Rapa Nui où là on a vécu l'agonie de la vie. Le même scénario est-il réservé à la Biosphère?

07-08-2018 mondialisation.ca 49 min #144410

Nous reproduisons un article de Jules Dufour, géographe, professeur émérite,  décédé le 6 août 2017. Jules avait une très grande préoccupation pour l'avenir de l'humanité et il était fasciné par l'histoire de l'Île de Pâques qu'il avait visité en 2015. Dans cet article est décrit le processus d'extinction à Rapa Nui et examine celui qui préside à la détérioration «lente» des conditions de l'existence actuelle de l'humanité. «Malgré sa très petite superficie, l'histoire de l'île de Pâques est un sinistre avertissement pour l'humanité». Ce texte a initialement été publié le 20 mars 2015.

Île lointaine (figure 1) coiffée de nombreux mystères l'île de Pâques ou Rapa Nui d'une superficie de 166 kilomètres carrés (figure 2) se présente comme un microcosme de notre planète. Isolée dans le sud de l'océan Pacifique à l'instar de la terre dans l'espace sidéral, à 3 700 kilomètres des côtes du Chili et à 2000 kilomètres de l'île Pitcairn, l'île habitée la plus proche, elle est devenue une destination pour tous ceux qui craignent que l'humanité soit entrée à l'intérieur de la 6ième extinction et qui veulent comprendre comment les Rapanui ont vécu ce drame en raison de la raréfaction progressive des ressources vivantes de l'île. La vie entra ainsi en agonie dans un contexte de compétition et ce jusqu'à son quasi épuisement.

Les habitants de l'île, au cours d'une ère d'abondance sculptèrent des statues géantes ou moai représentant les personnages de leurs ancêtres et pouvant être aussi un signe de prospérité et de puissance. Rapa Nui attire encore grandement l'attention des archéologues et des visiteurs en provenance de tous les pays du monde à cause de la présence de ces moai (environ 900) taillés dans le tuf volcanique et d'un poids très élevé (entre 14 et 80 tonnes) qui ont été transportées à partir du volcan Rano Raraku (figure 5) et installées, il y a des centaines d'années, sur des plateformes sacrées (ahû) (figures 6 et 7) par les habitants de l'île alors que ceux-ci ne disposaient d'aucun moyen technique moderne pour le faire. Cette ingéniosité voire cet exploit des pascuans a longtemps intrigué les scientifiques. L'île a été le théâtre d'une ère d'apogée suivie par un déclin de la population insulaire. Ce fut pratiquement l'extinction de tous les habitants.

Dans cet essai, nous décrirons le processus d'extinction à Rapa Nui et nous examinerons celui qui préside à la détérioration «lente» des conditions de l'existence actuelle de l'humanité. À la question très souvent posée «Est-ce que l'espèce humaine est en danger d'extinction ?» nous tenterons d'apporter une réponse: «Pourtant, malgré sa très petite superficie, l'histoire de l'île de Pâques est un sinistre avertissement pour l'humanité». ( eco-action.org).

Figure 1. Localisation de l'Île de Pâques

Source :  plongeur.com

Figure 2. Rapa Nui vue de la navette spatiale

Source : Getaway to The Astronaut Photography of Earth.

En ligne :  eol.jsc.nasa.gov

Figure 3. Vue oblique de Rapa Nui - À l'avant-plan la caldera Rano Kau. En arrière-plan le village de Hanga Roa

Source :  webmail.yannarthusbertrandgalerie.com

Figure 4. Falaises vives - Pente de la caldera Rano Kau - Littoral très difficile d'accès

Source : Cliché de l'auteur (2005)

  1. I. Le processus d'extinction

Les cinq premières extinctions qui ont affecté la terre. Un rappel

«90 à 99 % des espèces ayant existé sur Terre se sont éteintes. La très grande majorité a disparu dans le cadre d'un processus d'extinction normale des espèces, du fait de la durée limitée de l'existence biologique de celles-ci. Cette durée fluctue de un million d'années chez les mammifères, à onze millions d'années dans le cas de certains invertébrés marins. Outre cette disparition normale des espèces, notre planète a connu de nombreuses extinctions rapides du vivant : au cours des 540 derniers millions d'années (MA), une vingtaine de crises plus ou moins intenses se sont ainsi succédées. La plupart sont dues à des éruptions volcaniques majeures comme en témoignent les trapps (empilement de coulées de lave formant des falaises en escaliers)».

«Certaines extinctions ont été massives c'est à dire qu'elles ont entraîné la disparition d'une majorité des espèces. Pourtant, à chaque fois, ces extinctions ont permis l'émergence de nouvelles formes de vie, toujours plus diverses et florissantes. Les extinctions massives jouent donc un rôle déterminant dans la diversification des formes vivantes» ( notre-planete.info).

