Israël commence à délivrer des avis d'expulsion aux demandeurs d'asile africains

05-02-2018 4 articles tlaxcala-int.org 6 min #137656

Ilan Lior אילן ליאור

La première série d'avis, qui donne aux demandeurs d'asile originaires d'Érythrée et du Soudan 60 jours pour partir, sera délivrée aux hommes sans enfants, environ 20 000 personnes

Demandeur d'asile brandissant un avis d'expulsion le 4 février 2018. Photo Meged Gozani

L'Autorité de la Population, de l'Immigration et des Frontières commencera à délivrer des avis d'expulsion dimanche aux demandeurs d'asile de l'Erythrée et du Soudan qui ne sont pas détenus dans le centre de détention de Holot.

Dans la première étape, les avis seront délivrés aux hommes sans enfants qui viennent pour renouveler leur visa de résidence. Les citoyens de l'Érythrée et du Soudan sont tenus de renouveler leur visa tous les deux mois au bureau de l'autorité à Bnei Brak. Ils recevront leur dernier visa de deux mois, accompagné d'une lettre indiquant que pendant cette période, ils doivent quitter le pays, sinon ils seront interdits de travailler et peuvent s'attendre à être incarcérés indéfiniment. Le personnel de l'autorité suggérera qu'ils partent pour le Rwanda ou pour leur pays d'origine.

Dabsai, 47 ans, originaire d'Erythrée, réside à Netanya. "Je ne veux pas aller au Rwanda", a-t-il dit. "Je viens d'Erythrée et je ne veux pas retourner en Erythrée, je vais aller en prison sans crainte."

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Avis d'expulsion délivré par Israël aux demandeurs d'asile africains début février. Photo Haaretz

Habtum, un demandeur d'asylye d'Erythrée qui a passé plus d'un an dans le centre de détention de Holot, a déclaré: "Ils m'ont dit de partir après 60 jours, je leur ai dit que je ne pouvais pas, parce que je suis venu ici." Il dit qu'il préfère aller en prison.

L'autorité est en train d'embaucher 100 nouveaux inspecteurs de l'immigration, qui commenceront à travailler sous peu. Dès le début du mois d'avril, les demandeurs d'asile qui ont été invités à quitter le pays mais le refuseront pourront être arrêtés.

Selon les chiffres de l'autorité de la population, il y aurait environ 39 000 Erythréens et Soudanais en Israël, dont 5 000 enfants. Pour le moment, les avis d'expulsion ne seront pas délivrés aux femmes, enfants, pères d'enfants, personnes reconnues victimes de l'esclavage ou de la traite des êtres humains et ayant fait une demande d'asile avant la fin de 2017 mais sans avoir reçu encore de réponse.

Cela porte à entre 15 000 et 20 000 le nombre de personnes susceptibles d'être expulsées. Mais le ministre de l'Intérieur, Arye Dery, et d'autres responsables ont clairement indiqué que la décision de ne pas expulser les parents, les femmes ou les enfants changerait probablement en route. Ceux qui déposent une demande d'asile maintenant ne sont pas non plus assurés d'une protection.

Demandeurs d'asile faisant la queue pour renouveler leur visa au ministère de l'Intérieur à Bnei Brak, le 1er février 2018. Photo Tomer Appelbaum

Il y a deux semaines, l'autorité de la population a donné des avis similaires aux demandeurs d'asile détenus à Holot, qui devrait fermer dans environ six semaines. Les demandeurs d'asile y affirment que l'autorité a eu des entretiens sur l'expulsion avec environ 60 des quelque 900 personnes détenues dans ce centre du désert du Néguev, toutes originaires d'Erythrée. Au cours de ces entretiens, le représentant de l'autorité leur a dit qu'ils devaient aller au Rwanda ou dans leur propre pays, sinon ils seraient emprisonnés à la prison de Saharonim pour une durée indéterminée. Ils ont eu un mois pour informer l'autorité de leur décision. Les détenus de Holot disent que l'Ouganda n'a pas été offert comme une option, comme c'était dans le passé.

Au cours de ces entretiens, les demandeurs d'asile ont reçu une lettre de deux pages en hébreu intitulée «Feuillet d'information pour l'infiltrateur quittant pour un pays tiers sûr» («infiltrateur» étant le terme utilisé par l'État pour les demandeurs d'asile entrés en Israël par la frontière égyptienne). Elle commence ainsi : "Nous voudrions vous informer que l'État d'Israël a signé des accords vous permettant de quitter Israël pour un pays tiers sûr qui vous absorbera et vous donnera un visa de résidence qui vous permettra de travailler dans ce pays, et promet ne pas vous renvoyer dans votre pays d'origine. "

Le document poursuit : «Le pays dans lequel vous allez est un pays qui s'est énormément développé au cours de la dernière décennie et qui absorbe des milliers de résidents et d'immigrants de retour de divers pays africains.... Ce pays a une stabilité gouvernementale, ce qui contribue à un développement dans de nombreux domaines, dont l'éducation, la médecine et l'infrastructure. "

L'autorité dit qu'elle prendra des dispositions pour que les documents de voyage israéliens soient fournis à ceux qui partent et leur billet d'avion sera payé. "Les représentants de l'autorité vous assisteront dans le processus de départ de l'État d'Israël jusqu'à la date de votre vol, et toutes les questions que vous pourriez avoir pourront leur être adressées", indique le document.

Il est indiqué qu'un pécule de 3 500 dollars leur sera remis à l'aéroport avant l'embarquement, avec un visa d'entrée dans le pays de destination. "À votre arrivée dans le pays tiers, une équipe locale vous attendra à l'aéroport pour vous accompagner durant les premiers jours. Le personnel vous amènera à l'hôtel qui a été réservé pour vous, où vous rencontrerez les représentants locaux, qui vous expliqueront vos options. "

L'autorité indique également que ses représentants les contacteraient dans le pays tiers peu après leur départ d'Israël. Le document donne un numéro de téléphone qui peut être appelé "pendant les heures de bureau", qui ne sont pas spécifiées. Il indique également qu'avant de monter dans l'avion, ils recevront un numéro de téléphone d'un représentant du pays tiers qu'ils pourront contacter. Ils sont avertis que s'ils ne partent pas volontairement et doivent être expulsés de force, le pécule de départ sera considérablement réduit. La lettre conclut: «Nous vous souhaitons du succès.»

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré que l'accord avec le Rwanda permet une expulsion forcée. Mais le Rwanda a publiquement nié l'existence d'un tel accord et a insisté sur le fait qu'il n'accepterait aucune personne expulsée contre son gré.

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