080213 10 min

Ce qu'enfante Sarkozy

On se demande comment on arrive à obtenir des vieux croutons complètements désaxés du réalisme qui étalent leur graisse sur des fauteuils en cuir, en fumant des cigares, et en traçant à la craie sur la table en marbre des projets de guerre, ne négligeant aucune occasion de relaxer l'atmosphère par des blagues ou des pets.

La réponse se nomme Jean Sarkozy.

On se demande comment ils étaient quand ils étaient jeunes, comment ils sont arrivés là vu à quel point c'est pas de bol, on se demande comment ceci peut-il naître ?

Comment accumuler autant d'immoralité, d'inculture, d'insensibilté, et de suffisance tout en ne jouant que sur les apparences, qui sont pondérées par des études sur les comportements à la mode, à l'adaptation desquels consiste la majeur partie du travail de politicien.

Comment, non pas seulement le plus stupide et le plus violent, mais aussi le plus incompétent et le moins fait pour ce métier, peut-il exercer une fonction publique ? Dont la vie des gens dépend.

Comment définit-on l'être dont on dit qu'il n'est pas socialisé, qui est encore à l'âge où on se cherche, une personnalité, une voie dans la vie, une raison de vivre, qu'il a des problèmes d'adaptation du comportement, qui ne sait que répéter les phrases qui lui sont dictées et qui auront été favorablement appréciées par sa neurologie instable, si ce n'est, précisément, un inadapté social.

Sait-il la tête que font les gens de « l'assistanat » social, quand elles rencontrent un gars qui a des problèmes de comportement ? Mais mon gars ils appliquent sur eux la loi contre l'exclusion, fin d'alméliorer leur socialisation, ce qui déjà en soit, est le plus intelligent des investissements, et aussi, est une procédure qui n'aurait jamais vu le jour sous l'ère Sarkozy, étant donné que les bonnes idées comme ça, il faut pouvoir au moins les dire.

La vie en société, l'amour de la société, qui passe avant par la pratique des réseaux sociaux et l'amour des gens surtout, conduit, avec l'âge et l'expérience, avec l'apparition parfois tardive de la Raison, les humains les plus désireux à servir leur société à envisager de devenir politiciens. Ou tout du moins, le mieux qu'on puisse espérer pour un citoyen Lambda, qui est un bon citoyen assez suffisamment compétent et lucide, à briguer la mairie de sa ville de naissance, cinquante ans après celle-ci.

Cela, est à peu près un chemin normal. Ensuite il y a ceux qui, culturellement, ou familiallement, sponsorisés par l'argent de leurs parents ou bien qui travaillent dur pour étudier jusqu'à, parfois, l'âge de 35 ans, ont le droit, la légitimité et le projet intime de faire partie du gouvernement, et là aussi, de servir l'Histoire.

Mais ces derniers temps à force de considérer les « stars » comme des Dieux, qu'elles sont parfois il faut l'admettre, des maîtres dans leur disciplines respectives, des Grands-Maîtres même on peut dire, cette légion de génie, plus nombreux vivant actuellement que le cumul total de tous ceux qui ont appartenu à l'histoire ancestrale de l'humanité, a eu comme une tendance à se trouver agglutinée avec les deux autre de la triade, le pouvoir et l'argent.

Le rêve infâme car mal élaboré et pensé sans connaissance de l'outil informatique qu'est le capitalisme, et son esprit du bon citoyen presque un peu nazi, très propre et très soigné, très civilisé, qui gagne de l'argent grâce à son mérite, qui est « récompensé » de façon magique et automatique, ce rêve infâme dis-je, inclus volontiers y compris les plus grands maîtres spirituels et des Arts dans sa définition.
Ce qui fait que pouvoir, et argent se lient, est aussi ce qui fait ce que gloire et argent se lient, en encore gloire et pouvoir. Souvent le chemin est celui de la fortune vers celui du pouvoir, autant que le pouvoir s'estime lui-même digne de fortune et de gloire. Moins souvent, Fortune veut devenir Gloire, comme à rebours ou pour s'excuser, puisque le repentir est la seule porte d'entrée dans la société idéale dont rêve le monde, et dont Dieu a déjà tracé les plans, les laissant à la libre utilisation ou non.

