Depuis son occupation en 1967, Al Qods-est subit une guerre israélienne tous azimuts

12-04-2018 aa.com.tr 9 min #140005

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AA / Al Qods/ Abderraouf Arnaout

Depuis son occupation de la ville d'Al Qods en 1967, Israël s'est empressé de s'emparer de 87% du territoire de cette ville palestinienne, ne laissant que 13% pour lesquels les Palestiniens luttent actuellement.

Sous la pression et les convoitises israéliennes, le président américain Donald Trump a annoncé, le 6 décembre courant, que la ville d'Al Qods, dans ses deux parties est et ouest, est la prétendue capitale d'Israël, force d'occupation.

Al Qods est une agglomération de la ville et renferme 17 quartiers d'habitation où résident plus de 323 000 Palestiniens qui représentent 39% des habitants de toute la ville (est et ouest) et dont le nombre dépasse les 850 000.
Ces quartiers sont les suivants : Beit Hanina, Ras Amoud, Jebel Mobeker, Chaafat, Cheikh Jarrah, Oued El Jouz, Kafr Akab, camp Chaafat, Aissaoui, Tour, Salwan, Sour Bakr, Oum Touba, Best Sefafa, Thaouari et Saouane.

Selon des données palestiniennes, plus de 35 000 Palestiniens qui vivent dans la vieille ville se centralisant dans les quartiers musulman, chrétien et arménien. Ces concentrations d'habitation sont dénommées "Harat" comme c'est le cas dans la vieille ville.

Parmi les principales "Harats" on cite: Essaidia, Bab Hatta, Selsela, Harat El Oued dans le quartier musulman et Harat Ennassara dans le quartier chrétien. Ces "Harats" sont des ruelles exiguës où sont érigées de vieilles maisons et de petits locaux de commerce.

Dans la vieille ville, on retrouve des marchés historiques "souks" qui constituent depuis tout au long des années, le centre commercial d'Al Qods. Parmi ces "souks", on cite: souk khan zit, le souk des bouchers, des épiciers, de l'or, des cotonnades, des teinturiers, des nattes et celui des Nassara. 2900 Israéliens vivent dans le quartier juif de la vieille ville, quartier qui était à l'origine "le quartier palestinien de l'honneur "avant l'occupation israélienne en 1967.

Selon Khalil Tafekji, directeur de l'office topographique et des systèmes informatiques au sein de l'organisation des études arabes à Al Qods (non gouvernementale), Israël a mis la main sur 87% de la superficie d'Al Qods est afin d'ériger des colonies et des institutions et tracer des artères, tout en classant ce qu'il en reste comme étant une zone verte où toute construction est interdite.

Tafekji a ajouté que seuls 13 % de la superficie de la ville sont restés entre les mains des Palestiniens et constituent les zones de construction actuelles ou les quartiers religieux, sachant qu'Israël lutte contre les Palestiniens pour réduire cette portion du territoire ou à tout le moins en isoler des parties. Il a précisé qu'Israël a construit, depuis 1967,15 colonies de peuplement à Al Qods est où vivent plus de 220 000 colons. Ces colonies ont été érigées sur des terres palestiniennes afin d'empêcher l'extension du nombre de la population palestinienne et assurer une majorité juive dans la ville avec ses deux parties.

Les principales colonies sont les suivantes : prophète Jacob, Ramout, Ghilou, Talbiot, Ramiot Achkol, BesjatZaif, Har Houma, tell français, Ramat Salomon. Tafekji a souligné qu'Israël ne s'est pas contenté de ces colonies mais il a procédé, ces dernières années, à installer des colonies à l'intérieur même des zones d'habitation palestiniennes telles que Ras Amoud, Cheikh Jarrah et Saouana, et programme de créer davantage de colonies.

Il a indiqué également que les collectivités coloniales israéliennes ont mis la main sur des dizaines de maisons palestiniennes et précisément dans la vieille ville, à savoir les quartiers de Salouane, Ras Amoud, Tour, Cheikh Jarrah et Saouana. Par ailleurs, le gouvernement israélien dispose de sièges officiels à Al Qods est dont notamment le ministère de la sécurité intérieure à Cheikh Jarrah, le ministère de la justice à l'avenue Salaheddine et à proximité du tribunal central israélien.

Résidents et non citoyens

Le gouvernement israélien classe les Palestiniens comme étant de simples résidents et non des citoyens ordinaires. Zied Hamouri, directeur du centre d'Al Qods pour les droits économiques et sociaux (association non gouvernementale) a déclaré qu'Israël a spolié 14 595 Palestiniens de leurs droits de séjour depuis 1967, en inventant plusieurs raisons, la principale étant ce qu'on appelle "le changement du centre de vie", c'est-à-dire la résidence en dehors des frontières de la ville tracées par Israël.

Contrairement avec ce qui s'est passé avec les citoyens arabes lors de la création d'Israël en 1948, l'Etat hébreu n'a pas imposé aux Palestiniens d'Al Qods est la nationalité israélienne, à la suite de l'occupation de ce territoire en 1967, leur laissant le libre choix.

