080428 6 min

De la science

C'est à celui qui fait la découverte qu'appartient toutes les déclinaisons de sa découverte.
Il est libre d'en parler ou de garder son secret, et s'il fait connaître sa découverte, il est responsable de tous les bienfaits et méfaits qui en découlent, hormis ceux qui arrivent sans ce qu'aurait été consentement.
C'est une loi si grande que cosmique, qui fait pont entre la science et la morale.

On part toujours du principe, quand on fait une découverte ou même si cette découverte consiste en une idée-maîtresse que tout le monde va s'empresser de répéter, que la morale empêchera ceux qui n'y seraient pas autorisés à utiliser cette science à mauvais escient.

Or précisément autant pour le communisme, à une échelle historique, que pour les idées-concept sur lesquelles la politique tend à fonder l'apparence d'un fondement, à une échelle quotidienne, dans tous ces cas il aura été question d'utiliser une découverte magistrale à mal escient, ou de façon erronée, amputée de la raison qui l'aura fait naître.

C'est qu'après, même, on entendra reprocher au découvreur les méfaits issus d'actes qu'il n'aurait pas consenti, possédant la connaissance de cause, ou dit autrement, ayant une connaissance plus profonde de sa découverte.

C'est même devenu culturel dans la tradition du mensonge, là où avant la Comédia (de tradition millénaire) avait pour tâche de rapetisser pour rendre critiquable la réalité, la culture d'aujourd'hui tend à gonfler par le mensonge et l'exagération éternelle toute chose qui, ainsi manipulée, en devient « spectaculaire ».

L'erreur originelle qui est sans cesse répétée et qui avait pour tâche de signaler en quoi c'est une erreur, est devenu dans la culture 'libérale'* contemporaine une manie comique, fallacieusement comique, dissimulant ainsi la leçon que c'est sensé contenir.
(*au lieu de « occidentale »)

La morale nécessiterait qu'on cherche à obtenir l'accord moral de l'auteur de chaque découverte avant de se risquer à faire découler des conséquences qui ne peuvent pas être attribuées à l'auteur de la découverte originelle. La volonté semble être de s'approprier la gloire, et pour se faire, la responsabilité de l'erreur de mésinterprétation de lois qui sont, elles, infaillibles.

Constamment la Science toute entière, à cause de la non-science de certains qui veulent retirer de la gloire, est injustement rendue coupable des conséquences néfastes qui découlent d'elle.

Et c'est là qu'on en vient à se demander si cet effort constant à provoquer et recommencer des erreurs pourtant déjà testées ne serait pas fomentée par quelques malins, qui auraient très bien vu que la civilisation est à deux doigts, par la science, de se défaire des chaînes de l'esclavagisme à laquelle elle est asservie.

Car tant que la science reste obscure, cela laisse la place aux assoiffés de gloire de s'installer et de s'approprier des Lois divines ou cosmiques, et de réutiliser l'énergie dont elles sont porteuses avec une intention chargée négativement.

Par contre si la science arrive à être perçue dans toute sa grandeur, en toute logique l'effet produit sur l'homme devrait être une sorte d'humilité doublée d'une grande acuité. Là où, quand on observe l'état d'esprit de ceux qui se présentent comme des détenteurs d'une science dont ils acceptent, le plus naturellement du monde, de faire une sauvage vulgarisation, on aura tendance à observer une assurance hyponcondriaque et une grande fermeture d'esprit.

Par tradition devenue naturelle les gens qui veulent trouver un refuge moral où les contraintes sont moins grandes qu'en vivant parmi le peuple, auront toujours tendance à vouloir s'élever au-dessus des autres dans la mesure où, par coutume, on évite toujours à ces gens-là de justifier leurs actes.

Par exemple dans l'ancien temps on peut se dire que si les grands rois étaient tant bénis et nourris, de sorte qu'ils n'aient pas de travail manuel à faire, c'était naturellement afin de maximiser la libération de leur esprit, et ainsi d'obtenir d'eux toute la pureté de leur analyse, et incidemment, de faire que les conséquences qui découleraient de ses découvertes ne soient mises en oeuvre qu'avec son consentement.

C'est à dire que selon la Nature qui fait bien les choses ce sont qui sont le plus en marge de leur société qui devraient être promis à la guider, grâce à leur recul naturel.
Et pourtant c'est là aussi que vont s'engouffrer une autre facette des marginaux et des faibles, qui sont ceux dont la faiblesse n'est pas de se recroqueviller trop vite, mais plutôt de ne pas être capable de faire des distinctions élémentaires au niveau cérébral, et ayant compensé cela par un jeu d'apparence et d'imitation les faisant passer pour l'autre sorte de marginaux qu'ils prétendant être, à savoir des intellectuels.
(des fois on disait des intellectuels de gauche, mais bon ce sont surtout la classe politique).

Il faut bien comprendre que ces gens se sont installés à la place des plus faibles et des plus vulnérables des philosophes, penseurs et scientifiques, les reléguant à une éternelle damnation dans la pauvreté et le rejet, et profitant du confort qui leur aurait été utile, et par incidence, utile à toute la Société.

C'est sans cesse que les plus beaux concepts scientifiques, aussitôt découverts et vaillamment énoncés, sont récupérés à mal escient par des usurpateurs, provoquant une immense chaîne de désordre et de non évolution.

La société toute entière semble avoir stoppé ou freiné son évolution morale, et même régressé parfois, noyée dans la berlue qui consiste à être content de l'intelligence qui est sous-jacente (mais imaginée seulement) au confort auquel ils accèdent.

Le retard accumulé est tellement phénoménal, dans le sens des phénomènes qui se multiplient comme sur une mécanique qui n'a pas été entretenue et qui doit continuer de tourner coûte que coûte, et le mensonge a tellement été abusif et grandiloquent, convainquant, qu'il peut s'en suivre deux sortes de réactions à l'échelle psychosociale intergénérationnelle :

soit on se raccommode avec la Science non pas en soi, mais pour ce qu'elle enseigne de philosophique ensuite à son tour, et alors l'humanité est sauvée ;
soit il survient un dégoût de la science, de ce qui est convainquant, de ce qui est « logique », de toutes forme de raison puisque jusqu'ici ça n'aura apporté que du malheur, et alors, dans ce cas, le motif du désordre sera homogène, et la destruction assurée.

Si un monde sur une planète, se termine, avant même d'accéder à une maturité qui aurait été la récompense pour toutes ces souffrances passées, ce sera comme quand un jeune meurt, parfois ça arrive, c'est tout ce qu'on pourra en dire.

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