Les doigts de l'homme et du concitoyen : Satire ouverte à l'attention de Michel Onfray !

13-10-2018 reseauinternational.net 11 min #146949

« Si le destin n’est pas orienté par une valeur supérieure, si le hasard est roi, voici la marche dans les ténèbres, l’affreuse liberté de l’aveugle. » Albert Camus (L’homme révolté)

Michel, en écoutant tes conférences à la radio il y a de cela une vingtaine d’années, tu m’avais donné l’envie de me plonger à corps éperdu dans l’oeuvre de Nietzsche, ce sémaphore de la pensée psychologique occidentale, ce cher Philosophe au marteau qui m’aura offert la possibilité de revenir dans le monde des vivants et de trouver un sens à ma vie, pour ainsi, accomplir une extraordinaire odyssée après que j’aie été victime d’une apocalypse cérébrale en 1995.

Je viens de lire « ta lettre ouverte au Président Manu » sur le doigté et son fondement !

Et pourtant, « un homme ça s’empêche » écrivais-tu dans le livre que tu consacras à Camus en citant la phrase que le père de l’ illustre philosophe français aurait prononcé à son fils. N’as tu pas encore intégré que le sieur Macron n’est qu’une « marionnette» aux ordres « des maîtres de l’immonde »*. Ne vois tu pas que quoi que l’on fasse, les dés sont pipés d’avance, que l’univers que nous connaissons est sur le point de passer de vie à trépas, qu’il convulse en toute synchronicité avec la planète. Pendant que le sage désigne notre satellite avec son index, le philosophe et le président ergotent et se chicanent sur une question de doigts de l’homme et du concitoyen dans la lune ! Le monde intellectuel est décidément tombé bien bas, je me permettrais de dire cul par dessus tête, mais n’est-ce pas là l’aboutissement inéluctable d’une époque de totale inversion des valeurs et de zombification des esprits qu’avaient pourtant prophétisé les plus grands penseurs des siècles passés.

N’étais-ce pas l’illustre physicien David Bohm qui avait dit que « A l’origine, la science est une philosophie. Aujourd’hui, on croirait plutôt qu’elle ressort d’une espèce de technique. Notre monde moderne est tout entier en train de se ramener à des techniques et cela supprime la signification de toutes choses. Les gens sont progressivement tombés dans ce piège et ont expliqué que tout ce qui n’est pas technique serait sans importance. Vous pouvez vous rendre compte de cette évolution historique de l’idéologie dominante. Mais on ne peut pas en déduire que cette thèse soit une vérité absolue. »

Si avec tes condisciples, pour l’amour de la sagesse et de la vérité, vous décidiez de mettre à jour votre logiciel intellectuel, si vous intégriez enfin le monde de l’infiniment petit à votre pensée formatée par des idéologies et des concepts surannés, votre courte vue changerait du tout au tout, elle s’ouvrirait à d’autres champs des possibles, à d’autres dimensions … alors vous prendriez conscience que nous sommes tous inter-reliés et interconnectés par le monde quantique, ce qui vous offrirait des perspectives de pensée inimaginables ! Il y a quelques années, j’avais lu Flatland, une manière de satire écrite par un théologien anglais du 19ème siècle dans laquelle les habitants d’une planète à deux dimensions se figurent détenir la vérité absolue alors qu’un univers en 3D qu’ils refusent de concevoir leur tend les bras… ** Eh bien, voilà l’état des lieux de notre monde de plus en plus à coté de la plaque, un monde aveugle et à la dérive du fait de l’hubris des hommes, de cette soif inextinguible de puissance et de démesure qui a progressivement détourné notre humanité des problèmes fondamentaux jusqu’à atteindre le stade d’entropisation actuel, bref, un Monde qui ne contrôle plus rien ni personne malgré ou à cause de la « Big- Brotherisation » généralisée. Et pourtant, en adoptant un autre mode de pensée, une pensée en dehors des sentiers battus, j’ai prouvé que nous pourrions être en mesure d’accomplir des quasi-miracles, et même si je sais que la marche de notre destinée collective est inexorable, que le monde du matérialisme doit aller au bout de sa logique destructrice mortifère et malgré le fait que je sois plus que révolté à me dire que je suis revenu du diable Vauvert pour être de nouveau précipité sous le spectre d’une nouvelle épée de Damoclès, la menace d’un anéantissement collectif cette fois-ci, j’en suis arrivé à l’intuition prégnante que nos temps totalement hallucinants de non sens sont un passage obligé et une expérience nécessaire destinés à nous faire enfin prendre conscience de notre nature spirituelle innée. C’est pourquoi, il faut raison garder et son popotin serrer pour reprendre la métaphore lunaire, mais plus que tout autre chose, nous devrons nous entraider et nous aimer les uns les autres, car seul l’amour pourra sauver notre humanité. « Rien de ce qui s’accomplit dans le Monde n’est inutile et l’erreur et la confusion ne sauraient jouir que d’un triomphe trompeur et éphémère … la Vérité et la Lumière triompheront de toute éternité sur le mensonge et l’obscurité.»***

