La Grande-Bretagne est plus un Etat fictif qu'autre chose

12-10-2018 reseauinternational.net 10 min #146922

Par Grete Mautner

Les mensonges flagrants sont depuis longtemps une caractéristique du système politique britannique. Les méthodes éprouvées de Whitehall pour manipuler le grand public sont utilisées pour détourner l’attention de sujets cruciaux. Mais ce qui est encore plus curieux, c’est qu’à l’intérieur des bunkers de Whitehall, où ils proposent leurs propres définitions de telles manipulations, il existe même un terme pour ce type de propagande. Ils appellent cela un « term of art ».

Cela ne serait guère surprenant de rappeler que les oligarchies britanniques modernes sont issues des propriétaires d’esclaves et des pirates de haute mer d’hier, pour qui la tromperie n’était qu’un outil de leur commerce. Nous ne devons pas oublier que des millions de personnes sont mortes dans les guerres déclenchées par le Royaume-Uni. On se souvient que seule une poignée de Tasmaniens autochtones a échappé au massacre perpétré par les Anglais au 19ème siècle. En moins de deux décennies de présence militaire britannique au Bengale, la population de la région a diminué de près de 20 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population autochtone de la région.

Et il ne semble pas que les choses aient beaucoup changé dans la manière dont Londres opère sur la scène internationale, alors qu’elle continue de porter des accusations douteuses contre Moscou pour son implication présumée dans l’incident de Salisbury. Avant cela, elle avait  tenté  d’empêcher les amateurs de sport britanniques de se rendre en Russie pour assister à la Coupe du monde de football 2018 en affirmant qu’il s’agissait d’un endroit terrible et dangereux à visiter. Certes, ces accusations ont été démenties par ces fans qui ont osé faire le voyage mais aucune excuse n’a été faite à la Russie par Londres.

Mais pourquoi s’embêter à présenter des faits avant de formuler des accusations réelles, puisque le Telegraph pouvait tout aussi bien  annoncer   que le directeur général de BP avait été empoisonné dans un complot censé avoir été orchestré par les services de sécurité russes ?

Pour donner à cette publication un air de crédibilité, les médias allaient présenter des « révélations » faites par l’ancien employé de BP, Illya Zaslavsky, qui a annoncé que les élites russes voulaient démettre Bob Dudley du poste de président du groupe de BP, en l’empoisonnant « lentement » avec des aliments. Le seul problème avec les affirmations de Zaslavsky est que Dudley lui-même est en parfaite santé et continue de travailler en étroite collaboration avec la Russie. En effet, après sa visite à Moscou en février dernier, Dudley a qualifié ses contacts avec le russe Rosneft d’exceptionnels, malgré l’aggravation des tensions géopolitiques dans le monde.

Afin de fournir aux citoyens britanniques des informations encore plus fausses, le Guardian publiera à son tour  un article plein d’allégations selon lesquelles Moscou discuterait avec les représentants de Julian Assange de son aide dans le cadre de son plan d’évacuation. Cependant, ces affirmations n’ont pas été confirmées par qui que ce soit.

Toutefois, les médias britanniques ne sont pas les seuls engagés dans des campagnes de désinformation. Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a récemment  déclaré à Sky News qu’il avait eu une discussion « dure » avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, en marge d’une Sommet des Nations Unies à New York. Selon Hunt, il a laissé entendre à Lavrov qu’il y avait de fortes chances pour une confrontation militaire directe entre la Russie et le Royaume-Uni, tout en ajoutant que Moscou paierait un prix diplomatique élevé pour ses fautes alléguées. Le seul problème de ces affirmations est qu’il n’y a pas eu de rencontre directe entre Lavrov et Hunt lors du récent sommet des Nations Unies à New York, ce qui a été officiellement confirmé par le ministère russe des Affaires étrangères.

Nous devrions être surpris par l’obsession des élites britanniques pour tout ce qui est faux, quand on sait que la reine Elizabeth II a une machine lui permettant de faire croire qu’elle  agite la main  lorsque son bras est fatigué lors cérémonies royales. Il n’est donc guère surprenant que, pour soutenir ses mensonges, le gouvernement britannique emploie directement des milliers de personnes dans la propagande et les activités connexes pour déformer et tromper.

Mais, franchement, si vous êtes capable de déclencher des guerres sous un faux prétexte, vous pourriez aussi bien vous battre à l’aide de fausses armes. Ainsi, l’outil britannique ADE 651, que Londres exhorte les autres à utiliser pour scanner les effets personnels des djihadistes, est supposé aider les spécialistes des explosifs à détecter à distance toutes sortes d’explosifs et métaux précieux à partir d’une antenne télescopique. Cependant, il est peu probable qu’il y ait des cartes électroniques à l’intérieur de l’appareil – au mieux, c’est une imitation d’un scanner. Mais cela n’a pas empêché la Grande-Bretagne de commercialiser ce produit sur le marché international à un prix de 60 000 dollars l’unité. Le Gouvernement irakien, en particulier, a acquis plus de 1 500 unités d’ADE 651 pour les besoins de sa police fédérale et de l’armée, étant donné que ces organes sont engagés en permanence dans de lourdes activités antiterroristes. ADE 651 est l’idée de la société britannique ATSC, et son inventeur James McCormick purge actuellement une peine de dix ans de prison. Pour empirer les choses, les activistes de diverses organisations terroristes sont conscients des propriétés de ce savoir-faire britannique et continuent de se moquer des forces de l’ordre irakiennes pour l’acquisition de cet appareil.

Comme l’a récemment  rapporté  un professeur de sociologie à l’Université de Bath et de l’ESRC, David Miller, l’office britannique des statistiques nationales pour 2017, montre que le nombre de personnes travaillant dans la «communication» dans les départements du gouvernement central, les agences exécutives et organismes publics non ministériels, s’élève à 3 450 personnes. Il est clair que ces chiffres sont sous-estimés pour diverses raisons. Par exemple, les 490 employés du ministère de la Défense ne semblent pas représenter les personnes qui travaillent dans les médias au sein des forces armées elles-mêmes. En 2007, par exemple, le personnel total du ministère de la Défense s’élevait à plus de 1 000 personnes, mais cela « exclut de nombreux militaires impliqués dans les communications ».

Les chiffres – comme l’Office National des Statistiques l’a confirmé – ne font pas non plus état des chiffres inconnus de ceux qui travaillent pour les agences de renseignement. Le MI5 et le MI6 ont très probablement tous deux d’importants groupes d’employés qui travaillent sur la propagande, que la  » communication  » figure ou non dans le titre officiel de leur poste. La période contemporaine est en effet une période où beaucoup plus de gens qu’au cours des deux décennies précédentes sont plus confiants quant à leur existence en dehors de la  » bulle filtrante  » évoquée par le gouvernement, les marchands de peur et les médias traditionnels.

 Source :  journal-neo.org

Traduction  Avic Réseau International

 reseauinternational.net

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