Voici les principales extinctions massives de la biodiversité qui ont modifié à jamais la vie sur Terre.

1.«La première extinction massive se serait produite à l'Ordovicien-Silurien (444 MA). 85% de la vie marine se serait éteinte. Les causes ne sont pas clairement établies mais depuis plusieurs décennies, la même hypothèse séduit : une importante glaciation aurait entraîné la baisse du niveau des océans. En fait, une équipe de chercheurs a pu déterminer en 2013 que plusieurs glaciations auraient causé l'extinction de la vie marine. Une autre hypothèse est soulevée par Brian Thomas, astrophysicien (Université Washburn) : un rayonnement gamma pourrait avoir atteint la Terre».

2.«La seconde au Dévonien-Carbonifère (365 MA) (Dévonien-Carbonifère) correspondant à une série d'événements qui auraient entraîné la disparition d'environ 70% des espèces animales. Là aussi, ce sont essentiellement les espèces marines qui auraient été touchées : récifs, brachipodes et organismes benthiques. Les causes ne sont pas clairement établies mais une importante glaciation aurait pu entraîner la baisse du niveau des océans».

3.«La troisième qui s'est produite au Permien-Trias (252,6 MA) est sans doute la plus grave extinction massive qu'ait connue la Terre : plus de 90 % de toutes les espèces présentes auraient disparu, aussi bien sur terre que dans les océans. Cette extinction massive s'est déroulée progressivement sur une période de 200 000 ans, avec une forte mortalité concentrée sur 20 000 ans. La biosphère est dévastée : forêts de conifères, fougères arborescentes, amphibiens géants, scorpions de mer, trilobites... ont été décimés...De nombreux enregistrements sédimentaires et géochimiques attestent de perturbations environnementales majeures durant l'ensemble du Trias inférieur (les cinq millions d'années qui suivent l'extinction de masse) : cycle du carbone anormal ; océans acides, appauvris en oxygène et enrichis en gaz carbonique et en sulfures (CNRS, 09/2011)».

«Pendant 20 millions d'années, la Terre reste quasiment stérile et toxique : les océans sont pratiquement dépourvus d'oxygène tout comme l'atmosphère. Quelques espèces survivent dont de petits reptiles très résistants, les diapsides : ils prendront la place des thérapsides (reptiles mammaliens) et formeront la lignée des célèbres dinosaures. Il faudra attendre 30 millions d'années avant de retrouver une biodiversité comparable à celle d'avant la crise. Si la vie a bien failli s'éteindre, cette extinction permet aux nouvelles formes de vie qui suivent de se diversifier d'une manière inégalée. Cette crise marque la fin de l'ère primaire, ou Paléozoïque, et le début de l'ère secondaire, ou Mésozoïque. Deux scénarios sont avancés pour expliquer cette extinction : La chute d'une comète ou la prolifération d'un microbe de méthane».

4.«La quatrième, au Trias-Jurassique (200 MA) (Trias-Jurassique), tue 20 % des espèces marines, la plupart des diapsides (reptiles, oiseaux) et les derniers grands amphibiens. Au total, la moitié de la diversité biologique sur Terre disparait. Toutefois, cette crise permet aux dinosaures de s'imposer sur Terre. Les causes ne sont pas encore clairement identifiées et plusieurs hypothèses sont avancées».

«Avec la dislocation de la Pangée, des éruptions volcaniques massives, qui ont duré au moins 600 000 ans, ont eu lieu dans la province magmatique centre-atlantique. Cette période correspond également à une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone et une libération massive de méthane. En effet, des chercheurs de l'Université d'Utrecht ont découvert qu'au moins 12 000 gigatonnes de carbone (sous forme de méthane) ont été libérées dans l'atmosphère pendant 20 000 à 40 000 ans. Ceci aurait conduit à un réchauffement planétaire (Bits of Science, 07/2011). Enfin, parmi les autres causes possibles figurent une météorite».

5.«La cinquième, au Crétacé-Tertiaire (65 MA). Tous règnes confondus, près de six à huit espèces sur dix disparurent, dont les grands sauriens tels les célèbres dinosaures. Les insectes et les petits mammifères ont en revanche bien résisté. La quasi-totalité du plancton marin, maillon clef de la chaîne animale et alimentaire, disparut également. Il semble qu'aucun animal d'une masse supérieure à 20-25 kg n'ait survécu à l'exception des crocodiliens. Plusieurs théories plus ou moins discutables ont été proposées pour expliquer cette extinction massive : pluie de météorites, volcanisme accru, épidémie fulgurante, intoxication par des plantes nouvelles contenant des alcaloïdes, inversion du champ magnétique terrestre, refroidissement, manque d'oxygène...Aujourd'hui, deux scénarios sont privilégiés : la chute d'une météorite ou un volcanisme majeur» ( notre-planete.info).

