Journée internationale des femmes : colère des paysannes de Tamtatoucht, Maroc

08-03-2018 tlaxcala-int.org 3 min #138728

 Amal Lahoucine امال الحسين

Tamtatoucht, le village natal de Zaid Ohmad, leader de la bataille du Djebel Bougafer à Saghrou au sud-est du Maroc, dernier front de la résistance contre le colonialisme en 1934, est aujourd'hui sous le couvre-feu du régime. Depuis février 2017, au début des travaux du projet dit de «barrage touristique» de Toudgha, une autre façon d'occuper les terres des paysans pauvres, lancé par Aziz Akhannouch, chef des spéculateurs immobiliers et patron de des terres et mers au Maroc, tout comme le projet dit de «port touristique» à Al Hoceima.

Le 15 novembre 2017, les paysans pauvres de Tamtatoucht ont manifesté en organisant une marche vers le chantier du barrage, occupant leet arrêtant les travaux. Les autorités de Tinghir ont refusé de négocier avec le syndicat des paysans, le gouverneur a insulté le secrétaire générale du syndicat à Tinghir et a lancé une série d'inculpations.

Le sit-in des paysans, organisé principalement par les femmes paysannes, a duré 57 jours.

Le 10 janvier 2018 à 6h du matin, 1000 hommes des forces de répression ont occupé le lieu du sit-in, à 9h, les paysans ont marché vers le barrage, et leur marche a été écrasée, 11 paysans dont une femme ont été arrêtés et déféré au tribunal de Ouarzazate.

Le 11 janvier 2018 le secrétaire général du syndicat Zaid Takrayout a été arrêté lui aussi et déféré au tribunal de Ouarzazate.

Le 5 février 2018 le tribunal de première instance a émis une lourde sentence :

Une année ferme au secrétaire général du syndicat.

Dix mois fermes à six paysans détenus.

Cinq mois avec sursis à cinq autres paysans, dont une femme.

Une amende de 2 000 dirhams chacun.

Le 7 mars 2018 la cour d'appel de Ouarzazate a confirmé les sentences avec réduction de deux mois pour six prisonniers, 8 mois au lieu de 10 mois et une amende de 1 000 au lieu de 2 000 dirhams.

Depuis les arrestations des leaders du Hirak du Rif toutes les manifestations sont écrasées et leurs leaders sont arrêtés et poursuivis. Une ère de répression organisée par l'État est né au Maroc comme suite des effets de guerre en Syrie. Une répression soutenue par l'impérialisme et notamment par la France, après la visite de Macron au Maroc en juin dernier pour soutenir le régime qui a appliqué dès lors la logique de la matraque contre les manifestants.

Cette situation critique nous pousse à renforcer notre front de résistance en cherchant le soutien des forces militantes en France et en Europe.

Pour cela nous lançons un appel à soutenir notre lutte pour le droit des paysans à la terre et à la liberté.

Courtesy of  SNPPEF
Source:  syndicatpaysanmaroc.blogspot.com
Publication date of original article: 08/03/2018

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