Retour De Manifestation... On Fait Comme On Peut A Marseille

13-01-2019 histoireetsociete.wordpress.com 7 min #150720

Hier je suis allée à la magnifique manif des gilets jaunes de Marseille,le soleil la foule qui s'ébranle le long du quai de Rive neuve sur le Vieux Port. Le long des murs, une haie de gladiateurs nous surveille... De gentilles jeunes filles s'approchent de moi pour me féliciter de ne pas avoir peur, moi qui marche avec une canne... Je leur souris et je leur explique qu'un jour à mon âge, elles manifesteront aussi s'il le faut. Elles penseront à moi parce qu'il n'y a pas d'âge pour revendiquer sa dignité, son engagement dans la vie pour soi et pour les autres. Des camarades que je n'avais pas vu depuis plus de vingt ans m'embrassent, l'un d'eux me raconte que pour le Congrès, il a voté pour moi, sans hésiter... L'autre n'est plus au parti: je n'aime pas à me battre contre les camarades dit-il..Je le comprends, c'est pénible surtout quand on fait systématiquement les frais de la bataille ce qui est mon cas depuis plus de 20ans et qui visiblement ne change pas... Il est temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent...

Quand nous nous retrouvons nous sommes contents d'être là...Ensemble... Cette manif est un fourre-tout, mais aussi une agora... il s'y dit à peu près n'importe quoi, ceux qui vantent le RIC sont neuf, on sent les trucs distrribués à des « militants » qui ne disent pas d'où ils viennent... alors que ceux qui portent des cartons usagés se plaignent de ne manger que des pates et du riz...

Nous sommes venus à titre individuel mais nous sommes de ce fait moins visibles que lutte ouvrière qui formait un cortège avec banderole d'une vingtaine de militants. J'étais avec une camarade de ma cellule, Nicole... Elle a voté pour le texte de la direction mais elle fait partie de ceux avec qui je suis devenue amie. D'ailleurs depuis que j'ai décidé de ne plus participer aux réunions de cellules, ni à aucune autre réunion du parti, j'ai d'excellentes relations individuelles avec mes camarades. C'est mieux comme ça !

Nous nous sommes arrêtées à la terrasse d'un café près du pharo, Nicole et moi, là nous avons commencé une discussion sur ce qui se passait dans le monde... Je lui ai parlé de la Hongrie, de cet ultime dirigeant communiste qui prétendait avoir deux ennemis Maxime Gremetz et Ceausescu, et il ajoutait « Maxime Gremetz lui n'a pas d'armée »... Une vieille histoire entre les Hongrois et les Roumains... Quand j'ai prononcé le nom de Ceausescu, le garçon que nous n'avions pas remarqué mais qui était derrière nous depuis pas mal de temps, est intervenu et il nous a dit qu'il était roumain, qu'il aimait Ceausescu, qu'il regrettait le temps du communisme.Il avait 43 ans, il parlait 4 langues avait reçu une excellente éducation comme dans tous les pays socialistes. Il était chaleureux et passionné. « Nous avions un travail, une maison correcte, des fêtes, des amis, nous avons tout perdu, nous sommes dispersés dans le monde... » Depuis la fin du socialisme dans son pays c'était le malheurselon lui. Devant nous la grande manifestation s'étirait... Elle n'en finissait pas...

Pendant une demi heure, le garçon de café roumain a dit à Nicole ce que je m'évertue à répéter et qu'il est interdit de dire... A savoir que pour lui et tant d'autres: en Russie et dans les ex pays socialistes, le communisme c'est la plus belle chose du monde, l'égalité, le bonheur en famille, sur les lieux de travail... Il n'arrêtait pas, il disait « vous les occidentaux vous voulez la guerre, mais Poutine devra se défendre et il vous détruira... ce ne sera pas de sa faute, vous l'aurez cherché... » Encore une chose dont on a pas idée ici, la conviction qui monte partout que les pays de l'OTAN dont la France veulent la guerre, qu'ils la préparent et qu'elle devient inéluctable... Comment expliquer à un communiste français, que partout dans le monde ils ont peur de nous, de nos bombes, de notre mentalité de pillards assortis de bons sentiments et de' prtoclamation de liberté... Ils ont peur de nous de ce dont nous sommes capables... Pour une bonne part c'est ce qui explique en Russie le vote pour Poutine, il faut un homme capable de faire face à ce qui se prpéare ici à coup de désinformation... Les gilets jaunes ont leur sympathie non seulement parce qu'ils ont les mêmes revendications qu'eux, vivre, simplement vivre dans la dignité comme l'avait écrit sur un carton une manifestante, mais parce que peut-être y a-t-il là un terrain d'entente pour la paix...

