080423 9 min

concept du dogme et dogme du concept

Une fois on m'a dit, à tort de toutes façons, "attention, vous diffusez des concepts dangereux", et j'ai répondu que bah ouais, sauf que le danger ne vient que des gens et de leurs actes, et que souvent, justement, ils sont fallacieusement motivés. Les conceptions peuvent être mauvaises bien sûr, la conception (par sédimentation culturelle et empiriste sans but) du système social est mauvaise, car du point de la logique, il n'y a pas de "concept", ni comme moteur de cette construction, ni vraiment comme émergence de cette construction, ni même aucune technique mise à l'oeuvre. Justement il faudrait conceptualiser (ce qu'on nomme) le système social, dégager des lois certaines, et en faire descendre de nouvelles règles, afin d'obtenir de la technique.



On pourrait dire que le concept de notre société est la loi de la jungle, héritée d'une mauvaise conception de la théorie de l'évolution de Darwin (loi du plus fort), qui elle-même, était une mauvaise conception des lois de la nature. Mais le concept qu'est la loi de la nature, n'est ni bon ni mauvais, il ne peut être jugé, seulement "conçu" (reconstruit et simulé mentalement). Ainsi à la limite on peut dire que les conceptions mentales, ces concepts-là, comme "la loi du plus fort", ne sont pas tant des concepts que des dogmes. Un concept est plus solide que « des notions ». Pour bénéficier du titre élogieux de "concept", il faut que soit décrit une mécanique fonctionnelle, et dont l'usage permet d'obtenir ce qui est promis dans son intitulé. en fait tant qu'on peut poser la question des concepts sur lesquels sur basent ce qui est nommé, eh bien ce qui est nommé ne peut être appelé "un concept".



Souvent dans le langage courant on dit "c'est un concept", l'air de dire "c'est TA logique", c'est la même insulte, et c'est très obscurantiste, car en fait les concepts ne sont pas le nom de choses, mais des mécaniques, des fonctionnements, qui répondent à la logique, et qui elle, n'a rien de personnelle ou de l'ordre de l'opinion ; et qui nécessite d'être nommés.

Là aussi, c'est en scindant là-dedans qu'on peut juger "totalitaire" notre société (grosso-modo), si on observe l'absence de construction de la raison, et donc, l'absence de concepts.

Le babouin qui a mieux compris la vie que nous (je le vois aussi très bien!) lui, utilise des concepts, une fois seulement qu'il a appris leur existence, en observant ce qui aura marché, et en essayant le plus adroitement possible, de le refaire. ça c'est très scientifique comme comportement, à l'inverse de ce qui est "syntaxique", et qui consisterait à vénérer le bâton (et celui-là seul) qui aura permit de capter des fourmis dans le creux de la racine de l'arbre...



ce qu'il faut à notre époque c'est de toute urgence en revenir aux conceptions et aux fonctionnements, à la logique, ce qui permet de s'extraire rapidement des questions-piège qui découlent de ces mauvais fonctionnements.

Autant dans le langage que dans l'organisation il faut "orienter objet", avec les mots et avec les actes, parler des fonctions, pour pouvoir les mettre en oeuvre.



Le dogme humaniste, c'est une bonne manière de faire passer l'idée du besoin de rentrer dans le monde de la recherche et compréhension des mécanismes à l'oeuvre (ou d'en écoeurer les plus jeunes). Ce sont des mots qu'on met une vie au moins à pouvoir définir.
Dogmatiser consiste à rendre utilisable avec le peu qu'on sait, donc en soit, ça n'a rien de mal ou de bien : « dogmatiser » est un concept, car c'est pratique..



Et ceux dont on a besoin d'urgence, ne sont pas non plus ultra-spirituels, c'est juste de mathématique et de logistique : des concepts (qui marchent, mais c'est logique).

mais sans doute cette déformation tatillonne sur laquelle je me défends est-elle une déformation du fait de pratiquer la prog... pour moi un concept doit marcher, puisque seul ce qui marche, donne lieu à un concept.



mais il faut passer par là car justement au final, pour les gens il est question de "sécurité", il faut d'abord voir ce qu'est ce dogme : le concept qu'il suppose :

Définition de base, dans tout système les utilisateurs explorent toutes les possibilités y compris les plus absurdes quitte à porter préjudice, en conséquence de quoi il faut, inversement proportionnellement, soit :

- instruire correctement les utilisateurs ;

- restreindre considérablement les possibilités du système pour conditionner leur usage.



Au niveau social, ce que je dis est surtout que la sécurité du véhicule blindé, (ne peut pas être un concept) car ce n'est pas viable si la sécurité d'autrui est, du coup, menacée. La meilleure sécurité serait que tout le monde roule à exactement la même vitesse sur des routes tracées par GPS, et rectifiées par l'ordinateur de bord du véhicule.

Ainsi en grandissant, le concept de sécurité devient plus pacifiste, et si on étend encore la porté de sa définition, le lucide verra bien que la meilleure sécurité dans tout l'univers, consiste à avoir raison.



c'est comme par une sorte d'amplification que dans un état totalitaire, les gens lui soient soumis, si dans leur subconscient est précisément inscrit l'idée que la plus grande dureté va de paire avec la plus grande sécurité. et que la dureté est le signe révélateur de l'existence de la raison.