Des événements catastrophiques se sont produits lors des cinq premières extinctions. Les hypothèses probables invoquées : Impact d'une météorite, volcanisme majeur, libération massive de méthane et glaciation.

II. Ce qui s'est passé sur Rapa Nui

Le processus d'extinction ou lente agonie d'une population qui s'est manifesté à de nombreuses occasions au cours de l'histoire humaine correspond aussi à un écocide défini comme étant la destruction (naturelle ou anthropique) systématique et totale d'un écosystème. Qu'est-il arrivé aux Mayas ou aux Incas? Que s'est-il passé au Cambodge lorsque s'est produite la chute de l'Empire khmer qui rayonna entre le IXe et le XVe siècle? En effet, de multiples empires (on en dénombre 77) se sont formés et puis ont décliné jusqu'à leur dissolution ou démembrement ( wikipedia.org). Cependant, ce qui s'est passé à l'Île de Pâques semble résulter d'une action délibérée vers l'autodestruction avec la diminution de la capacité de l'île à soutenir la subsistance des habitants et au déclenchement de conflits très meurtriers causant la mort de la presque totalité de la population. Lors de l'arrivée des premiers Européens à Rapa Nui il ne restait qu'un peu plus d'une centaine d'habitants sur l'île. Donc, nous avons ici deux facteurs majeurs dans le processus de l'extinction : La perte irréversible des ressources vivantes et une lutte sanglante autour de celles qui restent.

On peut distinguer deux phases dans la destinée de Rapa Nui : L'apogée et le déclin : «La culture a prospéré vers les années 1200 et a commencé à décliner au XVIe siècle» ( pulsoslp.com).

Selon la version la plus répandue des événements reprise par Terry Hunt, un petit groupe de colons polynésiens (on les surnomme les nomades du vent) seraient arrivés sur l'île entre 800 et 900 A.D. en empruntant la plage d'Anakena (figure 6). Leur population aurait augmenté lentement au début. Puis, vers 1200 A.D. leur nombre aurait cru rapidement et cette obsession de vouloir tailler des moai aurait exercé une pression croissante sur l'environnement. À la fin du 17ème siècle les Rapanuis auraient déboisé totalement l'île et enclenché la guerre qui fut suivie par la famine et le déclin culturel ( pulsoslp.com).

L'apogée

Les vestiges archéologiques de Rapa Nui ont une valeur universelle unique dans le monde. Ils sont les témoins de l'ère faste qu'ont vécue les polynésiens de l'île. C'est pour cette raison que Rapa Nui appartient à la Liste du patrimoine mondial. Selon l'Unesco, «du Xe au XVIe siècle, elle bâtit des sanctuaires et dressa des personnages gigantesques en pierre, les moai, qui, créant un paysage culturel sans égal, fascinent aujourd'hui le monde entier» ( unesco.org).

Figure 5. Vue du volcan Rano Raraku - Site de la carrière des moai

Source : Cliché de l'auteur (2005)

Selon les récits entourant l'arrivée des polynésiens sur l'île par Clive Ponting, les premiers arrivants y trouvèrent un environnement doté de peu de ressources et surtout de peu de ressources en eau. La seule eau disponible se retrouve à l'intérieur des cratères des trois volcans éteints de l'île. Ce qui est propre à Rapa Nui c'est que la production agricole s'est fait au cours des premiers siècles avec peu d'efforts de sorte que cela permettait aux chefs de clans de jouir de beaucoup de temps libre, temps qu'ils pouvaient consacrer aux cérémonies rituelles et à la construction. Certaines des cérémonies étaient basées sur le culte de l'oiseau à Orongo où l'on retrouve les vestiges de 47 maisons particulières dotées de nombreuses plateformes et une série de gravures rupestres en haut-relief (figures 11 et 12). Le résultat a été la création de la société la plus avancée de toutes les sociétés polynésiennes et l'une des plus complexes dans le monde ayant recours à de maigres ressources ( eco-action.org)

Il ajoute : «Contre vents et marées les insulaires ont minutieusement construit, pendant plusieurs siècles, l'une des sociétés les plus avancées de ce type dans le monde. Pendant mille ans, ils ont adopté un mode de vie en conformité avec un ensemble complexe de coutumes sociales et religieuses qui leur ont permis non seulement de survivre, mais de prospérer. C'était à bien des égards un triomphe de l'ingéniosité humaine et une victoire apparente sur un environnement difficile. Mais à la fin la population croissante et les ambitions culturelles des insulaires se sont avérées trop grandes pour les ressources limitées de l'île. Lorsque l'environnement a été détruit par la pression démographique, la société s'est effondrée très rapidement, ce qui l'a même conduit jusqu'à un état se rapprochant de la barbarie» ( eco-action.org).

