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La construction médiatique du mensonge

Tant que nous avons un exemple sous la main il peut nous servir favorablement pour appuyer nos thèses, qui souffrent le plus souvent de rester trop générales.
D'ailleurs c'est exactement cette technique qui fait la propagande.

Au départ, au sein d'une collection qui commence à se ritualiser en mettant en parallèle des propos tenus par le président du pays, (quant à savoir si le mot « président » est celui qui doit convenir on verra ça plus tard) espacés de seulement un an, est apparue une vidéo de sarko, comme toutes les semaines en fait, où quelque chose est trahi, de façon bien plus percutante que toutes les idées volontairement propagées.

A chaque fois il se trahit et les gens peuvent donc dire : a-ha ! ».

Par contre ça a été surprenant que la télé en fasse une affaire d'état avec sondage très significatif à l'appui : 51% des français n'est pas choqué d'entendre le président tenir des propos orduriers lors du salon avec les animaux (et les vaches).

Moi je suis de ceux qui pensent qu'être « président », avoir une tête faite pour diriger, se situe avant tout dans la nature intime de l'individu, dans ce que son pragmatisme aura été éduqué, du travail qu'il aura su faire à partir de ses compétences naturelles, etc...

De l'amusant, qui unit ensemble ceux qui pensent « je vous l'avais dit » et ceux qui pensent « mais non c'est pas grave », à force de répétition ou plutôt de clonage, apparaît l'effet dit « effet télé ».

L'effet incongru est une émergence dont personne n'est directement responsable. C'est sûr qu'à un moment le gag va s'estomper, quand le tour hebdomadaire des émissions sera renouvelé.
(mais vous inquiétez pas on le reverra dans le best-of de l'année 2008)

avec toujours aussi peu d'explications sur la nature de ce qui fait l'usure du gag avec le temps.
Non, l'humour n'est pas dedans ce fait-divers, il est autour.

Car pendant ce temps de captation des flux hertziens et des flux neuronaux qu'occupe cette affaire, cumulant un temps de cerveau usité supérieur à celui qu'il aurait fallu pour sauver le monde, n'est drôle qu'au sein d'un message, et à force de répétition, le message qui sert de fondement au gag glisse subrepticement vers un tout autre message.
C'est comem si le même gag était soudain dit en riant par notre ennemi.
Ça prend une toute autre tournure, ce n'est plus drôle du tout, du coup.
Au stade où en sont les médias il suffit qu'ils ouvrent la bouche pour susciter l'angoisse et le doute.

Car soudain le gag du « ah, je vous l'avais bien dit ce gars-là est un limbique, ce qui est très grave », on passe, quand c'est de la bouche des médias télé que le gag est proposé, à deux sortes de familles de sens :
soit les médias se rassénèrent, se ressaisissent et se rallie aux anti-sarko, surtout depuis qu'ils se sentent menacés pour leur emploi en fait évidemment, et une fois qu'il ont bien été utilisés de marche-pied présidentiel, finalement ils disent leur désir de se rallier à ce que pensent les vrais gens sur internet auxquels ils se réfèrent.
Soit oui vraiment ils sont complètement hallucinés et éberlués, et en s'obstinant sur des sujets puérils et glanglan, ils oublient malencontreusement de rappeler au peuple son devoir de révolution dans le cas précis qui occupe cette époque.

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