Reprise de l'opération militaire sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes

18-05-2018 reporterre.net 12 min #141419

Les gendarmes ont repris leurs opérations d'expulsions et de destruction ce vendredi. Nos reporters sur zone vous racontent en continu les événements, alors que des habitants vont demander à l'Unesco de classer la Zad sur la liste du patrimoine de l'humanité.

  • 10 h 54 - Un camion de gendarmes mobiles qui était stationné devant la Noë Bernard se dirige vers le Ker Terre, selon Radio Klaxon. La dépanneuse repart du Ker Terre avec la caravane.
  • Gendarmes et machines repartent aussi de l'Isolette avec une petite voiture blanche.
  • Le Phoenix est en train d'être muré.
  • Les deux véhicules de pompiers sont repartis de la Pré-Faillite vers Le Temple de Bretagne.
  • Les habitants ont rendez-vous à 13 h à la Châteigne pour récupérer les matériaux qui peuvent être sauvés et les mettre en lieu sûr. « Pour pouvoir reconstruire, que ce soit à l'est, à la Châteigne ou dans d'autres endroits », explique-t-on sur Radio Klaxon.

  • 10 h 43 - Une dépanneuse est arrivée au Ker Terre pour sortir la caravane qui fait partie de la cabane, selon Radio Klaxon. C'est toujours calme.

Les parpaings pour murer Phoenix, maison évacuée ce matin. Antoine Agasse (Twitter)

  • 10 h 25 - La Tarte est en train de se faire détruire, on y entend les machines et il y a trois camions-bennes,  selon Zad nadir.

  • 10 h 17 - Au carrefour de la Saulce, le grand gars déguisé en moine en longue robe de bure est de retour, brandissant le tonfa subtilisé à un gendarme mobile le tout premier jour des expulsions et destructions, un mois auparavant, raconte notre reporter sur place.

  • 10 h 13 - Au carrefour de la Saulce, des miroirs brandis renvoient le soleil dans le pare-brise du blindé qui fait face, raconte notre reporter sur place. Un autre blindé bleu marine se tient en retrait. Les sommations se suivent, le carrefour s'enfume, deux grenades Gli-f4 explosent avec gros fracas. Les gendarmes mobiles protègent apparemment des perquisitions à La Pruche et à L'Isolette. Un gendarme mobile au mégaphone : « Si vous avez un blessé, amenez-le nous ! » La réponse : une huée.

  • 10 h 10 - Un deuxième camion de pompiers arrive à la Maison rose, escorté de deux fourgons de gendarmes mobiles, pour éteindre le feu qui s'est déclaré trois heures auparavant à la cabane et dans le bois du Pré-Faillite, selon Radio Klaxon. Un premier camion de pompiers était déjà présent à 9 h 25.
  • A Ker Terre, des habitants et sept fourgons de gendarmes attendent l'huissier. C'est calme.

  • 10 h 04 - Deux interpellations dont une garde à vue ont déjà eu lieu sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, selon la gendarmerie citée par  un journaliste de l'AFP. Les gendarmes ont précisé qu'il s'agissait d'une vérification d'identité sans garde à vue et une garde à vue pour transport de matière explosive, selon  un journaliste de Ouest-France.

  • 9 h 59 - Au carrefour de la Saulce, un blindé et des gendarmes mobiles à pied font face à une centaine de gens masqués et qui envoient des cailloux, indique notre reporter sur place.

  • 9 h 40 - Aux Domaines, la procédure d'expulsion a été signifiée aux habitants mais les gendarmes ont quitté les lieux sans rien murer, indique notre reporter sur place. Les habitants et habitantes sont en train de récupérer leurs affaires et la nourriture sans savoir si un maçon viendra pour obstruer les ouvertures lundi ou mardi. « Les gens sont un peu étonnés parce qu'ils ont déjà vécu des expulsions, et habituellement dès que les gendarmes et l'huissier passent, le maçon suit installer les parpaings », explique notre reporter.
  • Le Phoenix, maison en dur également, située à l'angle du carrefour des Ardillières sur la route du Chêne des Perrières, a subi la même chose mais les gendarmes sont toujours sur place. « On peut s'attendre aussi à ce qu'elle soit murée », prévoit notre reporter.
  • Les gendarmes opèrent sur plusieurs lieux à la fois. « Ils peuvent se le permettre car il n'y a pas tellement d'opposition », observe notre reporter.

  • 09h14 - Les gendarmes occupent toujours la route entre le chêne des Perrières et La Maison rose, signale notre reporter. Ils sont déployés tous les trente mètres le long d'un champ où un paysan sur son tracteur fait les foins. Aucun zadiste n'est présent.
  • La dispersion des lieux ciblés par les gendarmes et les effectifs restreints des zadistes expliquent le calme des opérations. Hormis de rapides affrontements au tout départ, ce matin, sur les barricades, la résistance parait désarmée ou tout du moins décontenancée.

  • 09h02 - Un convoi composé d'un camion porte-char, deux pelleteuses, un camion plateau/grue, deux fourgons avec remorque et un camion benne, escorté par des gendarmes mobiles, passe devant La Maison rose vers le Pré-failly, signale  Zadnadir.

