Centrafrique: une vingtaine de morts dans une nouvelle opération militaire dans le km5

12-04-2018 aa.com.tr 4 min #140007

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AA/Bangui/Sylvestre Krock

Une vingtaine de morts est le bilan de l'opération militaire conjointe menée mardi par les forces de la Mission onusienne en République centrafricaine (Minusca) et les forces locales contre les leaders des groupes d'auto-défense du quartier Km 5 dans la capitale Bangui, a annoncé mercredi un responsable local.

Cette opération succède de deux jours à celle similaire menée dimanche par les forces onusiennes et centrafricaines.

«Dans ces violences, ce sont 17 concitoyens qui ont perdu la vie et deux casques bleus de la Minusca », a déclaré mercredi à la presse, Abdou Karim Meckassoua, Président de l'Assemblée nationale qui habite dans le Km 5, un quartier majoritairement musulman.

Et de poursuivre, « C'est inacceptable, nous ne voulons plus de morts dans notre pays. Nous ne voulons que la paix. Les forces de maintien de la paix qui interviennent dans notre pays, c'est pour nous aider. Mais si en ce faisant, il y a des morts, c'est nous tous qui sommes endeuillés. Nous devons également prôner le dialogue », a-t-il déploré.

Mardi aux environs de 13h00, une colonne des forces armées centrafricaines appuyées par celles de la Minusca est entrée dans le Km5 à la trousse de leaders desgroupes d'auto-défense dirigés par Nemery Matar Djamous alias ''Force'' qui a échappé à la première opération menée dimanche.

Des tirs à l'arme automatique et à l'arme lourde ont été entendus jusqu'aux environs de 20 heures, ont rapporté à Anadolu des habitants du Km5.

"L'objectif de ces opérations n'est pas de s'en prendre aux populations, qu'elles soient chrétiennes, musulmanes ou autres", a indiqué, mercredi, le ministre centrafricain de la Communication, Ange Maxime Kazagui, Porte-parole du gouvernement, dans un communiqué.

Kazagui a, en, outre, invité les populations du 3ème arrondissement dont relève le Km 5 à "soutenir les opérations conjointes des forces de défense et de sécurité et des casques bleus de la Minusca ".

Et de préciser, "il s'agit d'opérations qui visent à débarrasser le Km5 des groupes de bandits armés qui empêchent la quiétude des populations et des commerces".

En signe de contestation, la population civile du Km5 a transporté les corps des civils tués lors de l'opération de ce mardi pour les poser devant le siège de la Minusca.

" Si les groupes armés et les fauteurs de troubles sont à Bangui, la justice de notre pays est là, c'est mieux de les arrêter et les amener à la justice qu'ils soient jugés et qu'ils répondent de leurs actes. Mais nous ne pouvons pas accepter que ces opérations s'accompagnent de tueries dans les rangs des civils,. c'est inacceptable !", a déploré Abdou Karim Meckassoua.

Une mission conjointe Union africaine - Nations unies, conduite par Smaïl Chergui, le Commissaire Paix et Sécurité de l'Union Africaine et Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire-Général adjoint des Nations Unies, arrivée mardi à Bangui, a également déploré ce regain de violences.

"Etant arrivés hier, nous sommes également préoccupés par les tensions persistantes dans le quartier du kilomètre 5 de Bangui. Les opérations conduites par le Gouvernement et la Minusca le 8 avril visaient assurément à arrêter les éléments criminels qui mettent en péril la vie de citoyens paisibles, dans un quartier qui est le poumon économique de Bangui. Dans ces moments difficiles, nous tenons avant tout à exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes et déplorons les nombreux blessés à qui nous souhaitons un prompt rétablissement", peut-on lire dans le communiqué conjoint rendu public mercredi.

aa.com.tr

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