France / « gilets Jaunes » : la mobilisation s'agrandit malgré le recul du gouvernement

05-12-2018 aa.com.tr 4 min #149214

AA / France / Fawzia Azzouz

Les transporteurs routiers français ont rejoint mercredi le mouvement de protestation en publiant un appel à la grève générale illimitée à partir de dimanche 9 décembre, a-t-on appris de sources concordantes.

Les transporteurs rejoignent, ainsi, les ambulanciers, les lycéens, les retraités, les travailleurs précaires et les chômeurs qui ont, tous, des revendications que le gouvernement n'a pas satisfaites.

Les syndicats CGT (Confédération générale du travail) et FO (Force Ouvrière) ont publié mercredi un communiqué dans lequel ils réclament une « réunion en urgence » au ministère des transports, a rapporté le Journal Du Dimanche.

« Ni le courrier reçu ce jour de Mme la ministre Elisabeth Borne, ni les explications du conseiller social du ministère, ne nous ont convaincus, bien au contraire » indiquent les deux syndicats dans leur écrit.

L'essentiel de leurs revendications porte sur le fait que « depuis la décision du Conseil d'Etat, le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises ».

Mercredi, parallèlement à ce ralliement, la société d'autoroute Vinci, fait état de nombreux blocages sur ses réseaux. Le phénomène touche les quatre coins de la France.

L'aéroport de Marignane (Sud Est) a signalé sur son compte Twitter un barrage de « gilets jaunes » qui filtre les entrées sur son site comme c'était déjà le cas dimanche dernier à Nice.

D'un autre côté, la pénurie de carburant s'accentue également dans les stations-services. 378 stations sont en rupture partielle de stock et 252 stations en rupture totale selon les chiffres officiels du site pénurie.mon-essence.fr qui transmets en temps réels l'évolution de la situation via une carte interactive.

Les dépôts pétroliers des Bouches-du-Rhône (Sud-est) et celui de la Sarthe (Nord-ouest) sont toujours bloqués par les « gilets jaunes ».

Le port de Saint-Malo (ouest) est, lui aussi, inaccessible et les ferries sont tous déroutés vers d'autres sites, selon le quotidien 20Minutes.

Les lycéens, qui ont rejoint le mouvement lundi en protestation du système « Parcoursup » et de la réforme du baccalauréat, sont toujours en grève dans de nombreux établissements comme à Grenoble (Centre-est) ou encore en région parisienne, rapporte Europe 1.

Malgré les annonces faites mardi par le premier ministre Édouard Philippe depuis Matignon, la mobilisation ne faiblit pas et produit même un effet de contagion dans tous les secteurs.

Il avait annoncé au cours d'un discours tenu depuis Matignon, qu'il suspend « pour une durée de 6 mois, trois mesures fiscales: la taxe carbone, alignement gazole/essence et gazole non routier ».

A propos du mouvement de contestation, le Permier ministre s'est voulu compréhensif.

« Cette colère, il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas la voir ou l'entendre (...) Cette colère prend sa source dans une profonde injustice, celle de ne pas réussir à vivre dignement », a reconnu le chef du gouvernement.

Jouant la carte de l'apaisement, il a expliqué qu'« aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation ».

Pour rappel, le mouvement des gilets jaunes est un mouvement spontané lancé depuis mi-novembre sur les réseaux sociaux pour protester contre la hausse des prix du carburant.

Le mouvement a rapidement évolué et les revendications se sont étendues au pouvoir d'achat et aux salaires.

Des politiciens ont même réclamé la démission du président Emmanuel Macron, d'autres ont revendiqué la tenue d'un référendum, et d'autres ont appelé à la dissolution du parlement.

Des grandes marches ont été organisés à Paris les 17 et 24 novembre ainsi que le 1er décembre. Ces marches ont été émaillées de violences, touchant des commerces, des monuments historiques, des véhicules et des immeubles.

Déjà 4 personnes ont perdu la vie en marge de ces protestations et des centaines d'autres ont été blessées.

Les autorités redoutent un nouvel épisode violent dans l'hexagone avec une nouvelle journée de manifestations, le samedi 8 décembre, à Paris.

 aa.com.tr

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