Élections Brésil - Bolsonaro au pouvoir avec « Dieu au dessus de tout ».

29-10-2018 27 articles mondialisation.ca 8 min #147581

Dimanche le 28 octobre 2018, Jair Bolsonaro vient d'être déclaré le nouveau président du Brésil. Il remplacera officiellement le président actuel, Michel Temer, le 1er janvier 2019. Désormais l'extrême-droite est au pouvoir avec « Dieu au dessus de tout ». Jair Bolsonaro, le capitaine de 63 ans, a remporté la victoire avec 55,5% des votes contre 44,5% pour Fernando Haddad.

Le Brésil demeure divisé alors que Bolsonaro l'a emporté dans 15 états, dominant toutes les régions sauf le Nord-Est et l'état du Para (Nord) qui sont demeurés fidèles au candidat du PT. Haddad a conquis 11 états lors du deuxième tour. Sao Paulo (67,97% des votes) et Rio de Janeiro (67,95%) sont des états majoritairement bolsonaristes. (source :  em.com) La géographie électorale est demeurée sensiblement la même qu'au premier tour pour l'ensemble des états.

L'annulation du vote a fortement augmenté au cours de ces élections : 7,4% des Brésiliens (augmentation de 60% par rapport à l'élection de 2014 ont annulé. «  En tout, 42 millions de Brésiliens n'ont choisi aucun candidat » (30% de la population). »(incluant les abstentions, les votes annulés et en blanc)

Cette campagne électorale s'est traduit par des comportements haineux de la part des partisans de Bolsonaro, la peur de l'autre, l'incertitude et la colère de plusieurs. Les réseaux sociaux ont également joué un rôle fondamental dans cette campagne. Une période électorale n'a jamais été aussi « émotionnelle » selon beaucoup de Brésiliens, particulièrement ceux qui ne voulaient surtout pas voter pour LUI (Bolsonaro). Des familles, des amis, des collègues de travail se sentaient divisés entre eux alors que l'extrême-droite-droite prenait de l'avance dans les intentions de vote. De plus, le débat politique entre les candidats a été inexistant puisque Bolsonaro a refusé de débattre ses idées avec le candidat du PT, Fernando Haddad.

Après l'annonce de sa victoire Jair Bolsonaro a lu un discours en se disant pour « la démocratie et la liberté » et pour le respect de la Constitution. Mais Dieu aura-t-il un rôle à jouer dans ce gouvernement? Bolsonaro a mentionné plusieurs fois le nom de « Dieu »,avec les mêmes expressions utilisées lors de sa campagne, comme « Dieu au dessus de tout. » Le nouveau président (évangélique) a prononcé son discours de sa maison à Barra Tijuca à Rio de Janeiro en commençant ainsi :

Vous saurez la vérité et la vérité vous rendra libre. Je ne me suis jamais senti seul, j'ai toujours ressenti la présence de Dieu et la force du peuple brésilien, des prières d'hommes, de femmes, d'enfants et de familles entières qui, devant la menace de suivre un chemin qui n'est pas ce que les Brésiliens veulent et méritent, Le Brésil avant tout. Je fais de vous mes témoins en disant que ce gouvernement sera un défenseur de la Constitution, de la démocratie et de la liberté. Ceci est une promesse non pas d'un parti, ce n'est pas la parole de l'homme, c'est un serment à Dieu. La vérité libérera ce grand pays et nous transformera en une grande nation. La vérité fut le phare qui nous a guidés ici et continuera à éclairer notre chemin. ( Discours de Jair Bolsonaro)

La fin de son discours a été suivi d'une prière récité par le sénateur Magno Malta (PR-ES). Jair Bolsonaro était entouré de ses partisans et un noir avec le t-shirt jaune se tenait debout à l'arrière de celui-ci, comme si on voulait faire oublier le racisme du nouveau président. L'élection de Bolsonaro renforce ainsi l'influence des évangéliques au sein du pouvoir.

Au sujet de l'économie, on peut s'attendre à des négociations prochaines avec les créanciers, le FMI et Washington. Éliminer la dette publique à tout prix...

L'emploi, les revenus et l'équilibre fiscal font partie de notre engagement en nous rapprochant des opportunités et en travaillant pour tous. Nous briserons le cercle vicieux de la croissance de la dette pour le remplacer par le cercle vertueux de la réduction des déficits, de la réduction de la dette et de la baisse des taux d'intérêt. Cela stimulera les investissements, la croissance et la création d'emplois. Le déficit public primaire doit être éliminé le plus rapidement possible et converti en excédent, tel est notre objectif. ( Discours de Jair Bolsonaro)

Le gourou du président, Paulo Guedes, a déjà été nommé le futur ministre des finances. Guedes envisage la privatisation massive des entreprises d'état. Il prétend mettre à la fin de la crise économique. Cependant il est certain que de nouvelles mesures d'ajustement structurel risquent de fracasser davantage l'économie nationale et le Brésil pourrait connaître une crise beaucoup plus profonde.

Bolsonaro a indiqué qu'il avait l'intention de proposer l'indépendance de la Banque Centrale, « ce qui donnerait plus de liberté pour définir l'ensemble de la politique monétaire du pays. » ( nexojournal) L'indépendance de la Banque Centrale pourrait se résumer à un contrôle total de l'extérieur, soit Washington. À suivre de près...