  • 09h00 - Du côté des gendarmes. Selon le général Lizurey,  cité par Christophe Jaunet, de Ouest France, « on s'inscrit dans une démarche de désescalade partagée de la violence. Montrer la carte des cibles y participe. Cet objectif est clairement atteint. On rencontre peu de résistance. Aucune interpellation jeudi et ce vendredi matin. » Selon  Rémi Barroux, du Monde, dans les six objectifs du jour, les maisons en dur seront murées, les cabanes détruites. Deux opérations judiciaires seraient en cours à la Freuzière et à l'Isolette, dont une pour le tir de fusée qui a visé l'hélicoptère début avril.

« C'est terminé ce soir. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a fait qu'une trentaine de personnes qui effectivement ont des projets agricoles qu'ils vont réaliser, dont les historiques, qui étaient déjà là avant le projet Notre-Dame-des-Landes, et puis les autres on les évacue. Pour nous le problème est simple. C'est de savoir si effectivement partout en France on fait respecter l'état de droit, et on le fait à Notre-Dame-des-Landes comme on le fait à Bure, par exemple, et aujourd'hui vous n'entendez plus parler de Bure. »

  • 08h25 - À la ferme de Bellevue, petite panique, raconte notre reporter : quelqu'un a annoncé « Des gendarmes à la Baraka ! ». Une quinzaine de personnes y partent en courant. « C'est ma maison », s'alarme une jeune femme qui enfourche aussitôt un vélo pour aller au plus vite sur place. Mais fausse alerte. Une équipe part inspecter au nord-ouest du lieu.
  • Maison des Chats en cours d'expulsion, apprend-on.

  • 08h00 - Les habitants de la Zad vont déposer à l'Unesco un dossier pour faire inscrire la Zad sur la liste du  patrimoine de l'humanité. Le patrimoine est l'héritage du passé dont nous profitons aujourd'hui et que nous transmettons aux générations à venir. Certes, expliquent-ils,
  • « le 'passé' de la Zad est très récent (10 ans), mais ce qui s'y est construit est le fruit d'une redécouverte, d'une réutilisation et d'une réinvention de techniques ancestrales, utilisant les ressources locales (traditionnelles mais aussi plus contemporaines avec la récupération de matériaux). Ces cabanes auto-construites sont donc en elles-mêmes objet de patrimoine, mais leurs processus de création et de construction ont eux-mêmes une dimension patrimoniale, avec l'utilisation systématique de chantiers collectifs, où se pratiquent le partage et la transmission de savoir, la mutualisation des outils, des techniques, des matériaux, et la créativité pour l'invention de solutions porteuses d'avenir quant à la sobriété en matériaux et énergie nécessaire.Enfin les demandes d'inscription se font systématiquement dans une perspective de sauvegarde : or nous sommes en situation de péril immédiat avec la volonté de l'état, soit disant d'un retour à l'état de droit, mais surtout d'une revanche sur le fiasco de 2012 et les 6 ans d'une vie locale pratiquement sans état. »

Le phare de la Zad.

  • 07h57 - Une fois les perquisitions terminées, Willem change les vaches d'enclos entre deux cordons de gendarmes. « Vision un brin surréaliste », note Nicolas, notre reporter.

  • 07h40 - Les perquisitions - appelées visites domiciliaires - ont eu lieu à la ferme de Saint Jean, constate notre reporter : toutes les pièces ont été visitées par les gendarmes, ainsi que les caravanes et l'ambulance stationnée face à un des hangars de la ferme. « Sous prétexte d'un flagrant délit », dit Willem, l'exploitant de la ferme, « mais c'est juste pour m'empêcher de travailler ».

Willem, à Saint-Jean-du-Tertre.

  • 07h15 - Les gendarmes ont averti qu'ils allaient perquisitionner la ferme de Saint Jean. Les talkies-walkies des habitants annoncent des attaques aux Domaines, à la Gare. « Les gendarmes sont à toutes les extrêmités » de la zone, commente un groupe autour du talky.

  • 07h10 - Le plan de la gendarmerie aujourd'hui : six lieux à détruire (La Freuzière, Les Domaines, Le Phoenix, La Tarte, La Gare, Kerterre). Il y a jusqu'à 1.700 gendarmes engagés, six véhicules blindés, un hélicoptères, des drones, des chiens, et des engins de travaux publics (grues, etc.).

  • 07h06 - Les gendarmes sont à Saint-Jean-du-Tertre. « C'est très bien cette occupation de la ferme de Saint Jean. Comme avec les Cent noms, qu'ils continuent leurs conneries », dit un voisin en croquant une carotte devant le cordon de gendarmes. Cette ferme fait partie des trois projets dont l'approbation a été mise en attente par la préfète pour « conflit d'usage » avec des paysans vautours qui voudraient récupérer les terres pour s'agrandir.

Gendarmes à Saint-Jean-du-Tertre.

  • 06h42 - Les fourgons de gendarmes sont garés à la queue-leu-leu sur la route entre la Maison rose et le chêne des Perrières.

  • 06h38 - La cabane de La Freusière est en feu, cernée par les gendarmes. L'incendie provoque des explosions dans la cabane.

  • 06h22 - Les gendarmes mobiles ont commencé par défoncer avec deux blindés la barricade de la Zaïro Pose. Ils progressent à travers champs vers Saint-Jean-du-Tertre, à l'ouest de la zone. On ne sait pas ce qui passe dans ce périmètre. Trois cocktails molotov les ont arrêtés avant la cabane de la Freusière.

  • Jeudi 17 mai, vers 17 h - La Chateigne, avant et après :

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