Un mort et quatre blessés samedi soir lors d'un attentat islamiste à Paris

15-05-2018 mondialisation.ca 5 min #141307

Lors du samedi soir du 14 mai, peu avant 21h, un jeune homme, armé d'un couteau, a attaqué des passants en plein Paris en criant « Allah akhbar ! » selon les témoins.

Tragiquement, un homme âgé de 29 ans a été tué et quatre autres ont été blessés, dont deux gravement. Trois de ces quatre victimes ont été envoyé à l'Hôpital Georges Pompidou - l'un d'entre eux nécessitait des soins chirurgicaux.

L'attentat s'est passé dans le deuxième arrondissement de Paris, tout près de l'Opéra Garnier. L'Opéra est un site touristique se trouvant dans un quartier où se concentrent beaucoup de restaurants et de bars. Typiquement, le quartier est animé le samedi soir.

L'assaillant, un français d'origine tchétchène né en 1997, a été abattu, apparemment sans sommations, par des policiers. D'après certaines informations, lorsque trois policiers l'ont abordé, l'assaillant a brandi son couteau. Suite à cela, un policier s'est servi de son pistolet taser, et un autre l'a exécuté avec son pistolet à deux reprises.

L'auteur n'avait pas de casier judiciaire, mais il était connu des services de renseignement. Comme dans pratiquement chaque attentat de Daesh en France, depuis l'attentat contre de la rédaction Charlie Hebdo en Janvier 2015, l'auteur avait une Fiche S.

De suite, Daesh a revendiqué l'attentat. Selon le groupe de renseignement SITE, l'agence de presse de Daesh, AMAQ, a cité une « source de la sécurité » de Daesh disant que « l'auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l'État islamique et l'opération a été menée en représailles envers les États de la coalition. »

Des personnalités politiques françaises se sont immédiatement exprimées. Le Président Emmanuel Macron a posté sur twitter, « Toutes mes pensées vont aux victimes et aux blessés de l'attaque au couteau perpétrée ce soir à Paris, ainsi qu'à leurs proches. Je salue au nom de tous les Français le courage des policiers qui ont neutralisé le terroriste. La France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté. »

Quant au Ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, il a également posté sur twitter « Je salue le sang froid et la réactivité des forces de police qui ont neutralisé l'assaillant. Mes premières pensées vont aux victimes de cet acte odieux. »

La Maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a aussi posté, « Ce soir, notre ville a été meurtrie. »

Cet attentat terroriste est un crime sanglant et réactionnaire. Cependant, la culpabilité politique en revient à la même élite dirigeante qui l'utilise pour louer les policiers français et l'appareil de surveillance d'internet.

En conjonction avec Washington et les pays du Golfe, l'impérialisme français et ses alliés européens utilisaient et protégeaient tacitement ces mêmes réseaux islamistes de par leur implication dans la guerre en Syrie depuis 2011. Les forces que ces réseaux ont recrutées et envoyées en Syrie était les mêmes les soldats au sol dans la guerre contre le Président syrien Bashar al-Assad.

Ce fait était exposé incontestablement par les attentats de 22 mars 2016 à Bruxelles, où les services de renseignement turques, israéliens, et russes ont déclaré avoir identifié les assaillants ainsi que leurs cibles aux services de renseignement belges et européens avant que les attentats ne se soit pas déroulés.

Toutefois, il n'y a aucun doute. Dans le contexte d'une montée des grèves et des manifestations d'étudiants contre ses mesures d'austérité, le gouvernement de Macron réagira comme tous les gouvernements français précédents : par des appels pour augmenter le militarisme et les attaques contre les droits démocratiques.

Le gouvernement socialiste du Président François Hollande a imposé un état d'urgence, pendant deux ans, en suspendant les droits démocratiques à la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Bien que le gouvernement ait mis fin à l'état d'urgence le premier novembre 2017, une loi antiterroriste draconienne venait d'être signée le 30 octobre.

Cette loi antiterroriste a fait entrer dans le droit commun les mesures antidémocratiques « temporaires » qui ont été imposées à la suite des attentats du 13 novembre. Effectivement, l'état d'urgence était définitivement appliqué. Grâce à cette loi, l'état français peut : fouiller arbitrairement et faire des saisis dans des foyers privés ou dans un espace défini comme une « zone de sécurité » ; imposer des assignations à domicile pendant un an sans mises en accusation ; faire des contrôles d'identité dans des zones près des frontières, des gares, des aéroports ; collecter et garder toutes les données électroniques, téléphonique et des courriels de ceux que la police pense être en relations avec un « crime sérieux », qu'il soit déjà commis ou seulement en projet.

Ces pouvoirs étaient déjà utilisés pour surveiller et détenir des individus et menacer de bannir des manifestations pendant les luttes de 2016 contre la loi Khomri du PS. Tandis que Macron provoque des grèves et des manifestations en raison de son utilisation la loi Khomri afin d'attaquer les salaires et les conditions de travail à travers la France, il est certain que ces pouvoirs seront rapidement utilisés contre la jeunesse et les ouvriers si ces manifestations deviennent un défi directement politique contre son gouvernement.

Guillaume Garnier

La source originale de cet article est wsws.org
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