Des nouvelles de Ma « ligue du Lol »

12-02-2019 les-crises.fr 15 min #152073

Tiens, l'actualité veut qu'aujourd'hui les médias parlent... harcèlement.

Et tiens, on parle de harcèlement réalisé par des... journalistes (mais pas que).

Les exemples de "La Ligue du Lol", que nous avons évoqués ce jour dans d'autres billets, sont édifiants.

Édifiants de perversité, de sadisme, de méchanceté, de bêtise, de lâcheté... Bien sûr.

Les interrogations autour de ces harceleurs des années 2008-2013 sont quand même bien rapidement limitées au périmètre "harcèlement contre les femmes". C'était bien entendu leur cible favorite, et celle qui a le plus été violentée.

Mais il est quand même étonnant que peu de gens s'intéressent au travail de ces individus dans leur journal.

C'est d'ailleurs très "français" : ne rien faire pendant 10 ans face à un phénomène assez répandu ; attraper 20 coupables ; les lyncher sur Twitter, sans s'interroger sur le Système qui l'a permis, et sur les multiples autres coupables ; reprendre le cours normal de la perversité.

En revanche, on voit mal pourquoi l'environnement qui a permis un tel d'humanisme et d'éthique à l'époque ne serait plus présent aujourd'hui. "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne voudrais qu'on te fasse", n'est toujours pas une devise importante pour beaucoup des nouveaux dans la profession.

Par chance, je n'ai pas subi ce qu'ont subi ces femmes, et ces hommes, victimes de la Ligue du Lol à l'époque.

Mais je vois donc un lien avec les formes de harcèlement que je subis occasionnellement depuis 5 ans, et surtout depuis les 2 dernières, et qui m'ont obligé à déposer une quinzaine de plaintes en diffamation, qui seront enfin jugées entre 11/2019 et 05/2020 - nous en reparlerons. Merci encore de votre soutien.

Vous comprendrez donc que j'ai souhaité faire un petit zoom pour montrer le problème d'une génération en dérive déontologique et faire une mise à jour sur quelques cas, présentés par ordre de gravité décroissante. Bien entendu, ils ne sont pas comparables avec les pires harceleurs de la Ligue du Lol, dont ils ne font pas partie.

I. Samuel Laurent, des Décodeurs du Monde

Le 24 février 2017, Samuel Laurent des Décodeurs du Monde, qui m'a traité de "Faussaire" SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER :

Le tout, comme on le voit (et expliqué en détail  ici), en s'appuyant sans vérifier sur un tweet d'un Nobody, qui citait Cécilé Vaissié, qui citait... une fake news de Bruno Zéni, une source béton pourtant, à l'évidence, au vu de sa réaction en pleine polémique sur son Fake :

Comme il y a des choses qu'on en peut accepter venant du responsable de l'équipe de Vérification du journal Le Monde, j'ai donc  porté plainte contre Samuel Laurent le 22 mai 2017.

Ayant reconnu les faits, il a automatiquement été mis en examen le 28 novembre 2017 dans l'attente du jugement (cela ne présume en rien sa culpabilité) :

On notera qu'il a réagi hier à la polémique "Ligue du Lol". Il y a des choses intéressantes dans son papier sur l'atmosphère de l'époque ( allez lire), mais il y aussi ceci :

Ah, oui, surtout ne pas enfoncer ses confrères....

C'est honnête.

Oui, c'est sûr que les moqueries sur Twitter, devant des dizaines de milliers de followers, c'est du virtuel, donc ce n'est jamais bien grave, hein ?

L'avantage c'est que ça permet de faire de prudence et de compassion après...

Ah oui, ouf, ça va. Tant que ce ne sont que des accusations de faussaire, manipulateur, tricheur, complotiste, diffuseur de fake news, un traitre vendu aux Popovs, etc. Ce n'est pas vraiment de l'ordre du "qui je suis", non ?

