Carlos Ghosn rejoint les rangs des dirigeants d'entreprises accusés de malversations financières

21-11-2018 tlaxcala-int.org 5 min #148570

 Carol Matlack

Le président Nissan Motor Co. Carlos Ghosn, arrêté au Japon pour infractions financières présumées et qui risque d'être démis de ses fonctions, devrait rejoindre le club malheureux des grands chefs d'entreprise accusés d'abuser de leurs postes hautement rémunérés pour leur profit personnel.

Ghosn et Macron à l'usine Renault de Maubeuge, dans le nord de la France, le 8 novembre 2018

L'homme de 64 ans est accusé d'avoir sous-déclaré ses revenus et d'avoir utilisé les actifs de l'entreprise à des fins personnelles, selon une déclaration de Nissan. Ghosn a acquis un statut quasi légendaire dans l'industrie automobile en sauvant Nissan de l'effondrement et en forgeant une alliance avec Renault SA et Mitsubishi Motors Corp. Il n'a pas répondu aux appels demandant des commentaires.

Comme le montrent les exemples suivants, de telles affaires judiciaires se terminent rarement bien pour les dirigeants accusés :

Rodrigo Rato, ancien président de la banque espagnole Bankia SA, a commencé à purger une peine de 4 ans et demi de prison en octobre, après avoir été condamné pour détournement de fonds de la société. Lui et 63 autres dirigeants de Bankia et de la caisse d'épargne Caja Madrid avaient utilisé leurs cartes de crédit d'entreprise pour amasser quelque 12 millions d'euros (13,8 millions de dollars) de dépenses personnelles. M. Rato, ancien directeur général du Fonds monétaire international, a présenté des excuses pour ce que l'on a appelé le système des Cartes noires.

Martin Sorrell, ancien PDG du géant londonien de la publicité WPP Plc, a démissionné en avril dernier de la société qu'il a fondée et dirigée pendant trois décennies à la suite d'une enquête sur des allégations d'inconduite personnelle et de détournement d' actifs de la société, notamment des allégations selon lesquelles il aurait utilisé des fonds de WPP pour payer des services sexuels. M. Sorrell a nié tout acte répréhensible et l'entreprise n'a pas divulgué les détails des allégations, invoquant un accord de confidentialité.

John Visconti, ancien PDG de la société de services de paie hollywoodienne Axium International, aujourd'hui en faillite, a été reconnu coupable, avec un complice, d'avoir reçu plus de 5 millions de dollars de l'entreprise et de ne pas avoir déclaré les revenus à l'Internal Revenue Service, le service des impôts US. Il a été condamné en 2017 à deux ans de prison et à payer 1,75 million de dollars à l'IRS.

Lee Kun-hee, président de Samsung Electronics Co. a été reconnu coupable en 2009 d'évasion fiscale en mettant de l'argent sur des comptes bancaires au nom d'autres personnes. Il a été gracié, mais l'affaire fait à nouveau la une de l'actualité, après que la police sud-coréenne eut découvert cette année 260 nouveaux comptes sous les noms de 72 dirigeants de Samsung, hébergeant environ 400 milliards de won (354 millions de dollars, 310 millions d'€) d'actifs appartenant à Lee.

L. Dennis Kozlowski, ancien PDG du fabricant de systèmes de sécurité et de détection d'incendie Tyco International Ltd. a été reconnu coupable en 2005 aux USA d'avoir volé l'entreprise au moyen de primes non autorisées et de gains boursiers gonflés. Il a utilisé le produit de la vente pour financer un style de vie somptueux, dont un appartement à 30 millions de dollars sur la Cinquième Avenue de New York et un porte-parapluies à 15 000 $. Il a fait plus de huit ans de prison.

Courtesy of  Tlaxcala
Source:  bloomberg.com
Publication date of original article: 19/11/2018

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