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Fini les lubies !

Alors mêmes que de nos tristes jours le communisme est réduit à ses plus virulentes critiques, au nombre de morts que la folie humaine a engendré (qui est quand même colossal), alors mêmes que le mort « marxiste » est déjà du domaine du langage spécialisé, alors même que le « capitalisme » renferme une sorte de rebellion puérile mise au rebut de l'histoire, alors mêmes que « les communistes » ne sont rien d'autre qu'un petit groupe de « résiduels » d'un ancien grand et périmé mouvement...

Alors que le communisme préconisait dès le début l'échec inéluctable du capitalisme,
alors que certains ont compris cela et que d'autres préféraient s'en tenir aux faits pratiques tels qu'ils leur étaient livrés « dans la réalité »,

Alors mêmes que, contraint et forcé, le communisme a dit « bon bah ok : allons tester le capitalisme mais vous verrez bien »,

Finalement le capitalisme vient de mourir.

Ce n'est plus la peine de se faire d'illusions et il faudra être gentil avec ceux qui auront du mal à l'accepter.

Dautant plus gentils que rien ne voulait laisser transparaître le moindre signe de faiblesse, toutes les triches ont été inventées pour faire vivre autant que faire se peut, le rêve d'un équilibre magique global produit par la liberté de contrat, l'appropriation, et la recherche du profit.

Et oui finalement ces concepts, on peut le voir et s'étonner de si bien le voir aujourd'hui, étaient des concepts fâcheusement bancales.

Il faut critiquer en premier la déficience de méthodologie, de précision, de raisonnement en terme de fonctionnement des réseaux et des engrenages culturels, de l'anthropologie enrichie par l'exploration scientifique, du surgissement de questionnements philosophiques ancestraux et toujours aussi cruellement irrésolus.

Il faut décortiquer aussi les raisons obscures de ce qu'il conviendra de nommer « une lubie », ou « une berlue », et comment le fonctionnement de ce fourvoiement prend forme si il a lieu à l'échelle psychosociale.

Il faut énumérer ce qui fait une société, et aussi ce qui ne doit pas faire et ce qui devrait faire une société.

Il faut repartir des fondements, et avant ça il faut aller les déterrer sous le béton coulé pour des raisons lucratives.

Faut-il argumenter sur les raisons de la morale ou les motivations qui doivent présider à la recherche de la paix ?

En tous cas si ce n'est que pour faciliter cette réflexion, on a sous la main le contre-exemple parfait du système social capitaliste qui, en raison de ce qu'il répond positivement aux besoins de reconstruction soudaine après une guerre ou après une révolution énergétique, en a un besoin vital chronique, et tend à vouloir les provoquer.
Dans ce cas on le voit, il existe des motivations concrètes à vouloir la guerre.

Or toute la difficulté de la réflexion est de découvrir le système qui fait que les motivations de son équilibre, de son existence, soit précisément la paix !

Si vraiment on part des fondements, quel est l'intérêt de la vie, et accessoirement : le taux incroyablement hallucinant de suicides contemporains n'est-il pas le constat de l'intérêt et de l'urgence de s'intéresser à ces questions ?

Comment des histoires de confort psychologique peuvent-elles rivaliser avec la construction empirique et historique qu'est le capitalisme ? demanderont les adversaires accrochés aux brumes de l'ancien rêve.

Cela est possible en effet si on regarde ce qu'il y a de beau et de mémorable chez les civilisations humaines : leur culture, leur cosmovision.
Voilà des secteurs de l'activité humaine qui devraient être moteurs dans une société de paix.

Comment ce qui ne peut naître que du loisir est-il compatible avec un système entièrement taillé pour lui ? Demandent encore, avec raison, ceux qui sont prêts à lâcher prise.

C'est là qu'arrive la fameuse question du paradigme psychosocial, de tous les enchevêtrements culturels, de toutes les routines psychosociales jamais critiquées ou sous-pesées avant.

Mais en réalité ce ne sera pas difficile de convertir la mentalité des peuples vers la recherche de leur moi profond, si c'est le système social mondial qui réclame à grand cris à quel point il en a besoin.

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