Ah tiens, je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle ces types qui expliquent en gros, pour défendre par exemple les  publications pédophiles de Libé de la fin des années 1970, qu'à l'époque la pédophile était socialement acceptée en France....

Dans ma mémoire, en 2009, il me semble que pourtant que c'était super mal vu d'harceler une femme, de la faire souffrir, de la violer...

II. Adrien Sénécat, des Décodeurs du Monde

Le 16 mars 2017, Adrien Sénécat et Les Décodeurs du Monde publiaient cet article d'anthologie où ils m'accusaient d'avoir supprimé 500 articles pour "cacher mes erreurs" SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER :

J'ai longuement répondu à ces accusations stupéfiantes  dans ce billet.

Pour faire simple, M. Sénécat a farfouillé les archives de ce blog, et trouvé une vieille table des matières, qu'il a méthodiquement vérifiée pour constater 500 liens morts, d'où son article. Le coup de "cacher des erreurs" était un simple fantasme : si j'avais supprimé des articles, c'était pour cacher des choses (sachant que tous mes articles sont largement copiés-collés dès leur publication - bonjour le niveau du "complot"...).

Ce qui est magnifique c'est que cette table des matières n'était plus utilisée, car elle était gravement buguée. Et en fait, pour la grande majorité, lesdits articles 1/ avaient été renommés au fil du temps pour une meilleure indexation 2/ ou étaient des brouillons qui n'avaient jamais publiés ! Les quelques supprimés contenaient des miscellanées avec des vidéos qui ne marchaient plus et sans guère d'intérêt.

Le plus fantastique est que, dans l'article accusatoire de M. Sénécat, il a copié-collé une alerte que j'avais mise qui disait qu'il ne fallait SURTOUT PAS utiliser cette la table des matières, car elle n'était PAS FIABLE du tout ! :

"Bonjour, je vous accuse de choses très graves sans vous contacter, en utilisant une source que vous avez créée tout en précisant qu'il ne faut pas l'utiliser, car elle n'est pas fiable". Inouï.

Bonus, Le Monde se pensant au-dessus des lois, il a refusé de publier mon Droit de réponse légal à cet article, ce qui était déjà arrivé une fois.

J'ai donc  porté plainte contre Adrien Sénécat le 15 juin 2017.

Ayant reconnu les faits, il a automatiquement été mis en examen le 16 octobre 2017 dans l'attente du jugement (cela ne présume en rien sa culpabilité) :

Bref :

Ben si, et il faudrait demander, hein...

Oh que oui, car ça montre l'acharnement non professionnel de certains journalistes

Il n'y a pas de mystère, car des individus bizarres l'utilisaient quand même malgré le message très clair disant de ne pas l'utiliser...

Bref :

III. Adrien Sénécat et Samuel Laurent

Ils fonctionnent aussi en duo. Le 15 décembre 2016, ils ont publié ceci SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER :

Qu'avais-je fait ? Là encore, c'est incroyable :

Il circulait beaucoup sur Twitter un montage destiné à pointer le fait que des particuliers y annonçaient régulièrement depuis plusieurs mois que le dernier hôpital d'Alep venait à chaque fois d'être détruit :

J'ai simplement voulu vérifié si ceci était vrai, faire un fact-checking.  Mon article est tout simple, c'est simplement une sélection de vrais tweets de particuliers qui parlent à tort régulièrement de cette destruction ultime - avec pour seul commentaire "il faut se méfier des réseaux sociaux" :

Comme on l'a vu, Le Monde m'a accusé d'avoir diffusé une fake news, dans laquelle j'aurais dit que les Grands médias disaient régulièrement que le dernier hôpital d'Alep venait d'être détruit - ce qui est évidement délirant. Ils ont donc été mis en examen le 6 octobre 2017 :

IV. Laurent Joffrin et Margaux Lacroux, Libération

Le 21 novembre 2017, j'ai porté plainte contre Laurent Joffrin et Margaux Lacroux / Désintox de Libération (la copie des Décodeurs du Monde) :

En effet, ce journal a publié ceci en aout 2017 SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER :

Comme on a vu précédemment que je n'ai évidemment diffusé aucune "intox" (cela aurait été dur, il ne fait que 27 mots...).

