de dire « Tel et tel pays ne perdraient pas à être transformés en désert et même qu'on pourra aller y puiser des richesses ».

Comme dans tout processus pathologique au sens large, (car c'est ainsi qu'on les reconnaît) cela ne fera que reporter la résolution du problème à plus tard.

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