Et qu'il suffit de se fier à ce signe révélateur pour en supposer l'existence.



mais encore une fois, ça ne marche que si on base sa pensée sur la syntaxe et les dogmes, au lieu de les fonder sur ce qui est conceptuel (au sens informatique de "qui fonctionne").



je sais c'est tatillon (que je me défends, repoussé dans un sombre recoin) mais ça me semble important d'insister sur le fait que le concept, fonctionne, et qu'un "mauvais concept", est en réalité le fruit d'une conceptualisation qui n'a pas abouti et qui est plus proche d'une « notion », qui reste insaisissable (et difficile à décrotter).



Le dogme, ce serait comme le bâton que le singe (humanisé) aura érigé en statue, obtenant pour résultat qu'aucun autre bâton n'aura jamais été utilisé, puis que sa signification profonde soit oubliée historiquement, mais que la statue demeure, et que les singes, tous les matins, viennent saluer en espérant pouvoir manger des fourmis.

Le gars, au cours de tout un processus qui le conduit à une découverte majeure, ne retient que l'usage du bâton, comme chose magique par laquelle tout est arrivé. (il était trop content) et à côté de quoi toute sa démarche paraît moins concrète (comme le souvenir du rêve efface le reste du rêve). Et après les gens, érigent ce bâton comme symbole de leur propre réussite.

Et encore après, ça s'infiltre dans les arts, le langage, et le bâton devient un emblème, qu'un jour un hitler-singe détourne afin de frapper ses congénères.

Ce qu'ils acceptent si, du coup, rien ne sonne faux à leurs oreilles syntaxiques.



ça marche toujours comme ça de toutes façons, si bien que quand on observe un dogme, il convient automatiquement de se demander, comme si c'était un message énigmatique, de quel concept est-ce que ça parle ? (obligatoirement maladroitement)



C'est vrai que les dogmes ont été critiqués comme de mauvaises choses, mais encore une fois c'est parce que c'est syntaxique, non fonctionnel comme jugement.

Un dogme aussi n'est ni bien ni mal en soi, par contre on peut entendre toute la nuance si on se retrouve à devoir défaire ce qui est dogmatique, c'est à dire ce qui est fait en référence à une berlue, quasiment.

Les choses sont tellement réversibles, c'est bien par inspiration humaniste que les nazis étaient content d'eux-mêmes. Ils fonctionnaient comme les gens avec des voitures blindées, sans penser qu'un jour, à leur tour, ils se feraient percuter par l'un d'eux. (c'est trop bête).

Ainsi un dogme, qui est une excroissance quasi religieuse d'une explication manichéenne à un phénomène de l'ordre de l'intervention divine (à cause de la joie que ça aura procuré), possède une trop grande amplitude d'interprétation, laissant trop de place à l'incertain, dans l'ombre duquel le mal rôde... (où une mauvaise explication peut paraître logique).



Là où, si la mémoire collective décide de mettre l'accent sur un objet-dogme, ça doit sans doute être un message qu'il conviendra de savoir reconstruire. Ça doit forcément avoir une utilité, mais avant de savoir laquelle, il faut sans doute passer par un grand nombre d'erreurs de conception.

C'est aussi la peur de l'échec qui peut rendre un dogme ou un concept « mauvais ».

cette peur de l'échec est le plus grand sentiment d'insécurité du cosmos.



Le langage, le dialogue, fonctionne essentiellement selon ce schéma, qui n'extrait qu'un symbole pratique à mémoriser et à transmettre, et qui confie au cerveau récepteur le soin de reconstruire dans sa tête le concept qu'il veut signifier, et en lequel il n'y a qu'à croire...

Le dogme est ainsi comme le mot, insuffisant, situé entre l'emmetteur et le récepteur, dans la mesure où il aura été codifié, et où le récepteur aura le soin de le décoder.

(ces deux entités pouvant être un même esprit collectif séparé par une large plage temporelle).

(ou les deux parties du cerveau)

(ou même en occultisme, ils parlent de « l'atome-germe » qui est comme un ADN de l'esprit entre deux incarnations)

ouais même l'ADN fonctione selon ce Concept (ce schéma).



Une fois le message passé, alors ce même concept peut ensuite être décliné et réutilisé.

ce qui n'a pas du tout la même utilité que décliner et réutiliser un dogme.



Le dogme est une codification transportable facilement de la réalité, et les concepts, c'est ce qu'on obtient quand on décode le fonctionnement qui régit les éléments qu'on aura pu observer.



je suis sûr que le langage tel qu'on le connaît à lui-même subit une grave dégénérescence de capacité à transmettre les concepts au fur et à mesure du temps.

Que finalement le nombre de concepts à l'oeuvre est assez faible pour constituer un alphabet...



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en rapport avec le concept de sécurité tel que je l'ai ennoncé (ontologie) il est très applicable pour scinder la nuance entre un état totalitaire et un état de droit (tel qu'on le nomme) : l'informatique enseigne que le vrai système inclue l'utilisateur, puisque toute la vie du système en définie par son usage.

c'est ainsi qu'on peut identifier "l'usage" du système économique, c'est à dire ce à quoi il sert.

c'est dans cette mesure que je m'amuse parfois à prétendre que les anthropologues du futur définiront, maladroitement bien sûr, le but de notre système en fonction de ce qu'il aura produit. (800 ans de désert stérile !)



en fait un concept associe des lois, comme des molécules et des atomes, ça donne quelque chose de difficilement prévisible à moins de le savoir, tandis que le dogme on pourra dire qu'il associe des concepts et des notions



et après bien sûr tout dépend de la valeur qu'on accorde à ces dogmes ou ces concepts....



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