La Syrie et le Liban, terrain de confrontation entre Israël et l'Iran

15-02-2018 5 min investigaction.net #138030

15 Fév 2018

Article de : Stefano Mauro

L'attaque, composée d'une série de raids aériens et de missiles, pendant la nuit de vendredi à samedi dernier sur tout le territoire syrien - Damas, Palmyre et le Golan - a augmenté les tensions dans toute la région du Moyen-Orient. Il semble, selon la presse israélienne, que "l'Iran et Israël testent leurs capacités et effectuent une confrontation à distance sur le territoire syrien".

L'attention de la presse israélienne ne semble pas se focaliser sur le bombardement, mais surtout sur le jet israélien abattu par le système anti- aérien syrien.

En effet, le journal Haaretz dans un éditorial de Chemi Shalev a écrit que "peu importe comment et combien Israël a frappé la Syrie, ce qui restera, c'est l'image de la carcasse fumante du F-16 israélien qui a détruit l'image et l'invincibilité de l'armée de l'air de Tel-Aviv ".

La Syrie, selon la presse israélienne, semble "être passé des menaces aux faits" et a répondu de manière efficace et inattendue à une énième attaque sur son territoire. Les déclarations «triomphales» du DCA syrien ont été accueillies avec enthousiasme par l'ensemble de l'axe de la Résistance. Le Liban, l'Iran, le Hezbollah, l'Hached Chaabi irakien (unité de mobilisation populaire, UMP) et la résistance palestinienne se sont accordés à souligner que la destruction d'un avion de Tel Aviv change l'équilibre dans la région alors qu'Israël a perdu la domination du ciel au Moyen-Orient.

Une réponse claire de Bachar Al Assad aux agressions de ces dernières semaines. La Syrie a été la cible d'attaques des Américains, des Israéliens et des Turcs: campagnes et actions militaires visant à compenser les défaites de ces derniers mois liées à la volonté de Washington de diviser définitivement le territoire syrien.

Selon Damas et Moscou, par la voix du ministre des Affaires étrangères Lavrov, "les Etats-Unis continuent d'armer, directement ou à travers leurs milices, Hayat Tahrir Al Sham (coalition de groupes dirigée par Al Nusra, ndlr)". Un avion SU-25 russe a été abattu par des milices djihadistes dans la région d'Idlib, par exemple, grâce à des systèmes sophistiqués de missiles sol-air produits aux États-Unis dans le but de faire comprendre à Damas et à Moscou que le ciel syrien n'est plus sûr pour leurs avions.

Dans cette perspective de déstabilisation et dans la tentative d'apparaître comme l'un des principaux protagonistes de la région, on peut lire la stratégie de Tel Aviv. "Israël essaie d'être présent" - selon les mots d'Abdel Bari Atwan dans le journal Rai Al Youm - "à la table des négociations pour l'avenir de la Syrie et du Proche-Orient après la chute de Daech". L'un des objectifs prioritaires de la politique israélienne est d'isoler l'Iran, dont l'influence a considérablement augmenté dans la région, et de s'y opposer, avec l'Arabie saoudite, principalement en Syrie et au Liban.

"Israël veut la paix" - a déclaré le Premier ministre Netanyahou après le Conseil de crise pour les événements de samedi - "mais nous continuerons à nous défendre contre les tentatives de l'Iran de se positionner en Syrie ou ailleurs, en nous menaçant". La motivation de l'attaque de samedi contre l'intrusion d'un drone iranien dans l'espace aérien israélien a été qualifiée de "ridicule et banale" par les autorités russes qui contrôlent ces cieux. Samedi, au contraire, le Département d'Etat américain a soutenu le droit souverain de Tel Aviv de "se défendre contre les activités militaires iraniennes en Syrie, qui constituent une menace permanente pour la sécurité d'Israël".

Du côté libanais, les choses ne semblent pas moins calmes. Aux menaces du ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman, sur la souveraineté du bloc 9 (riche en hydrocarbures et dans le territoire libanais) et sur la construction du mur le long de la frontière nord, intervient le commandant des forces armées libanaises Joseph Aoun. "Nous sommes prêts à répondre de toute façon, même militairement, à la construction du mur qui viole les accords de l'ONU" - a-t-il déclaré au journal Al Akhbar - "car ce n'est pas un contentieux, mais la défense de notre souveraineté territoriale".

Phrases et affirmations qui ne sont pas de bon présage. Selon Atwan, en cas de conflit, "Israël se retrouverait à se battre sur de nombreux fronts (Liban, Syrie et Gaza) avec des résultats qui ne seraient pas si sûrs", surtout à la lumière des événements de samedi dernier.

Source originale: Nena News

Traduit de l'italien par Stefano Mauro pour Investig'Action

Source: Investig'Action

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