Figure 6. Secteur de Tahai. Plage d'Anakena

Source : Cliché de l'auteur (2005)

Figure 7. Tongariti

Figure 8. Moai taillé dans le basalte du volcan Rano Raraku

Source : Cliché de l'auteur (2005

Figure 9. Moai sur les pentes du volcan Rano Raraku

Source : Cliché de l'auteur (2005)

Figure 10. Un moai à Tongariki

Source : Cliché de l'auteur (2005)

Le déclin vers l'extinction et des leçons à tirer pour la Planète Terre

Selon Terry Hunt, dans une analyse du déclin de la population de Rapa Nui, rapportant les données de Jared Diamond, géographe et physiologistes de l'université de Californie à Los Angeles, «En quelques siècles, »écrivait-il en 1995 dans un article pour le magazine Discover : « les gens de l'île de Pâques ont détruit leur forêt, puis ils ont amené les plantes et les animaux à l'extinction et ont vu leur société complexe sombrer dans le chaos et le cannibalisme... » Sommes-nous sur le point de suivre leur exemple? « Dans son livre Collapse publié en 2005, Diamond décrit Rapa Nui comme «le meilleur exemple d'une société qui s'est autodétruite par la surexploitation de ses propres ressources. » ( americanscientist.org).

Selon le même auteur, Diamond n'est pas le seul à percevoir ce qui s'est passé à Rapa Nui. Dans leur ouvrage intitulé l'île de Pâques, Earth Island, les auteurs John R. Flenley de l'Université Massey en Nouvelle-Zélande et Paul G. Bahn manifestent leur inquiétude concernant le sort que Rapa Nui signifie pour le reste de la civilisation humaine: «la convoitise de l'humanité est sans limite Son égoïsme apparaît être génétiquement inné.... Mais dans un écosystème limité, l'égoïsme conduit à augmenter le déséquilibre démographique, puis à sa diminution, et, finalement, à l'extinction «.

Selon Cline Ponting, dans son essai sur les leçons à tirer de l'expérience des Rapa Nui «le sort de l'île de Pâques a des implications plus larges. Comme l'île de Pâques la terre ne dispose que de ressources limitées pour soutenir la société humaine et tous ses besoins. Comme les habitants de l'île, la population humaine de la terre n'a pas les moyens pratiques d'évasion. Comment l'environnement mondial a façonné l'histoire humaine et comment les gens ont façonné et modifié le monde dans lequel ils vivent? Est-ce que d'autres sociétés sont tombées dans le même piège que les insulaires? Pendant les deux derniers millions d'années, les humains ont réussi à obtenir plus de nourriture et d'extraire plus de ressources afin de soutenir une augmentation croissante de personnes et de sociétés de plus en plus complexes et technologiquement avancées. Mais ils ont eu plus de succès que les insulaires à trouver un mode de vie qui n'épuise pas fatalement les ressources qui sont à leur disposition et de faire des dommages irréversibles au système qui soutient la vie» ( eco-action.org).

Selon Barzin Pakandan, «les habitants n'osaient pas quitter l'île et ils ont décidé de vivre avec les conséquences de disposer d'un minimum de ressources. Il est également possible qu'à ce moment-là les Pascuans savaient qu'il y avait surpopulation. Trop peu de grands arbres restaient et il était alors impossible de construire des canots capables de faire de longues distances. Le fait demeure que la population a dépassé les limites des ressources disponibles entraînant ainsi une compétition pour ces ressources et ce en aggravant du fait même encore davantage la situation» ( lse.ac.uk).

Figure 11. Habitation à Orongo

Source : Cliché de l'auteur

Figure 12. Le motu Kau Kau - Le motu Iti - Le motu Nui - Îlots de la légende de l'homme oiseau

Source : Cliché de l'auteur (2005)

III. Planète Terre

La surface de la terre est accablée par des catastrophes, endogènes et exogènes, nombreuses, destructrices et meurtrières. Les plus spectaculaires impressionnent : Une éruption volcanique, un tremblement de terre, un ouragan, une tornade, une période de sécheresse prolongée, un glissement de terrain et l'explosion d'un puits de pétrole. Ces événements se produisent et exercent des répercussions d'une durée limitée sur une portion seulement de la surface terrestre. D'autres catastrophes, celles-là plus sournoises et moins spectaculaires, ont une incidence sur l'ensemble des biomes terrestres et marins : Le réchauffement du climat accéléré et incontrôlé, La pollution des côtes et des baies, la baisse du taux naturel de fertilité des sols, la pollution des océans et des mers et la perte de biodiversité.

