Disparition inquiétante des intellectuels et scientifiques Ouïghours

11-02-2019 aa.com.tr 4 min #152057

AA - Ankara

De nombreux intellectuels et académiciens originaires de la région autonome Ouïghour du Xinjiang, en Chine, seraient placées en détention dans des «camps de regroupement».

Depuis 2016 à ce jour, le nombre d'Ouïghours, minorité ethnique musulmane turcophone en Chine, détenus dans les camps ou incarcérées dans les prisons chinoises au motif d' «extrémisme religieux» est estimé à plus d'un million.

Selon les informations compilées par un correspondant de l'Agence Anadolu (AA) auprès des données du Parlement européen, d'Amnesty International et de Human Rights Watch (HRW), de nombreux académiciens, artistes, athlètes professionnels et scientifiques Ouïghours figurent parmi les individus placés dans les camps par le gouvernement chinois.

L'un des plus importants savants religieux et leaders d'opinion de la société Ouïghour, Muhammad Salih Hajim ainsi que les académiciens Abdulnehed Mehsum et Ayhan Memet sont morts dans ces camps.

Dans une résolution du 4 octobre 2018, le Parlement européen avait fait part de ses préoccupations quant à ces décès.

Par ailleurs, des académiciens tels que Eli Mamut, Hailaite Niyazi, Memetjan Abdulla, Abduhelil Zunun et Abdukarim Abduwel font également l'objet de détention arbitraire de la part du gouvernement chinois, et ce, malgré les appels formulés par la communauté internationale.

La disparition de l'ancien président de l'Institut de recherche sur la culture et la civilisation Ouïghour Rahile David, était devenue un enjeu international.

Le rapport d'Amnesty International intitulé «Chine: Où sont-ils?» (China: Where are they?), avait fait part des inquiétudes d'Akeda, fille de Rahile David, quant à la disparition de sa mère. Cette dernière précisait n'avoir obtenu aucune nouvelle de sa mère depuis décembre 2017. Elle craignait également que cette dernière ait été placée dans l'un des «camps de regroupement».

Selon la diaspora Ouïghour et certaines associations, les personnalités éminentes soupçonnées d'avoir été placées en détention par les autorités chinoises sont comme suit: Gulpina Tasmemet, ancien professeur de l'Université du Xinjiang, l'historien Abdulkadir Celalettin, l'ancien directeur de l'Université Kashgar, Akbar Omar, le recteur de l'ancienne Université du Xinjiang, Taspolat Teyip, l'écrivain Abdurrahman Bey, le critique de littérature classique, Gayretcan Osman ainsi que le fondateur de la société technologique Uygursoft, Alim Ahat.

- Réactions internationales contre la Chine

Des organisations internationales oeuvrant pour les droits de l'Homme ont, à de maintes reprises, attiré l'attention sur les arrestations arbitraires et les placements dans les «camps de regroupement» de millions d'Ouïghours en vue d'une «transformation à travers l'éducation».

Les organisations de défense des droits de l'Homme qui ont participé à la réunion organisée dans la ville suisse de Genève par le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale (HCDH) avaient indiqué que les dirigeants locaux dans la région autonome Ouïghour du Xinjiang procédaient à l'arrestation des personnes dont le comportement serait préjudiciable. Ces derniers étaient alors placés dans des «centres de formation professionnelle» selon Pékin.

Par ailleurs, selon les représentants des organisations internationales des millions de personnes sont détenus sans inculpation ni procès équitable.

Dans l'un de ses rapports, la HRW a, elle aussi, attiré l'attention sur les arrestations arbitraires survenus au cours des deux dernières années. Ledit rapport précisait que ces arrestations intervenaient sous l'appellation de «mesure policière préventive».

Dans un communiqué de presse, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a affirmé que «la politique d'assimilation systématique des autorités chinoises à l'endroit des Turcs Ouïghours est une grande honte pour l'humanité».

Après avoir invité les autorités chinoises à respecter les droits fondamentaux des Turcs Ouïghours et à procéder à la clôture de ces «camps de regroupement», Aksoy a déclaré: «Nous nous attendons à ce que les réactions de l'opinion publique turque relatives aux lourdes violations des droits de l'homme soient prises en considération par la Chine.»

Un projet de loi, qui fait toujours l'objet de discussions au Congrès américain, prévoient l'application de sanctions par les États-Unis à l'encontre de la Chine en raison des graves violations des droits de l'Homme à l'encontre des Turcs Ouïghours.

 aa.com.tr

 Proposer une solution