Kella Shlomo, une nouvelle entreprise secrète israélienne pour « combattre la délégitimation »

09-01-2018 tlaxcala-int.org 7 min #136806
 Noa Landau נועה לנדאו نوا لانداو

Parmi les actionnaires figurent l'ancien ambassadeur à l'ONU Dore Gold et les ex-généraux Amos Yadlin et Yaakov Amidror. La nouvelle initiative ne sera pas soumise à la loi sur la liberté de l'information

Le ministère des Affaires stratégiques a mis en place une société d'utilité publique pour s'engager dans ce qu'il appelle des «activités de sensibilisation de masse» dans le cadre de «la lutte contre la campagne de délégitimation» contre Israël à l'échelle internationale.

Haaretz a obtenu une liste des actionnaires et des dirigeants de la société, Kella Shlomo, qui comprend d'anciens ambassadeurs israéliens auprès des Nations Unies.

Le gouvernement a récemment alloué 128 millions de shekels (37 millions de dollars, 31 millions d'euros) à l'initiative, en plus des 128 millions de shekels qu'il recevra de donateurs privés du monde entier.

La nouvelle initiative ne sera pas soumise à la loi sur la liberté d'information, conformément à la politique de confidentialité du ministère, qui refuse de divulguer des informations détaillées sur ses activités.

Parmi les actionnaires et les directeurs se trouvent l'ancien directeur général du ministère Yossi Kuperwasser, l'ancien ambassadeur aux Nations Unies, Dore Gold, qui a aussi été conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahou, et l'ancien ambassadeur aux Nations Unies Ron Prosor.

Ils incluent également l'homme d'affaires Micah Avni, dont le père, Richard Lakin, a été tué dans une attaque terroriste de 2015 à Jérusalem, le général de division en retraite Amos Yadlin, qui dirige l'Institut d'études sur la sécurité nationale; et la colonelle ER Miri Eisin, qui a servi de conseillère du Premier ministre sur la presse étrangère pendant la Seconde Guerre du Liban.

Également sur la liste on trouve un ancien chef du Conseil de sécurité nationale, le général de division ER Yaakov Amidror, et Sagi Balasha, un ancien PDG du Conseil israélo-américain, qui a le magnat des casinos Sheldon Adelson comme principal parrain.

La plupart ont refusé de discuter de l'initiative et ont renvoyé les questions au bureau du ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan.

Les données les plus récentes de l'Autorité des entreprises montrent que le dernier rapport soumis par l'entreprise à l'autorité l'a été en octobre dernier. Le 28 décembre, le cabinet a approuvé une allocation de 128 millions de shekels à l'entreprise sur trois ans. La décision de fournir le financement a été prise par la procédure spéciale en vertu de laquelle une résolution du gouvernement est distribuée aux ministres et entre en vigueur automatiquement si personne ne s'y oppose ou ne demande une discussion.

Selon la résolution du gouvernement, le financement a été accordé «pour mettre en œuvre une partie des activités du ministère liées à la lutte contre les phénomènes de délégitimation et de boycotts contre l'État d'Israël». Elle indique que l'agence travaillera pour augmenter sa part du financement de l'initiative (environ la moitié) à partir de «sources philanthropiques» ou d '«organisations pro-israéliennes». Un comité de pilotage sera désigné pour l'initiative consistant à inclure des représentants du gouvernement et des représentants des autres partenaires de financement.

Itamar Baz du site ouèbe de surveillance des médias The Seventh Eye couvre le ministère des Affaires stratégiques, dont la plupart des activités sont cachées au public. Il a rapporté lundi que pendant que les fonctionnaires du ministère ont avancé des lois qui excluraient l'entreprise de la loi sur la liberté de l'information, la loi ne s'applique de toute façon pas à cette nouvelle agence, donc les activités seront faciles à cacher.

Il a également révélé que Liat Glazer, le conseiller juridique du ministère, a écrit dans un avis juridique que les activités menées via l'entreprise seraient «celles qui nécessitent des discussions« non gouvernementales »avec divers publics cibles ».

Selon un document du ministère, les gens de Kella Shlomo travailleraient via les réseaux sociaux parce que «l'ennemi dirige la plupart de ses efforts de sensibilisation et de motivation vers ce secteur.» De même, le document publié par The Seventh Eye dit que l'on s'attendait à ce que l'organisation mène des «activités de sensibilisation de masse» et travaille pour «exploiter la sagesse des foules», une activité définie comme de nature à «rendre de nouvelles idées accessibles aux décideurs et aux donateurs dans le monde juif et développer de nouveaux outils pour combattre la délégitimation d'Israël».

Un rapport publié dans le quotidien Yedioth Ahronoth le lendemain de l'approbation du financement par le cabinet a décrit positivement l'initiative, affirmant qu'elle "augmenterait le niveau d'efforts dans la lutte contre BDS", le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions. Yedioth a indiqué que la nouvelle compagnie «apporterait une réponse rapide et coordonnée aux efforts pour souiller l'image d'Israël autour du monde», par exemple, dans le cas d'une opération militaire, d'attaques terroristes ou de votes de l'ONU contre les politiques gouvernementales.

Cela se ferait en lançant des campagnes en ligne, en faisant du lobbying, en engageant des organisations à l'étranger et en invitant des délégations en Israël.

Le ministère des Affaires stratégiques a refusé de préciser si la société agirait en conformité avec les principes de la loi sur la liberté de l'information.

"Il s'agit d'une initiative conjointe qui répond à toutes les exigences de la loi pour ce type d'engagement et elle est similaire à d'autres initiatives gouvernementales comme Taglit-Birthright et  Masa ", a indiqué le ministère.

"Dans l'accord avec [l'entreprise], il existe des procédures de contrôle distinctes, telles que définies par le ministère des Finances et le ministère de la Justice, lors du travail conjoint avec eux pour la mise en place du projet. Elle sera soumise à l'audit par le contrôleur de l'État", a-t-il ajouté.

" En outre, comme le ministère dirige l'initiative, et lui attribue une grande importance dans le cadre de la campagne contre la délégitimation d'Israël, le ministère a alloué des outils et des fonctions de contrôle supplémentaires. Le conseiller juridique du ministère et son contrôleur siègeront tous les deux au sein du comité de pilotage chargé de la gestion du projet. »

Actionnaires (A) et membres du conseil d'administration (C)

Samuel Salomon A Général Yossi Kuperwasser A C Colonel Miri Eisin A C

Micah Avni A, Président Ron Prosor A Général Amos Yadlin A

Général Yaakov Amidror A Ambassadeur Dore Gold A Sagi Balasha A & PDG

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