La population mondiale devrait se stabiliser avec 10 milliards d'habitants en 2062

La population mondiale, en date du 16 mars 2015, est de 7 301 603 100 habitants. Son taux de croissance est actuellement de 1,14% par an. Cela correspond à une augmentation de 80 millions d'habitants par an. Dans les années 60 le taux de croissance était supérieur à 2% et a atteint son maximum de 2,19% en 1963. Aujourd'hui il est divisé par deux.

Le taux de croissance annuel est en train de décroître et devrait continuer dans cette direction dans les années à venir. À l'heure actuelle, on estime qu'il sera inférieur respectivement à 1% et 0,5% d'ici 2020 et 2050. Cela signifie que la population mondiale va continuer d'augmenter au cours du 21ème siècle, mais à un taux inférieur comparé aux décennies précédentes. La population mondiale a doublé en 40 ans (1959-1999), passant de 3 milliards à 6 milliards. On estime maintenant qu'il faudra 43 ans pour qu'elle augmente de 50% et atteindre 9 milliards en 2042. Les simulations de l'ONU indiquent que la population mondiale devrait se stabiliser à un peu plus de 10 milliards d'habitants après 2062 ( worldometers.info).

Les comportements de l'extinction

Le comportement général des sociétés modernes fait appel à un flux continu de ressources renouvelables et non renouvelables. Les premières, en théorie, peuvent être disponibles à l'infini si on en assure le renouvellement. Les sols sont cultivés de façon intensive et perdent peu à peu leur productivité naturelle, alors qu'ils peuvent se régénérer grâce à l'utilisation de la jachère ou de la rotation des cultures. Les stocks de poissons s'étiolent avec la pratique de la surpêche industrielle, alors qu'ils peuvent se maintenir si l'on prend soin de respecter leur taux de croissance et de renouvellement. Les forêts supportent difficilement les coupes rases mais elles se renouvellent bien lorsque la coupe est sélective. Leur conquête sans conscience aboutit à une simplification des écosystèmes et peu à peu à un appauvrissement de la biodiversité et partant à une diminution de la productivité des biomes. Dans le domaine minier le minimum demandé est de procéder à la réhabilitation des sites abandonnés. Le plus souvent ce processus est remis aux calendes grecques.

À l'extraction des ressources viennent s'ajouter ensuite leur transformation et leur distribution. Là encore les comportements sont dictés par la hantise de la croissance de sorte que l'on ne prend pas toutes les mesures requises pour sauvegarder, en particulier, l'environnement atmosphérique et hydrique. Ces activités portent souvent un fort préjudice à la qualité de l'environnement

L'hyper-consumérisme

Nous le savons déjà. Les modes de consommation dans les pays riches exercent une pression énorme sur les ressources alimentaires et les ressources en eau douce. Dans le premier cas, la demande en protéines animales exige une production intensive des sols. Dans le second cas, les besoins en eau sont croissants tant pour des fins domestiques qu'industrielles et énergétiques. Ces processus s'inscrivent à l'intérieur de sociétés de consommation qui en veulent toujours davantage.

Reprenons, ici, les propos de Richard Werly de Développement et civilisations, «en même temps, les consommateurs à travers le monde, en Chine comme en France, en Inde comme aux États-Unis, sont appelés à consommer davantage et, si nécessaire, à emprunter pour consommer. L'endettement excessif qui a conduit à la crise est maintenant prôné comme la solution de la crise. Cet état des choses n'exprime pas seulement l'aveuglement des leaders du marché et du gouvernement, mais il révèle les dilemmes plus fondamentaux du capitalisme consumériste qui semble incapable de se modérer sans se détruire mais qui, s'il maintient son rythme foudroyant d'aujourd'hui, ne peut pas survivre» ( lebret-irfed.org).

La perte de biodiversité

Selon une étude présentée en 2008 à la 9ème conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique tenue à Bonn, le coût annuel de l'érosion de la biodiversité à l'échelle mondiale est estimé entre 1350 et 3100 milliards d'euros! De plus, le taux de perte de biodiversité de nos jours est 1000 fois supérieur au rythme naturel connu depuis l'histoire de la vie sur Terre ( sciencesenviro.com).