En ce qui concerne Jean Sarkozy, qui vient juste d'arrêter brutalement sa carrière d'acteur de théâtre, où il jouait Pouic-Pouic il me semble(*), en tant que glorieux Grand-Maître dans la discipline qui est la mienne, je ne décèle pas l'ombre de la subsistance de la moindre trace de maîtrise chez ce jeune homme.
(*) ce qui est très comique d'ailleurs parce que justement Louis de Funès préfigurait 40 ans avant son avènement, le tortionnaire selon la définition la plus psychiatrique qui puisse être.

Plus je vieillis, et plus je regrette de ne pas avoir été éveillé assez tôt à la vie de la Société, la marche du monde. Quand je vois les jeunes, ils sont rigolos, ils sont spontanés et naïfs comme des jeunes animaux, brutalement confiants et méfiants à la fois, on dirait presque, isolés dans leur monde fantasmatique, ce qui est mignon si on se dit que pendant ce temps-là le cerveau du futur Humain est en train de se construire.

Sur les traits du visage on peut voir de suite si l'adulte quand il était enfant a passé assez de temps en méditation, c'est à dire à consolider paisiblement et sans interférences ses structures cérébrales.

On ne sait pas spécialement comment classer les hyperactifs par rapport à cela, on sait que c'est le faible inconvénient de quelque chose, parfois on trouve ça drôle, mais quand même pour les proches ça veut dire aussi une superficialité de la personnalité, une surface si fragile quand on la gratte, que tout ce qu'on obtient à vouloir y creuser est la fuite ou l'attaque.

Par contre quand Jean Sarkozy marche à grand pas, faisant s'accrocher derrière lui une caravane de journalistes qui cavalent en se liant par des câbles et en veillant à ne pas s'y prendre les pieds, avec son grand manteau noir, ses chaussures luisantes et claquantes, la petite mallette en cuir noir toute neuve, les cheveux (blonds) au vent, répond aux journaliste à la va-vite, pendant quelque quinze secondes quand même, des inepties diverses sur un ton essoufflé par la mièvrerie de la situation, et qu'il ne prend pas le temps de s'arrêter pour parler poliment, sachant d'avance que de toutes façons personne ne lui reprochera un éventuel « retard » (tant qu'il est seulement temporel ça va), alors non, ce n'est pas de l'hyperactivité qu'il faut diagnostiquer chez notre nouveau sujet d'étude, c'est tout simplement de l'impolitesse.

Si on revient sur le discours suffisamment récurrent même en l'espace d'une seule séquence, mais aussi au travers des diverses prises de vues que les journalistes-sportifs auront réussi à arracher à « la star », là ce n'est plus de l'impolitesse ou une forme de mauvaise éducation qu'il faut voir, mais un vrai danger pour la Liberté et le devenir de l'humanité !!

Ce qui se passe c'est que, bien sûr, tout-à-chacun possède le droit natif et légitime d'être autant un crétin qu'il en a envie, d'avoir le cerveau le plus incapable qui n'ait jamais existé, d'être un mongolien de première non reconnu par la médecine officielle, ceci est un droit légitime et inaliénable, et ne doit susciter aucune moquerie.
Par contre dès lors que l'un des échappés de ce groupe d'individus parmi les plus incompétents de la terre commence à être cru, écouté, entendu, deviné, attendu, et cela pour des raison qui sont uniquement et rien d'autre que légales et hiérarchiques, (ou culturelles et hiérarchiques) et absolument pas des raisons rationnelles ou légitimes, alors soudain, par un simple changement du contexte qui entoure notre sujet de conversation, de « inoffensif » il passe à logiquement à « dangereux ».

