Sur la Zad, la résistance continue face aux militaires

11-04-2018 reporterre.net 8 min #139977

L'opération des gendarmes mobiles sur la Zad se poursuit ce mercredi 11 avril. Reporterre est sur place. Voici le fil des événements.

Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

11h06 Le député LREM Matthieu Orphelin « appelle à une pause dans l'opération pour permettre un arrêt des affrontements et une reprise du dialogue ». Là, « les risques sont trop importants pour nos gendarmes et pour les militants non-violents, précise-t-il. En raison notamment d'un afflux de personnes ultra-violentes ».

11h00 - Point sur la situation. Les affrontements se poursuivent dans les prairies autour du Lama faché. Vers 10h30, deux personnes ont été évacuées par l'équipe Médics. Un groupe d'accueil et des ateliers ont été mis en place afin d'aiguiller les nouveaux arrivants, plus nombreux qu'hier. Un grand pique-nique est prévu à 13h au camping des Cheveux blancs.

10h55 Dans le champ bien humide, grenades contre cailloux. Trente mètres plus loin, devant d'autres gendarmes mobiles couverts de boue, une partie de ballon goguenarde s'improvise.

10h50 Une vidéo prise par le journaliste de Ouest-France Jean-François Martin, montrant une chorale improvisée à quelques dizaines de mètres des gendarmes.

 JFrancoisMartin11/04/2018 10:09:11  123  82  2963/824
#Zad #NDDL A 100 m des gendarmes mobiles, une chorale entonne « Je suis une fille de marin »

10h26 Alexandre Morisseau explique à notre journaliste « sa stratégie pour ralentir les gendarmes : comme je ne peux ni courir, ni m'allonger devant eux, ni construire des barricades, je vais parler avec eux pour les occuper ».

Écoutez le son :

Alexandre Morisseau.

9h57 Une personne arrive avec un mégaphone et prend les gendarmes à leur jeu : « Commune de la Zad, reculez ! ». L'accueil des nouvelles personnes est en train de s'organiser, signale le site  zad.nadir : un groupe « accueil » s'est formé, et des ateliers « pour permettre à toutes et tous de trouver des actions qui leur correspondent se mettent en place ». En ce moment c'est activité manuelle : « viens apprendre à fabriquer des œufs de peinture (au niveau du camp des cheveux blancs). »

9h50 Alexandre Morisseau, l'octogénaire présent en première ligne depuis hier, discute avec les gendarmes, sonnant une brève trêve. Sur la route, une barricade a été enflammée. Des personnes présentes depuis lundi indiquent en souriant qu'il y a plus de monde que les jours précédents.

09h32 La fumée des lacrymogènes se rapproche du carrefour des Fosses noires, où se trouve la chariote thé café.

09h20 Hier mardi soir,  rassemblement à Paris en soutien à la Zad

09h10 Le vent est en ce moment à l'avantage des gendarmes : il repousse les gaz lacrymogènes vers les zadistes.

09h00 A Paris, des étudiants de l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) ont  lancé l'occupation de leur école.

08h59 Le face à face se poursuit. L'un des zadistes à l'adresse des gendarmes : « Attention, nous allons faire usage de la boue ! Première sommation ». Le soleil perce à travers les nuages.

08h40 D'un strict point de vue militaire, les gendarmes ont perdu leur position de mardi et ont dû reculer pour revenir là où ils ont commencé lundi 9 avril, à 50 mètres à peine de la D281, là où sont les décombres du Lama faché. Malgré des milliers de grenades lacrymogènes et explosives, le lieu du pique-nique de soutien prévu ce mercredi à 13 h se trouve désormais bien à l'arrière de la « ligne de front ». Hier, ce « Camping des cheveux blancs était noyé sous les gaz ».

08h32 Les gendarmes tentent l'approche par les deux côtés de la route. « Ils sont dans le bois ! » s'inquiètent certains tandis que les grenades assourdissantes résonnent.

08h30 Dans le champ qui jouxte la D281, un manifestant en longue robe de moine remplit des seaux d'eau puisés dans les trous d'eau et les jette sur un groupe de trois gendarmes en leur disant : « Un baptême au nom de la Zad ». Riposte des militaires : un petit nuage de gazeuse à main, qui se disperse sans atteindre personne. La deuxième fois, un gendarme en perd son tonfa (matraque longue). Le tonfa est pris aussitôt par le faux moine au milieu des vivats.

Plus loin, un autre groupe de trois gendarmes mobiles charge sur cinq mètres et s'étale dans l'herbe détrempée. Le terrain n'est pas favorable à la mobilité des gendarmes, lourdement équipés.

08h04 Déjà des lacrymogènes sur le chemin avant les Vraies rouges. La barricade a avancé de 500 mètres durant la nuit. Sur la D281, les camions de gendarmerie sont garés. Dans le champ en bordure de la route, les gendarmes sont en groupe de trois à cinq, à cinquante mètres des camions. Les gens sont dispersés dans le champ devant, quelques-uns avec des boucliers.

07h00 Sur Franceinfo  mardi 10 avril au soir, le député La République en marche (LREM) des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert, a réclamé "une pause" dans l'opération d'expulsion de zadistes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). "On tremble", a-t-il lancé. "Il ne faudrait pas qu'un homme, une femme tombe, prévient le parlementaire. On a vu que certains sont déterminés, je ne les cautionne absolument pas, mais à la fin, ça peut être un gendarme qui tombe, un journaliste... Est-ce qu'il n'est pas temps de faire une pause dans l'opération ?".

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