L'indigence croissante

La majorité de la population mondiale est affectée par le dénuement, la misère et la pauvreté. Des milliards d'habitants de cette planète ne peuvent répondre à leurs besoins essentiels. Bien plus, un milliard d'entre eux ont faim, une faim endémique, et près de 30 000 d'entre eux en meurent à chaque jour (Worldometers - Statistiques mondiales en temps réel ( worldometers.info) (figure 12). Cela vient du fait que les inégalités sociales ne cessent de croître. Nous savons que les plus riches (une infirme minorité) détiendront bientôt 50% du revenu mondial. Des millions de personnes travaillent mais demeurent pauvres. Selon l'Observatoire des inégalités, « La pauvreté baisse dans le monde. Un milliard d'individus - dont 15 millions dans les pays riches - vivent cependant toujours avec moins de 1,25 dollar par jour, le seuil d'extrême pauvreté... En prenant un seuil un peu plus élevé à deux dollars par jour, on compte près de 2,1 milliards de personnes pauvres, soit un gros tiers de la population mondiale en 2011...″ ( inegalites.fr).

Croissance économique ne veut pas dire amélioration des conditions de vie de la majorité. Partout, au Nord comme au Sud, les inégalités sociales s'accentuent. Les rapports officiels sur l'état de l'économie mondiale manifestent un optimisme trompeur. Ils notent que l'économie va croître tout en prévenant qu'elle sera ralentie par des facteurs conjoncturels tels que l'émergence de nouveaux conflits armés, des catastrophes ou des épidémies. Bien plus, les inégalités sociales sont exacerbées par les mesures d'austérité imposées dans un très grand nombre de pays, ce qui contribue à l'enrichissement d'une minorité qui n'est nullement affectée, mais fait une ponction importante dans les revenus des pauvres. Les inégalités des revenus dans les pays du Sud s'accentuent année après année et, tout spécialement en Afrique ( afriqueexpansion.com).

En somme, cette situation globale fait partie du panorama de l'extinction, car nous nous retrouvons avec une Humanité sans ressources pour survivre.

Figure 12. La faim dans le monde en 2010

Source :  pointsdactu.org

La résolution des conflits par la violence armée. L'Humanité court à sa perte

La course mondiale aux armements à laquelle nous continuons d'assister appartient également au processus d'extinction de l'espèce humaine. C'est la plus grande menace qui pèse sur l'avenir de l'Humanité. L'accumulation de stocks d'armements classiques et nucléaires considérables (le SIPRI estimait le nombre de têtes nucléaires dans le monde à environ 19 000 dont 4 400 opérationnelles en janvier 2012), le maintien de la puissance des états nucléarisés (les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la République populaire de Chine) sans cesse en voie de renouvellement et de modernisation, un commerce international des armes florissant conduit principalement par les États-Unis, la Chine, la Russie et l'Allemagne ( globalresearch.ca) et le réarmement de tous les pays dans lesquels perdurent les conflits tels que tous les pays du Moyen Orient ou les pays menacés par l'OTAN tels que la Russie, la Corée du Nord, l'Iran ou le Vénézuéla. Quand les bombes viendront de l'espace extra-atmosphérique il sera trop tard pour agir, ce qui semble se dessiner dans les plans du Pentagone pour 2020 ( fas.org).

Conclusion

Ce retour à l'Île de Pâques porte à réfléchir sur la destinée de l'humanité. Les Rapanuis ont trouvé sur cette île nourriture et autres matériaux pour vivre, apparemment, de façon prospère. Ils ont su assurer le renouvellement de ces ressources pendant des siècles. Une forte expansion démographique a rompu cet équilibre. Une pression accrue les a conduits à surexploiter ces ressources et même à les détruire. Ce fut le déclin de cette culture unique et ensuite son agonie en raison de conflits meurtriers.

Est-ce que l'humanité est menacée de disparaître? Est-ce que les conditions de son existence vont tellement se détériorer que l'on va assister à une rupture brutale dans les échanges économiques planétaires? Est-ce que la perte de biodiversité va engendrer une forte diminution de la production des ressources vivantes? Est-ce que la raréfaction des ressources énergétiques fossiles va entraîner un conflit armé généralisé? En ce début du 3ème millénaire les perspectives ne sont pas tellement bonnes. Beaucoup de symptômes d'un état de santé précaire de la planète créent de l'inquiétude un peu partout dans le monde. Est-ce que nous serions entrés dans ce processus de déclin qu'a vécu Rapa Nui ou ce que l'on appelle la 6ème extinction? Selon Anne Larigauderie, directrice exécutrice du programme international Diversitas - dont le secrétariat se situe au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris, interrogée à ce sujet lors du Sommet Rio+20 «on peut donc dire que l'on se dirige potentiellement vers une 6ème extinction, mais que des mesures peuvent encore être prises (c'est la bonne nouvelle!) pour avoir une influence sur le cours des choses. Il faut donc rester optimiste mais agir vite! ( sciences.blogs.liberation.fr).