Car prendre des responsabilités historiques est certainement un honneur et une sorte de vague privilège, car au fond les gens les plus intelligents sont nés pour être au service des plus faibles, pour leur apporter ce dont ils ont besoin et les enrichir, les instruire, mais surtout être une figure historique et mémorable, et aimée du l'histoire est le fruit d'une lourde responsabilité, d'un dur travail, d'une grande foi, et c'est rare qu'on en retire des avantages de notre vivant.

Car tant qu'on est dans un bistrot tout pourri 2 heures après la fermeture à finir les bouteilles ouvertes avec le patron et quelques piliers, ou, idem, tant que c'est dans le salon cossu et velouté d'un appartement de 600 mètres carrés au coeur du seizième arrondissement, dans chacun de ces deux cas, dire de grosses âneries, tenir des propos irréfléchis et impulsifs, demeure inconséquent, du moins on peut dire, restent sans conséquence, si ce n'est de se défouler un coup, et d'entretenir sans le savoir des névralgies qui sont comme collantes.

Par contre si on est au coeur d'une assemblée générale de sommités de chaque fédération du monde, parmi les plus illustres, les plus impliqués dans le courant de l'Histoire du monde, mais aussi et secrètement les plus alarmés par le futur qui nous attend si on continue à fonctionner comme on le fait par automatisme, et si à ce moment-là on place un des bougres / bourges qu'on a décrit, alors l'antilogie est tellement immense qu'il demeure difficile même aux plus brillants des esprits de saisir toute l'ampleur de la stupidité de la situation.

Les gens intelligents aussi, ont leurs failles, et précisément celle qui consiste à cherche obstinément ce qu'il y a d'intelligent dans les propos tenus. Et ainsi sans le savoir ils se retrouvent à commenter des propos de bistrot, alors que les mêmes propos exactement s'ils étaient venu du bistrot, n'auraient pas même effleuré leurs oreilles.

Ce qu'il y a à analyser dans cette circonstance, est tellement grandiose qu'il faudrait plusieurs générations de philosophes révoltés contre le système pour en faire le tour.

Ce qu'il y a à critiquer dans ces moments-là, pourra sembler très accessoire et anecdotique, mais il n'empêche que ce qui n'est pas contré finira toujours par se développer de façon démesurée.

C'était pareil pour Hitler, je l'ai assez répété avant l'élection présidentielle de 2007, les gens ne savaient qu'à peine détecter l'importance des inconvénients infimes qu'ils décelaient dans la folie de leur nouveau maître.
Par contre quelques années à peine après, les camps sont clairement tracés.

Les gens ont analysé et écouté les propos d'une abruti comme s'ils étaient le fruit et le suc d'un travail intellectuel de premier ordre.
Et la déclinaison de la moindre de ses respirations emplie de suffisance, a des conséquences qui se comptabilise au final en nombre de morts.
Car en vérité, si les gens bourgeois qui se croient d'une classe de dirigeants méritante de gloire associée à l'argent et au pouvoir, finit par vraiment en avoir, ça n'empêche pas que la posture historique est une responsabilité si pesante, qu'elle broiera d'elle-même ceux qui ne sont pas faits pour ça.

L'important quand on aime vraiment la Société Humaine, si on ressent vibrer la fibre sensible de l'âme humaine, si on est capable de sentir le souffle du vent de l'histoire et si on a l'instinct même un peu fou d'avoir sa tâche à y accomplir, est le résultat que cet amour produit, au niveau matériel et fonctionnel, de sorte qu'il y ait un avant et un après qui soit nettement meilleur, et qui ôte toute envie de retourner dans le passé.

Si jamais quelqu'un se sent ainsi projeté dans le bien futur de l'humanité, il me semble, (mais il ne fait que me sembler) que nous assistons à ce qui est préalable à l'envie de commettre ensuite des attentats-suicides.
Car ça au moins ça peut s'appeler un acte politique ;
si cet exemple peut faciliter la compréhension de la nuance.

Moi (aussi, devrais-je dire), qui aime la sécurité intellectuelle et morale, je ne m'inquiète pas, car ce en quoi j'ai confiance, je sais que c'est du solide.

8119