Palestine: Les gardiennes des clés de la période ottomane

17-05-2018 aa.com.tr 3 min #141404

AA - Gaza

Depuis 70 ans, la famille palestinienne El-Iych, établie à Gaza (Sud-Ouest) a précieusement conservé les clés des propriétés arrachées à leurs ancêtres lors des migrations forcées de 1948, a rapporté un correspondant d'Anadolu (AA).

Les femmes de la famille El-Iych qui aspirent au retour dans leurs foyers, comme la plupart des Palestiniens, portent ces clés rouillées autour de leur cou par crainte de les égarer.

Amine Abou El-Iych, réfugié palestinien dans le camp de Jabaliya (Gaza), a confié au correspondant d'Anadolu (AA) qu'il espère pouvoir un jour rentrer dans son village, situé à 18 km de la bande de Gaza et qualifié par leurs ancêtres de "Paradis sur terre".

La clé, en forme de "minaret", comme la plupart des clés de l'époque de l'Empire Ottoman, date d'au moins cent ans, a précisé Abou Iych.

Ce dernier a raconté avoir conservé un coffre, un moulin à blé, des ustensiles en cuivre, des tissus, des pierres précieuses ainsi qu'une ancienne machine à moudre le café datant de l'Empire Ottoman.

Indiquant que presque toutes les familles palestiniennes disposent de ces machines, Abou Iych a souligné que le café moulu avec les machines actuelles n'ont pas la même saveur que celui moulu avec l'ancien moulin ottoman.

- Massacres commis pendant la migration

Nombreux sont les Palestiniens qui se souviennent encore aujourd'hui de la migration forcée de 1948.

Parmi eux, se trouve notamment la grand-mère Safiyya Abou Iych (78) qui était âgée de seulement huit ans lors de la "Nakba" soit "la grande catastrophe", en référence au déplacement forcé de la population palestinienne.

Aujourd'hui, la grand-mère se souvient toujours de la peur éprouvée face aux attaques perpétrées, en 1948, par les soldats israéliens dans leur village.

"Je me souviens encore de leurs voix. Ils sont arrivés au village avec leurs véhicules blindés et nous ont accordé environ deux heures pour quitter le village nous menaçant de mort le cas échéant. Tout le village était terrifié. Les villageois ont pris le strict nécessaire et ont quitté le village en direction de Beit Hanoun, au nord de Gaza", a raconté la vieille dame plongée dans les douloureux souvenirs de son enfance.

"Les soldats israéliens ont tué tous les villageois qui par malheur sont retournés après avoir été expulsés de force. Ils ont aussi abattu ceux qui ont refusé de partir. Un voisin est mort sous les yeux de sa femme parce qu'il ne voulait pas quitter sa maison".

Un autre qui s'était rendu chez lui pour récupérer rapidement quelques objets, a été attrapé, ses yeux bandés, puis jeté dans un puit par les soldats israéliens, s'est indignée Safiyya.

Animée par le désir de rentrer dans son village doté de terres fertiles, Safiyya a rappelé que les Palestiniens de Gaza, sous blocus, font face à de gros problèmes économiques.

Lundi, à l'occasion des commémorations de la 70 ème année de la "Nakba", 62 Palestiniens sont tombés en martyrs et des milliers ont été blessés par les tirs des soldats israéliens alors qu'ils manifestaient pacifiquement contre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem.

aa.com.tr

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