Selon notre-planete-info rapportant les propos du célèbre scientifique australien Frank Fenner diffusés dans The Australian l'espèce humaine est menacée de disparaître : «Pour Fenner, nous avons déjà scellé le destin de l'humanité : dans moins de 100 ans, les sociétés humaines ne seront plus... »Homo sapiens devrait disparaître, peut-être dans 100 ans », dit-il. « Un grand nombre d'autres animaux également. C'est une situation irréversible. Je pense qu'il est trop tard. J'essaie de ne pas trop le dire car il y a des gens qui essaient de faire changer les choses. Les efforts de réduction ralentissent un peu les choses, mais il y a déjà trop de monde [sur Terre] » ajoute-t-il». «L'explosion démographique et ses corollaires : la boulimie énergétique, productiviste et consumériste mènent l'humanité à sa perte. Ce constat, tabou, est pourtant de plus en plus partagé par certains scientifiques et de plus en plus évoqué, mais étouffé par les sceptiques sur le changement climatique et une partie des personnes croyantes pour qui la reproduction est une recommandation divine, souligne Frank Fenner» ( notre-planete.info).

Repousser plus loin l'échéance de l'agonie de la vie devrait être le travail de tous. Des facteurs plus puissants tels que celui de la «croissance à tous prix» activée par l'hyper-consumérisme favorisent davantage la surexploitation des ressources vivantes et la détérioration des conditions de leur renouvellement. Ces facteurs doivent être contrés pour assurer la survie de l'humanité.

Le concept de la survivance sur terre signifie que les ressources terrestres et marines sont limitées et que seule une approche qui respecte le renouvellement des écosystèmes pourrait garantir la survie de l'humanité. Ce qui doit absolument cesser c'est la perte de biodiversité. Celle-ci garantit le maintien des équilibres naturels et le renouvellement des ressources vivantes. Sachant que l'ère industrielle et celle de l'hyperconsommation ont exercé un impact considérable sur l'environnement l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de concert avec le WWF et le PNUE, ont lancé en 1980 la stratégie mondiale de la conservation et, en 1991, la stratégie pour l'Avenir de la Vie. Ces deux stratégies et les différents accords internationaux qui ont suivi, accompagnés par la Charte de la Terre sont les pierres angulaires se trouvant au cœur des efforts de conservation des ressources mondiales. À ceux-là s'ajoute le réseau mondial des aires terrestres et marines protégées.

Aujourd'hui, la conquête et le contrôle des gites de ressources se font par la violence armée. Les États-Unis, par exemple, appliquent le principe de la «Permanent War» afin d'assurer la sécurité de leur approvisionnement en ressources stratégiques. Ils ont divisé la surface terrestre en six commandements qui veillent à leurs intérêts. Ils considèrent ainsi que la surface terrestre est un champ de bataille et que la guerre est le moyen par excellence auquel il faut recourir afin de maintenir leur hégémonie sur l'ensemble de la planète (figure 13). Même le continent Antarctique est sous leur contrôle. Les autres puissances continuent de maîtriser certains territoires avec la même intention et avec la même approche.

Figure 13. Les six commandements américains couvrant la totalité de la surface terrestre

Source :  abovetopsecret.com

Nous avons donc les deux ingrédients de l'extinction à l'instar de ce que nous avons observé à l'Île de Pâques : La destruction des ressources vivantes et des conflits armés pour la sauvegarde des ressources stratégiques connues. Seul un gouvernement mondial doté de pouvoirs réels pourrait agir sur ces facteurs. Malheureusement, les grandes puissances veillent à ce que l'ordre établi soit maintenu.

En terminant nous citons la Charte de la Terre qui expose la situation globale de l'environnement de la planète et propose 16 principes pour l'action environnementale :

«Les modes de production et de consommation qui prévalent actuellement causent des dommages considérables à l'environnement, l'épuisement des ressources et la disparition massive de nombreuses espèces. Les communautés locales sont affaiblies. Les bénéfices du développement ne sont pas partagés d'une manière équitable et l'écart entre les riches et les pauvres est de plus en plus grand. L'injustice, la pauvreté, l'ignorance et les conflits violents sont généralisés et causent des grandes souffrances. Une augmentation sans précédent de la population a surchargé les systèmes écologiques et sociaux. Les fondements de la sécurité planétaire sont menacés. Ces tendances sont dangereuses - mais non inévitables» ( earthcharterinaction.org)

I. Respect et protection de la communauté de vie

1.Respect et protection de la communauté de vie;

2.Prendre soin de la communauté de vie avec compréhension, compassion et amour;

3.Bâtir des sociétés démocratiques, justes, participatives, durables et pacifiques;

4.Préserver la richesse et la beauté de la Terre pour les générations présentes et futures.

