Pour ménager la Turquie, Washington admet l'existence d'un risque terroriste contre Ankara

15-02-2018 francais.rt.com 2 min #138025

© POOL New Source: Reuters

Les Kurdes vont-ils être sacrifiés par Washington au profit de l'alliance entre la Turquie et les Etats-Unis ? Le chef du Pentagone a envoyé un signal fort à Ankara, reconnaissant «les menaces d'organisations terroristes» qui pèsent sur sa sécurité.

Au premier abord, difficile d'imaginer que la rencontre entre le secrétaire à la Défense Jim Mattis et son homologue turc Nurettin Canikli le 14 février à Bruxelles, en marge d'une réunion de l'OTAN, a permis d'apaiser les tensions entre Ankara et Washington.

Lire aussi

L'ECHIQUIER MONDIAL. Mauvais coup pour les Kurdes ?

Les deux hommes ont bien échangé la traditionnelle poignée de main, mais le ministre américain est resté de marbre, et n'a pas souhaité faire de déclaration à cette occasion. Ce n'est que le lendemain que le Pentagone a publié un communiqué sur la teneur de leur échange, dans lequel Jim Mattis enjoint la Turquie à effectuer «un recentrage» sur la campagne visant à vaincre Daesh et ainsi empêcher que l'organisation terroriste ne puisse se reconstituer en Syrie.

Cependant Washington a semble-t-il ouvert la porte à une concession majeure en direction de son allié de l'OTAN. Selon le Pentagone, le secrétaire à la Défense a en effet reconnu lors de cette discussion «l'existence de menaces que des organisations terroristes représentent pour la sécurité nationale turque».

Or la Turquie répète à l'envi qu'elle considère les forces kurdes - alliées de Washington - comme des organisations terroristes. C'est d'ailleurs l'opération militaire d'Ankara contre les Unités de protection du peuple (YPG) à Afrin en Syrie qui a envenimé les relations entre les deux alliés de l'OTAN.

S'il semble encore très prématuré d'envisager que les Etats-Unis aient fait le choix de leur allié turc au détriment des Kurdes, la rencontre entre le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson et le président turc Recep Erdogan à Ankara le 15 février, devrait permettre d'y voir plus clair.

 Lire aussi : Syrie : Washington tient-il un «double discours» aux Turcs et aux Kurdes ?

 francais.rt.com

 Ajouter un commentaire