080304 4 min

futurland

Je peux raconter une photo du futur, sans trop de complexe.
Il n'y a pas de mal à connaître le futur, je ne crains aucune sorte de pression gouvernementale pour m'empêcher de révéler des secrets classé au niveau « Cosmic » : ce ne sont que des rêves.
Il y a bien des manières de pré-voir le futur, de le prévisualiser, d'avoir assez d'indices pour résoudre logiquement ce qui existera. Les rêves autant que la pensée éveillée permettent cela.

Pas mal de gens disent qu'ils n'ont aucun souhait de connaître leur futur, qu'ils aiment autant le découvrir eux-mêmes pas à pas. C'est fortement honorable, tout comme l'est le fait de ne pas être impressionné par cette annonce, mais au fond, ce qu'on découvre pas à pas, on l'obtient de l'avancée de l'éclairage qu'on est capable de porter sur le flux des événements. Non pas qu'ils soient déjà disposés à l'avance, peut-être que les événements de sa vie sont improvisés dans l'instant, résultants fatalement de leur passé, ou peut-être aussi qu'il y a des règles et des moyennes faisant que certaines choses se doivent absolument d'apparaître, mais en tous cas il est certain que c'est l'éclairage qu'on porte qui fait voir les choses, si bien qu'il n'y a rien de « mal » à voir ce qu'on est capables de voir si on en a envie.

Quand on pressent, tels les animaux qui décampent avant l'arrivée d'un tsunami ou d'un tremblement de terre, que le futur proche risque de dérailler, même si ce ne sont que de vagues impressions, et malgré que cela puisse être de l'instinct, qui est une forme débile de l'intelligence (ultra simple et sans effort) alors tout d'un coup ceux qui ont la torche qui porte le plus loin ont le plus de chance de découvrir à temps la voie qu'il faudra suivre, avant que la nécessité (l'échec de la liberté) ne devienne un conduit dramatique pour l'hisoire.

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De la Défense à Montparnasse, à Paris, la grande allée pavée de blanc s'est répandue à la place des principales avenues. On les parcours à pieds, en trottinette, en vélo urbains, et dans des sortes de chaises roulantes avec un coffre de scooter, plus ou moins carénée.

Les relations entre les gens est très désordonnée, on ne se fie pas forcément à des gens proches, de même que subitement en une minute, on peut se faire le meilleur ami du monde.

Il y a un grand silence dans la ville, la conversation est devenue plus concise et à la fois objective et aisée.

La principale chasse se fait envers ceux qui sont de l'ancienne façon de penser, qui consiste spécifiquement à tirer des conclusions stupides à partir d'instincts dogmatisés.
Y compris si ça se fait sur un ton humoristique, c'est le plus souvent considéré avec empathie comme une souffrance pour ceux-là.

Il arrive souvent qu'on ait de longues marches à pieds ou en vélo à faire, on est plus entraînés physiquement que les gens de cette époque (2008-2015).
Plus personne quasiment ne fume, ça c'est drôle, pas seulement pour la santé car il y a des cigarettes « safe », mais surtout parce que le principal paradigme de cette époque, est fondé sur le principe du boycott sans que cela soit nommé ainsi. Il est surtout question de ne pas nourrir l'ennemi en aucune manière, c'est cette idée qui est assez puissante pour faire arrêter de fumer par exemple, ou en tous cas de bien vérifier la provenance de ce qu'on achète.

C'est assez dommage d'avoir perdu cette insouciance qui est centrale dans une société, « la confiance en l'inconnu », mais paradoxalement à l'époque où les gens se sentaient apeurés par toutes sortes d'apocalypses et où ils les laissaient faire en ne les voyant pas, cette autre époque qui est la suivante dans la liste des époques à traverser, la non confiance est l'impulsion originelle des constructions logicielles qui permettent d'établir ce qui est conventionnel.

Ensuite je me souviens de discussions assez tendues ou désagréables, impulsives, voire dangereuses.
Faut vraiment que les gens se démilitarisent l'esprit ;

J'espère que ma thèse sur la société minimale aura survécu, pour qu'on y voit les paradigmes à supplanter à ceux qui se seront fait détruire sans avoir encore pensé à ce qui constitue la raison du changement.

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