Patrice Sanchez

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Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir »:

Oui, mes amis, il est temps de montrer son dégoût pour ce qui concerne tout le bavardage moral des uns sur les autres. Rendre des sentences morales doit nous être contraire. Laissons ce bavardage et ce mauvais goût à ceux qui n’ont rien de mieux à faire qu’à traîner le passé, sur une petite distance, à travers le temps, et qui ne représentent eux- mêmes jamais le présent, à beaucoup donc, au plus grand nombre ! Mais nous autres, nous voulons devenir des hommes uniques, incompa- rables, ceux qui se donnent leurs propres lois, ceux qui se créent eux- mêmes ! Et, pour ce, il faut que nous soyons de ceux qui apprennent et découvrent le mieux tout ce qui est loi et nécessité dans le monde : il faut que nous soyons physiciens, pour pouvoir être, en ce sens-là, des créateurs, tandis que toute évaluation et tout idéal, jusqu’à ce jour, fut basé sur une méconnaissance de la physique, en contradiction avec elle. C’est pourquoi : vive la physique ! Et vive d’avantage encore ce qui nous contraint vers elle, notre loyauté !

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Hervé Zwirn (physicien et épistémologue)

Depuis l’Antiquité, science et philosophie allaient de pair. Mais, au XXe siècle, les liens entre ces deux domaines de pensée se sont considérablement distendus. Hervé Zwirn nous explique pourquoi il est urgent de restaurer le dialogue entre chercheurs et philosophes.

La science et la philosophie étaient autrefois indissociables. Aristote était à la fois physicien, logicien et philosophe. Plus près de nous, Descartes, Pascal et Leibniz sont aussi importants pour leur apport philosophique que pour leurs découvertes mathématiques. Plus récemment encore, Poincaré a été mathématicien, physicien et philosophe. Mais les liens entre ces deux champs de pensée se sont largement distendus durant le XXe siècle. À tel point qu’on peut dire aujourd’hui qu’une certaine méfiance, sinon une hostilité, s’est instaurée entre scientifiques et philosophes. Les premiers reprochent aux seconds de ne pas connaître leur discipline ; les seconds considèrent que les premiers ne savent prendre aucun recul par rapport à leurs calculs.  lejournal.cnrs.fr

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Philippe Guillemant (ingénieur physicien)

La science ignore toujours aujourd’hui l’incroyable défi pour la raison humaine que représentent les observations crédibles de nombreux phénomènes inexpliqués, parmi lesquels les coïncidences remarquables d’événements parfois reliés par un sens. Leur synchronisme étrange exige la recherche de causes physiques tout en ne laissant aucune possibilité d’explication causale. Leur forte improbabilité nous impose de conclure qu’elles n’ont pas pour origine un hasard dû à notre ignorance des causes.

La pensée rationnelle actuelle ne sait y répondre qu’en invoquant le hasard ou la subjectivité de l’observateur, nous rappelant sans cesse qu’il est tout à fait normal que des événements improbables se produisent de temps en temps…

Ceci peut effectivement expliquer une partie des observations, mais à bien se pencher sur les plus improbables et mieux encore, à découvrir que l’on peut soi-même en provoquer, force est de conclure que les mettre systématiquement sur le compte du hasard relève au mieux de l’ignorance ou d’une méconnaissance des lois de la statistique. Cela relève au pire d’une foi aveugle dans le caractère abouti d’une science qui, parce qu’elle est fondée sur des équations, a besoin de conserver quatre dogmes pourtant largement contestés : le déterminisme (temporel), le matérialisme (du modèle standard), la causalité stricte et le hasard fondamental (quantique).

 guillemant.net

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* Le cassandre Attali nous a suffisamment fait comprendre que la finance mène le monde dans ses oracles des dernières années !

**FLATLAND, 4ème de couverture : Les personnages de cette allégorie sont des figures géométriques : triangles isocèles, carrés, polygones, cercles… Dans leur monde plat, en deux dimensions, ces figures sont très hiérarchisées et ont des coutumes et des croyances bien ancrées. Aussi, quand un modeste carré doté d’une conscience découvre la troisième dimension lors de l’apparition soudaine et invraisemblable d’une sphère, on crie à l’hérésie. Tout à la fois critique de la rigidité de la société victorienne et texte fondateur de la science-fiction, Flatland aborde la question troublante de la possibilité d’une quatrième dimension spatiale. Edwin Abbott Abbott (1838-1926) : Professeur et théologien anglais

*** René Guénon (La crise du monde moderne)

J’avais édité il y a deux ans chez l’Harmattan : « Renaissance d’une apocalypse cérébrale » ou mon odyssée sous le soleil de Zarathoustra et sous les bons auspices du philosophe Pierre Héber-Suffrin.

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