Russie / Europe : Diaboliser la Russie pour quoi faire ?

28-03-2018 legrandsoir.info 4 min #139428

Michel TAUPIN

Image : Les bases de l'OTAN

A Londres, Theresa May est toute contente. En signe de solidarité, quatorze pays (1) d'Europe dont la France vont expulser des diplomates russes. Elle y voit un message selon lequel Moscou ne peut bafouer plus longtemps les règles internationales... Mais Moscou repousse avec force ces accusations "totalement dénuées de preuves".

Boris Johnson, ministre des affaires étrangères anglais, clone du sinistre Trump, a insulté la Russie en estimant qu'il était juste de comparer le Mondial qui va s'y dérouler aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 ! Comparer la Russie au 3ème Reich est une ignominie provocatrice. Suite à cette saillie d'une rare violence, la Russie a répliqué en promettant à Boris Johnson "un cadeau historique"...

Que cherchent l'Europe et les Etats-Unis en provoquant ainsi la Russie qui n'a attaqué personne ? Les autorités russes ont déclaré à maintes reprises que la Russie ne menaçait aucun pays du monde. Dernièrement, Vladimir Poutine a souligné que "l'État russe ne comptait faire la guerre à personne mais restait déterminé à défendre ses intérêts de manière civilisée". Il est clair que c'est l'expansion de l'Otan et le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe qui représentent une menace pour la sécurité de la Russie et ses citoyens et non l'inverse.

La Russie de Poutine a décidé de recouvrer sa dignité en redevenant une voix qui compte dans le concert politique des Nations, en asseyant sa puissance et en défendant ses intérêts vitaux, pas de "détruire l'Occident". Mais l'Alliance Atlantique ne l'a jamais entendu de cette oreille, elle qui se veut le gendarme du monde depuis la fin de l'URSS.

L'OTAN, bras gauche des Etats-Unis, n'a cessé de déployer ses forces aux confins de la Russie, provoquant chez les Russes le sentiment d'une menace fondamentale pour leur sécurité. Pourtant en 1991, quand Gorbatchev avait donné son feu vert à la réunification de l'Allemagne, les USA et l'OTAN s'étaient engagés à ne pas s'approcher davantage de la Russie. Ce manquement a eu une conséquence très grave : briser la confiance mutuelle entre les deux super-puissances nucléaires. Il n'y a rien de plus dangereux pour la sécurité du monde.

Le fait que la Russie, grâce à une diplomatie intelligente et subtile, retrouve crédibilité et influence auprès d'une partie de la planète, inquiète l'Occident qui croyait avoir le champ libre pour faire et défaire à sa guise les gouvernements qui ont le toupet de lui résister. L'OTAN a même eu l'intention de s'emparer de l'Ukraine pour tester la Russie, une véritable menace pour la Russie ! Une folie que la CIA avait préparée auprès des médias en prétendant une invasion prochaine de l'Ukraine par la Russie. Un mensonge absolu. Si la Russie l'avait voulu "il lui fallait 4h pour prendre Marioupol et 24h pour être à Kiev". La Russie n'a donc jamais eu l'intention de s'engager dans une telle opération.

Il semble que Washington, inquiète pour sa suprématie et son économie au bord du gouffre, travaille à un affrontement entre la Russie et les Européens. "... les américains se préparent à déclencher une guerre en Europe. Et une guerre en Europe ne peut se faire que contre la Russie"(2). Pour les USA, la guerre ailleurs que sur son sol, est d'un très haut niveau de rentabilité et celle-ci se situerait au sommet... Aussi faut-il convaincre les peuples européens que la Russie est l'ennemi n°1, diaboliser ses dirigeants en utilisant les mensonges les plus invraisemblables, user de tous les prétextes pour instiller dans nos esprits qu'il n'y a pas d'autre alternative que de punir ces barbares tout en provoquant des incidents pour pousser les Russes au bord du conflit.

Le danger est réel. Les Etats-Unis prétendent que la Russie refuse d'être un partenaire, mais pointe-t-on ses missiles sur un pays que l'on souhaite comme partenaire ?

Michel Taupin

(1) 30 selon un décompte AFP, dont 4 en France, 2 en Italie, 4 en Allemagne, 13 en Ukraine, 3 en Lituanie, 4 en Pologne, 1 en Lettonie, 3 en République tchèque, 2 au Danemark, 2 aux Pays-Bas et 1 en Finlande.

(2) Général Leonid Ivachov, ancien haut-fonctionnaire du ministère de la Défense russe.

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