Bolsonaro a terminé son discours en évoquant une fois de plus le nom de Dieu :

Nous sommes un grand pays et maintenant nous allons, ensemble, transformer ce pays en une grande nation, une nation libre, démocratique et prospère. Le Brésil avant tout et Dieu au dessus de tous. (Brasil acima de tudo e Deus acima de todos.) ( Discours de Jair Bolsonaro)

Les Brésiliens qui ont voté « EleNao », Non, Pas Lui, ont vécu ce moment historique, élection d'un gouvernement d'extrême-droite, comme une défaite pour la véritable démocratie, celles de tous les Brésiliens. Les Brésiliens devront s'organiser de nouveau et créer de nouvelles forces face à l'État qui a pris un virage radical vers la droite (voire extrême-droite). Les Brésiliens, les activistes et tous les mouvements sociaux devront continuer leurs luttes et la résistance.

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newsnet 18/10/29 10:45

jour de deuil mondial
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Auto-destruction, par Vasco Gargalo, Portugal

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30-10-2018 legrandsoir.info 3 min #147631

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RÉPUBLIQUE SOCIALE

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30-10-2018 mondialisation.ca 2 min #147636

« Plus de livres, moins d'armes », les Brésiliens votent un livre sous la main

"Mais livros, menos armas", « Plus de livres, moins d'armes » est un mouvement qui a commencé lors de la campagne du candidat à la présidentielle Fernando Haddad (PT) qui mettait l'accent sur l'éducation et l'importance du livre. Haddad avait déclaré qu'il voulait que les Brésiliens aient « un livre dans une main et un permis de travail officiel dans l'autre main ("com um livro em uma mão e uma carteira de trabalho assinada na outra").

30-10-2018 reseauinternational.net 9 min #147651

La tristesse n'est pas seulement brésilienne

par Gustavo Veiga

L’extrémiste de droite Jair Bolsonaro a été le premier président brésilien élu sans le vote de la population la plus pauvre, mais il a aussi gagné : 55 % contre les 45 % de Fernando Haddad, le candidat de Lula. Comme s’il était en pleine guerre froide, il promettait de combattre « le communisme, le socialisme et le populisme ».

30-10-2018 francais.rt.com 6 min #147676

L'enthousiasme de la Bourse brésilienne pour Bolsonaro retombe en attendant le programme

Source: Reuters

A Sao Paulo, la bourse a salué par anticipation l'élection de Jair Bolsonaro, mais immédiatement reculé, dans l'attente de précisions sur son programme économique. Des privatisations et une réforme des retraites sont attendues.

L'euphorie de la Bourse de Sao Paulo qui, vers la fin de la semaine dernière, le 26 octobre, avait précédé l'annonce des  résultats de l'élection présidentielle est retombée le 29 en fin de séance.

31-10-2018 medelu.org 12 min #147681

Bolsonaro, un produit de la crise démocratique initiée par la droite brésilienne

FIGAROVOX. - Jair Bolsonaro a été élu ce dimanche à plus de 55 % des voix. Comment expliquer cette victoire ?

Christophe VENTURA. - Les ressorts de cette élection ne sont pas neufs, car en réalité l'accession de Bolsonaro à la présidence du Brésil est la matérialisation et l'approfondissement d'une crise multiforme engagée depuis plusieurs années et dont il exprime une des réponses possibles.

31-10-2018 cadtm.org 3 min #147694

#pas lui, pas maintenant, jamais - Déclaration après l'élection de Jair Bolsonaro

Nous voulons exprimer notre soutien et notre solidarité à tous les mouvements, aux militant·e·s, aux communautés marginalisées du Brésil qui se réveillent ce matin dans le cauchemar de Jair Bolsonaro élu président.

Aucun mandat électoral ne rend acceptable ou démocratique le fait d'accéder au pouvoir par la démonisation des adversaires, l'utilisation de l'étiquette « terroriste » pour discréditer les mouvements sociaux et les menaces sur les droits et les libertés des citoyen·ne·s désignés comme boucs émissaires des problèmes causés par l'économie mondialisée.

01-11-2018 lesakerfrancophone.fr 14 min #147714

Bolsonaro : pièce maîtresse dans le jeu de Trump pour construire la «Citadelle Amérique»

Par Andrew Korybko - Le 29 octobre 2018 - Source  eurasiafuture.com

L'élection de Jair Bolsonaro en tant que prochain président du Brésil constitue une étape importante dans les projets de Trump d'édifier une « Citadelle Amérique » pour bétonner l'influence hégémonique américaine sur l'hémisphère occidental, en repoussant pas à pas la présence chinoise en Amérique latine.

01-11-2018 tlaxcala-int.org 13 min #147726

Des mots pour tisser des plans : nous autres, femmes noires, savons quoi faire au Brésil

 Blogueiras Negras Blogueuses Noires

Une belle image a circulé sur les réseaux sociaux le soir du deuxième tour de l'élection présidentielle : "Personne ne lâche la main de personne." Le grand legs des élections est un vaste réseau pour le droit à la vie, mais aussi pour la terre, le logement, l'éducation, la santé, la sexualité, les corps.

02-11-2018 tlaxcala-int.org 8 min #147745

Brésil : le renvoi du mytho

 Pedro da Nóbrega

Les précautions oratoires de l'aréopage politico-médiatique occidental sur l'élection du candidat d'extrême-droite lors de la présidentielle au Brésil sont à rapprocher du silence « monastique » observé par ces mêmes secteurs lors de l'entre-deux tours, qui dure trois semaines au Brésil, sur les risques que courait le plus grand pays d'Amérique Latine de se doter d'un Président d'extrême-droite.

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