Retraite : le big bang est lancé

12-09-2018 histoireetsociete.wordpress.com 4 min #145581

et pendant ce temps là...vues les grandes manoeuvres pour les élections européennes, est-ce que je vais terminer sur une liste commune avec Julien Dray, tandis que melenchon retournera « à la maison », tous d'accord avec ces réformes concotées dans leur chère europe? (note de danielle Bleitrach)

C'est une réforme silencieuse mais qui pourtant est en train de se préciser. Une soixantaine de réunions se sont déjà tenues, depuis le coup d'envoi de la concertation, entre Jean-Paul Delevoye, le Haut Commissaire à la réforme des retraites et les organisations syndicales. Tous vont être réunis mi-octobre pour une réunion multilatérale pour un premier point d'étape et selon les responsables syndicaux, plusieurs points sont d'ores et déjà acquis.

L'exécutif n'a visiblement rien lâché de ses ambitions. Il veut bel et bien créer un système universel unique pour tous. C'est donc bien un système à points assis sur l'ensemble de la carrière qui va être mis en place. Concrètement donc, les pensions ne seront plus calculées sur les 25 meilleurs années pour les salariés du privé et encore moins sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires mais sur tous les revenus acquis depuis le début de la carrière.

« Cela va mécaniquement faire baisser l'ensemble des pensions, particulièrement celles des fonctionnaires » s'insurge un haut responsable syndical qui explique : « même si en contrepartie les primes des fonctionnaires - qui jusqu'ici n'étaient pas prises en compte - vont être intégrées dans le calcul de la retraite, il y aura énormément de perdants comme par exemple les enseignants qui touchent

L'exécutif ne touchera pas à l'âge légal

Pour ne pas enflammer encore un peu plus un débat qui s'annonce déjà explosif, l'exécutif va en revanche s'en tenir à sa promesse : il ne touchera pas à l'âge de départ légal, qui restera fixé à 62 ans. Il s'agira désormais d'un âge pivot : ceux qui veulent partir en retraite avant cet âge se verront appliquer une décote.

Retour à la charge sur les pensions de réversion

Malgré tous ses efforts pour éteindre la polémique, l'idée de modifier le système actuel des pensions de réversion, c'est à dire les sommes versés à un conjoint en cas de décès, est bel et bien sur la table. « C'est un système trop complexe, où il y a autant de règles que de régimes. Une femme divorcée perd ou non ses droits en fonction du régime dont elle dépend, ce qui est totalement ubuesque » nous explique une source au coeur du dossier.

Le gouvernement veut donc à la fois harmoniser les règles et instaurer un plafond de ressources. Un haut responsable syndical explique : du côté de Bercy la tentation est grande, car les pensions de reversions coûtent 36 milliards d'euros, soit 12% de l'ensemble des dépenses liées aux retraites. Dans ce contexte, certains responsables syndicaux commencent à s'inquiéter de la promesse du gouvernement : faire une réforme à enveloppe constante.

L'executif se donne du temps

Les concertations, qui vont reprendre à la mi-octobre, s'annoncent d'autant plus tendues que les sujets les plus polémiques, comme le devenir des régimes spéciaux - celui de la SNCF notamment- n'ont pas encore été abordés. D'où la volonté de Jean-Paul Delevoye de prendre son temps : les concertations pourraient prendre plus de temps que prévu et déborder sur l'hiver 2019″ a-t-il prévenu.

Caroline MORISSEAU

 histoireetsociete.wordpress.com

 Ajouter un commentaire