1er décembre 2018 : un pouvoir manifestement ébranlé

03-12-2018 reseauinternational.net 5 min #149078

par Pierrick Tillet

À l’image des mains fébriles du premier ministre Philippe adressant un message insipide aux forces de l’ordre [vidéo], la journée insurrectionnelle du 1er décembre aura révélé le désarroi d’un pouvoir profondément ébranlé.

Au lendemain de cette journée insurrectionnelle, les réactions, tant du pouvoir que de ses médias, frappent par leur côté dérisoire et totalement dépassé par les évènements.

Le ministre de l’Intérieur Castaner croit-il encore qu’il va abuser longtemps les populations avec des chiffres de participation ridicules démenties par les centaines de documents photographiques et vidéos saisis ce jour-là ?

Les médias de propagande pensent-ils qu’ils vont retourner l’opinion en reprenant en une les mêmes pathétiques arguments de langage usés à la corde (France inter : « La manifestation des Gilets Jaunes gâchée par les casseurs ») ? Faut-il leur rappeler qu’au lendemain du 24 novembre, autre journée fertile en violences, le soutien de la population aux Gilets Jaunes bondit de 7 points à 84% d’opinions favorables (sondage Odoxa pour le JDD) ?

Ces mêmes médias, espèrent-ils vraiment inverser cette approbation populaire massive en montrant en boucle les images de ce policier rattrapé et molesté par les émeutiers ? Faut-il leur rappeler que celui-là au moins put repartir en courant sur ces deux jambes quand tant de manifestants finirent ensanglantés sur des brancards en ambulance.

Il s’agit d’une RÉVOLUTION, pas d’une partie de plaisir, ni d’un défilé CGT planplan entre Bastille et République

Va-t-on s’émouvoir du sort de cet autre policier criant son ras-le-bol de  « s’en prendre plein la gueule » ? Faut-il qu’on ressorte à ce policier les images de tous ces manifestants blessés par les coups de matraques délivrés par lui-même et ses collègues, mutilés par leurs tirs tendus de flashballs ?

Toutes ces réactions hors sol montrent à l’évidence que leurs auteurs n’ont strictement rien compris à la nature de l’évènement. Il s’agit d’une RÉVOLUTION, pas d’une partie de plaisir, pas d’un défilé CGT planplan entre Bastille et République !

Les forces de l’ordre doivent-elles s’étonner que les émeutiers s’en prennent aux défenseurs de l’ordre qu’ils veulent précisément renverser ? Et si la population dans son immense majorité maintient son soutien aux Gilets Jaunes malgré les violences, c’est parce que ceux ci expriment la colère, et peut-être aussi les aspirations, d’une population à bout de patience. Les insurrections deviennent des révolutions réussies quand les populations prennent le parti des insurgés contre un ordre détesté.

Le choix restant au pouvoir et à son dernier quarteron de défenseurs est désormais des plus simples : ou prendre acte de la situation et partir, ou s’obstiner en passant à la vitesse de répression supérieure, en sortant les fusils par exemple, comme le suggère à demi-mot le policier excédé.

Ce sera alors un carnage et le sang qui coulera ne sera pas seulement celui des Gilets Jaunes, mais aussi probablement celui de ministres, des journalistes de cour et de policiers. Est-ce vraiment à cette tragique extrémité que le pouvoir veut arriver ?

source: yetiblog.org

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