Des personnalités religieuses et politiques palestiniennes ont averti les Palestiniens de la zone d'éviter d'obtenir la nationalité israélienne afin de sauvegarder le statut de la ville en tant que territoire occupé. Cet attachement à cette position reste indéfectible selon Hamouri qui a confié que seulement quelques milliers de Palestiniens d'Al Qods ont obtenu la nationalité israélienne pour plusieurs mobiles dont notamment l'exercice de fonctions auprès d'institutions officielles israéliennes, la possibilité de voyager, le risque de perdre l'identité en raison du séjour en Cisjordanie.

Mur de séparation

En 2002, Israël a commencé à construire un mur de séparation en Cisjordanie dont une partie a isolé des quartiers palestiniens de la ville d'Al Qods est. Hamouri a précisé à ce sujet que ce mur a isolé les quartiers de Kafr Akab (Nord), le camp de Chaafat et Anata (Est) du centre d'Al Qods, ce qui a rendu obligatoire le passage à travers les points de contrôle israéliens.

Il a conclu en disant que plus de 140 000 personnes vivent derrière ce mur - c.a.d le tiers de la population totale de la ville-et sont privées des services ne serait ce en raison des difficultés de déplacement dues aux obstacles israéliens.

Sans autorisation de bâtir

Depuis 1967, les différents gouvernements israéliens ont adopté une politique de limitation du nombre des Palestiniens à Al Qods et ce par la limitation des autorisations de logement comme l'ont signalé les organisations de droits palestiniennes, israéliennes et internationales.

Les autorisations de bâtir sont émises par la mairie israélienne d'Al Qods dont les élections ont été boycottées par la majorité des Palestiniens jérusalémites.

Mohamed Abou Hams, membre de la commission de défense du quartier d'El Aissaoui au nord d'Al Qods (non gouvernementale), a indiqué que la mairie israélienne complique les procédures tendant à accorder aux Palestiniens l'autorisation de bâtir afin de limiter le nombre de ceux ci dans la ville, et par là même elle se refuse d'établir les planifications structurelles de la ville y compris celles du quartier d'El Aissaoui.

Il a ajouté, à l'intention d'Anadolu, que la mairie israélienne a démoli ces dernières années des dizaines de maisons à El Aissaoui et menace d'en démolir d'autres, comme c'est le cas d'ailleurs dans d'autres quartiers d'Al Qods est. Il a poursuivi en précisant que beaucoup de Jérusalémites se trouvent obligés de bâtir sans autorisation étant donné que la mairie refuse de délivrer ces autorisations alors qu'elle submerge de ces documents les colonies de peuplement érigées dans les terres de la ville sainte

Selon Tafekji, les estimations laissent entendre que 20 000 logements à Al Qods sont bâtis sans autorisation en raison de la politique israélienne. Il a fait valoir qu'il existe un besoin immédiat de 20 000 unités de logement à Al Qods pour prendre en charge la hausse naturelle du nombre des habitants palestiniens. Il a précisé que depuis le début des années 70, la politique israélienne a décidé que le nombre des Palestiniens ne doit pas dépasser 22% de la population totale de la ville d'L Qods, est et ouest. Aussi les Israéliens voient ils avec une grave inquiétude le taux arriver à 39 % et essaient ils par tous les moyens à le réduire.

Isolement de quartiers d'Al Qods

Depuis des années, des responsables israéliens appellent à isoler des quartiers saints de la ville d'Al Qods est afin de réduire le nombre des Palestiniens et assurer une majorité écrasante des Juifs dans la ville que les Palestiniens s'attachent à en faire leur capitale.

Des responsables israéliens ont proposé l'isolement de quartiers tels que Kafr Akab, Anata, le camp Chaafat tandis que d'autres appellent à en isoler davantage. Ces responsables ainsi que des députés songent à brandir des projets tendant à réaliser sur le terrain ces opérations d'isolement.

La communauté internationale ne reconnaît pas l'occupation israélienne d'Al Qods est ni l'annexion de la ville en 1980 et rejette par la même toutes les conséquences qui en découlent

Des valeurs sacrées musulmanes et chrétiennes

Il existe dans la ville d'importantes valeurs sacrées telles que la mosquée d'Al Aqsa ou l'église de la Résurrection des Chrétiens. Depuis des siècles, ces valeurs sacrées sont placées sous la dénomination "statu quo" qui a prévalu durant la dynastie ottomane, le mandat britannique, l'autorité jordanienne jusqu'à ce qu'Israël ait tenté de le changer.

Depuis 2003 et d'une manière unilatérale, Israël a permis à ses colons d'envahir la mosquée d'Al Aqsa tandis que les dirigeants des partis de la coalition gouvernementale appelaient au partage de cette mosquée, entre Musulmans et Juifs, dans le temps et dans l'espace.

Le cheikh Azzam El Khatib, directeur des Waqfs islamiques à Al Qods, a indiqué à Anadolu que le statu quo a toujours été en vigueur jusqu'à l'occupation israélienne en 1967 et les autorités israéliennes cherchent par tous les moyens à mettre pied dans la mosquée ce que refusent les Palestiniens.

Il a ajouté qu'ils ont appelé le gouvernement israélien, à plusieurs reprises, pour qu'il arrête les intrusions dans la gestion de l'Administration des Waqfs d'Al Qods responsable en même temps des affaires de la mosquée. Mais le gouvernement israélien a refusé de répondre ce qui a aggravé davantage la situation.

Les communautés chrétiennes se sont à leur tour plaintes des obstacles mis par la police israélienne et qui les empêchent de se rendre dans les lieux religieux à l'occasion des fêtes chrétiennes.

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