Cet homme un humaniste, un homme cultivé, il écrivait des scénarios de films policiers, il était acteur... Il aimait la France, il avait appris enfant la Révolution française, l'admiration pour notre pays et il se sentait avec les gilets jaunes, il partageait leur colère, celle des petites gens ballottés par une Histoire qu'ils n'ont pas voulu, gorgés de mensonges....

Nicole lui a demandé: « et la dictature? » Quelle dictature? Vous savez ce qui était fait, comme il y avait du travail pour tout le monde, celui qui ne travaillait pas on le punissait de prison... Vous de quel droit jugez vous de la liberté ? A côté d'ici il y a des vieux qui dorment la nuit par terre enveloppés dans des couvertures... Les jeunes cela a de la ressource, mais des vieux, est-ce que vous n'avez pas honte de les traiter comme ça vous qui donnez des leçons aux autres... L'autre jour j'ai fait une collecte auprès de mes collegues de travail, « Ne les laissez pas comme ça, ce sont des Français comme vous, ils pourraient être vos parents, assurons le tous les jours un café chaud et un morceau de pain... j'ai dit au cuisinierce que tu as en trop donne le leur! des vieux qui ne peuvent pas se défendre, vous les traitez pire que des chiens, vous et votre macron dont je souhaite qu'il aille en enfer...

Je lui ai dit que j'arrivai de Hongrie et que j'avais été frappée par l'indignation des camarades qui me recevaient, indignation devant les mendiants, un homme d'une soixantaine d'année qui avait l'air d'avoir perdu l'esprit. Judit répétait « mais comment peut-on tolérer de laisser un être humain dans un tel état? Cela n'existait pas du temps du socialisme, cela devrait être une priorité de l'Etat » Le garçon de café roumain et elle avaient la colère pour les mêmes raisons: les vieux en train de mendier dans le froid et le fait qu'une grande partie de la population était contrainte de s'exiler puisque désormais il n'y avait plus de travail pour tout le monde... « je ne serais pas mieux chez moi en famille, comme jadis répétait le roumain.

Nous avohs pris son numéro de téléphone et lundi nous allons nous rendre Nicole et moi à la réunion des gilets jaunes de notre arrondissement, au 53 de la rue esperandieu

Comme je l'ai expliqué plusieurs fois, je n'en veux à personne mais il s'avère que les résultats du dernier Congrès m'empêchent de militer au parti communiste français. Je n'ai plus ma place nulle part... ma fédération a triché. Tous les domaines dans lesquels j'aurais pu apporter quelque chose me sont encore et toujours interdits, j'y suis a priori censuré. Je reste au parti, je paye mes cotisations. je garde de bonnes relations avec mes camarades mais à partir du moment où ils ont laissé le secteur international à des gens qui ne savent que suivre la social démocratie et jouer les touristes de luxe avec l'argent de l'Union européenne et des fondations allemandes qui exigent que l'on mente sur ce qui se passe dans le monde et sur notre histoire. Tout ce qui a trait à la culture, à la formation, à l'idéologie est entre leurs mains. Ils tiennent TOUTES les publications du parti et y pratiquent la même censure. J'étouffe, j'ai besoin d'air...

A mon âge, on ne peut pas continuer à subir de telles humiliations. On attend plus rien, ni poste, ni gloire, mais pouvoir dire SA vérité, celle qui vous a été tant de fois transmise de part le monde, ne' pas trahir c'est l'ultime revendication sur laquelle je ne transigerai pas. Et si cela s'avère impossible, j'attendrais donc la suite en agissant là où je le peux, en communiste et il ne manque pas de lieux pour cela.

Danielle Bleitrach

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