V. Antoine Hasday, Slate

On peut aussi citer par exemple Antoine Hasday, qui indique le 1er mars 2008 dans  un article sur la "désinformation", SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER, que ce site aurait adopté une "grille de lecture du 'regime change'" sur la Syrie :

Évidemment ce charabia ne veut pas dire grand-chose - parle-t-on d'un complot généralisé prévu en amont, ce qui est faux, ou du fait que tous les gouvernements appellent depuis des années à un changement de régime ?

On note qu'il a mis un lien source : on se dit qu'on va donc comprendre de quoi il parle, mais quand on clique dessus :

Il a juste fait un lien sur le regroupement des centaines d'articles sur la Syrie du site, pêle-mêle : du travail de pro.

En fait, le point le plus grave est qu'Antoine Hasday a retweeté le 24 aout une liste délirante faite par un anglais de "151 assadistes", dans laquelle j'étais :

Bien entendu, c'est faux, ayant toujours condamné les agissements criminels de ce régime (comme  ici ou  ).

Et c'était totalement irresponsable, bien entendu, dans le contexte actuel, de désigner ainsi des "soutiens" du régime ennemi des djihadistes...

Cependant, je n'ai pas porté plainte vu la faible gravité des propos.

VI. Simon Blin, Libération

Là, c'est tout récent, ce journaliste vient de faire un portrait de moi SANS ME CONTACTER POUR VÉRIFIER. J'en parlerai donc dans un prochain billet dédié.

Épilogue : Wikipédia

Beaucoup d'entre vous pensent peut-être "Pourquoi se formaliser de tout ceci, ce n'est pas si grave, ces gens n'ont pas une grande influence dans le pays".

D'abord, c'est faux, ils ont une grande influence auprès des gens influents (médias).

Mais surtout, le problème n'est pas tant que leurs articles aient un impact immédiat. Car Google mais surtout Wikipédia (outil fantastique au demeurant) sont là.

En effet, il se trouve qu'on a créé une page Wikipédia à mon nom - ce qui reste incompréhensible pour moi, et que je ne souhaite pas. On y accède en premier dès qu'on tape mon nom dans Google.

Dès lors, la moindre critique dans un grand média s'y déverse - ma fiche va finir par devenir plus longue que celle d'Émile Zola...

Et je vous donne un exemple pour finir : l'article sur le régime change de Slate y est bien sûr :

Donc, déjà, Antoine Hasday me prête dans son article de propos que je n'ai jamais tenus, et que je ne pense pas - normal, il n'a pas vérifié en me contactant. Ensuite, c'est repris dans Wikipédia, et ça devient "l'avis de Slate", et le mot complotiste est rajouté.

Et je m'aperçois dans l'historique qu'un contributeur a essayé de supprimer ce mot infamant en aout dernier :

Le 21/08 à 20:02, le contributeur Jpk26 supprime "complotiste" de la fiche ; 6 minutes plus tard (sic.), le contributeur Durifon le remet, indiquant que le journaliste "dit bien qu'il adhère à la théorie de "regime change" qui est décrite comme complotiste"? Je ne sais pas où il a vu ça d'écrit  dans l'article...

Le 21/08 à 01:12, le contributeur Jpk26 re-supprime "complotiste" de la fiche, et fait un copier-coller de la phrase de l'article source ; 9 minutes plus tard (sic. C'est plus long, à cause de la nuit, peut-être), le contributeur Tan Khaerr le remet, indiquant "Concernant la Syrie, la théorie du ""regime change" est une théorie complotiste". Ah, CQFD.

C'est pourquoi, désormais, je ne laisse plus rien passer, tant au niveau de procédures en Diffamation que de Droits de Réponse...

D'ailleurs je cherche pour un article à contacter des administrateurs Wikipédia pour avoir des réponses -  me contacter merci.

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