Autriche : la semaine de 60 heures voulue par Sebastian Kurz suscite de vives oppositions

13-10-2018 francais.rt.com 4 min #146971

© Dmitri Lovetsky / POOL Source: AFP

Les syndicats se sont mobilisés en Autriche pour protester contre la réforme qui permet d'augmenter la durée maximale du travail, qui entérine la posture libérale du gouvernement conservateur de Sebastian Kurz et de ses alliés du FPÖ.

C'est une réforme dans la droite ligne des politiques libérales qui a dû mal à passer en Autriche : le 12 octobre à Vienne, à l'appel du syndicat ÖGB, plusieurs centaines de manifestants ont protesté contre l'allongement de la durée maximale de travail quotidien, ainsi que le rapporte  Libération. «Normalement, nous ne descendons pas tout de suite dans la rue», explique l'eurodéputée social-démocrate Evelyn Regner citée par le quotidien, «mais ce que le gouvernement fait actuellement, c'est une claque dans la figure. Ils détruisent le système autrichien du partenariat social».

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Kommt auf den Schwarzenbergplatz und sagt #Neinzum12StundenTag! Wir berichten live auf facebook.com #12StundenTag #Arbeitszeit

Entrée en vigueur en septembre, cette réforme induite par une loi dite de flexibilisation permet en effet aux patrons autrichiens de demander à leurs employés de travailler jusqu'à 12 heures par jour et 60 heures par semaine, contre 10 et 50 auparavant. Une réforme qui ne s'est pas fait sans heurts, divisant au sein même de la coalition gouvernementale du conservateur Sebastian Kurz, qui dirige le pays avec le Parti de la liberté (FPÖ). Contrairement aux usages en Autriche, le gouvernement a décidé d'élaborer le texte sans négociation préalable avec les représentants des travailleurs, crispant les syndicats et même certains conservateurs qui n'ont pas apprécié la méthode.

Lors de débats houleux autour du projet cet été, deux responsables du FPÖ ont d'ailleurs remis leur démission, dénonçant la «politique antisociale» du gouvernement. La grogne était telle au sein du FPÖ que la notion de «volontariat» a finalement été ajoutée au texte à la dernière minute, à l'initiative des ministres du parti de droite. Une bien maigre concession qui n'a pas empêché près de 80 000 personnes de défiler dans les rues de Vienne le 30 juin dernier pour crier leur colère.

Et si la mobilisation d'octobre n'est pas comparable, c'est aussi parce que le 1er juillet, constatant l'ampleur du mouvement populaire, le gouvernement a décidé d'avancer la mise en application du texte à septembre, alors qu'elle était initialement prévue pour janvier 2019. Une manière de couper l'herbe sous le pieds aux syndicats, ne leur laissant pas le temps de s'organiser, mais aussi de couper court à toute discussion interne sur le texte entre conservateurs et FPÖ. Une séquence qui risque de laisser des traces au FPÖ, dont le chef se félicitait encore le 1er mai, d'être à la tête du «nouveau parti des travailleurs».

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