II. Intégrité écologique

5.Protéger et rétablir l'intégrité des systèmes écologiques de la Terre, en particulier la diversité biologique et les processus naturels qui assurent le maintien de la vie;

6. Prévenir les dommages comme étant la meilleure méthode pour la préservation de l'environnement et, appliquer le principe de précaution lorsque les connaissances sont insuffisantes;

7. Adopter des modes de production, de consommation et de reproduction qui préservent les capacités régénératrices de la Terre, les droits de l'homme et le bien-être commun.

8. Faire progresser le savoir sur la durabilité écologique et promouvoir le libre-échange et l'application élargie des connaissances acquises.

III. Justice sociale et économique

9. Éradiquer la pauvreté en tant qu'impératif éthique, social et environnemental;

10. S'assurer que les activités et les institutions économiques à tous les niveaux favorisent le développement humain de manière juste et durable;

11. Affirmer l'égalité et l'équité des genres comme condition préalable au développement durable et assurer l'accès universel à l'éducation, à la santé et aux opportunités économiques;

12. Défendre le droit de tous les êtres humains, sans discrimination, à un environnement naturel et social favorisant la dignité humaine, la santé physique et le bien-être spirituel, en portant une attention particulière aux droits des peuples indigènes et des minorités.

IV. Démocratie, non-violence et paix

13. Renforcer les institutions démocratiques à tous les niveaux et promouvoir une gouvernance qui obéisse aux principes de transparence et de responsabilité, ainsi que la participation de tous dans la prise de décision, et l'accès à la justice;

14. Intégrer à l'éducation formelle et à la formation continue les connaissances, les valeurs et les compétences nécessaires à un mode de vie durable;

15. Traiter tous les êtres vivants avec respect et considération;

16. Promouvoir une culture de tolérance, de non-violence et de paix.

LA VOIE DE L'AVENIR

«Comme jamais auparavant dans l'histoire, notre destin commun nous invite à chercher un nouveau commencement. Un tel renouvellement est la promesse des principes de la Charte de la Terre. La tenue de cette promesse repose sur notre engagement à adopter et promouvoir les valeurs et objectifs de la Charte».

«Cet engagement requiert un changement dans nos cœurs et dans nos esprits. Il requiert également un sens nouveau d'interdépendance mondiale et de responsabilité universelle. Nous devons développer et mettre en pratique, de façon imaginative, la vision d'un mode de vie durable à l'échelle locale, nationale, régionale, et internationale. Notre diversité culturelle est un héritage précieux et les diverses communautés trouveront leur propre façon de réaliser cette vision. Nous devons approfondir et élargir le dialogue mondial à l'origine de la Charte de la Terre, car nous avons beaucoup à apprendre de la quête commune et perpétuelle de la vérité et de la sagesse».

«Dans la vie, il existe souvent des tensions entre les valeurs les plus importantes. Cela peut impliquer des choix difficiles. Néanmoins, nous devons trouver des manières d'harmoniser la diversité avec l'unité, l'exercice de la liberté avec le bien commun, les objectifs à court terme avec les buts à long terme. Chaque personne, famille, organisation et communauté a un rôle primordial à jouer. Les arts, les sciences, les religions, les institutions éducatives, les médias, le monde des affaires, les organisations non gouvernementales et les gouvernements sont appelés à faire preuve d'initiatives créatives. Le partenariat entre le gouvernement, la société civile et les entreprises est essentiel à une bonne gouvernance».

«Pour bâtir une communauté universelle durable, les nations du monde doivent renouveler leur engagement envers les Nations Unies, honorer leurs obligations dans le cadre des accords internationaux existants et soutenir l'application des principes de la Charte de la Terre au moyen d'un instrument juridiquement contraignant à l'échelle internationale sur les questions d'environnement et de développement».

«Faisons en sorte que notre époque soit reconnue dans l'histoire comme celle de l'éveil d'une nouvelle forme d'hommage à la vie, d'une ferme résolution d'atteindre la durabilité, de l'accélération de la lutte pour la justice et la paix et de l'heureuse célébration de la vie» ( earthcharterinaction.org).

Jules Dufour

Pour le Centre de recherche sur la Mondialisation (CRM), Montréal

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Jules Dufour, Ph.D., C.Q., géographe, professeur émérite, membre de la Commission mondiale des Aires protégées de l'Union Internationale de la nature (UICN), Gland, Suisse, membre du Cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, Paris et Genève.

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
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