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Le cheval de métal

Confusions élémentaires

L'élémentarité doit être comprise au sein de ce que la science a pu fournir comme structure de la connaissance.
L'élémentaire est la partie indivisible, atomique, unitaire, la seule et la dernière partie d'un système à laquelle peut être appliqué avec succès la logique binaire, prédisant son existence ou son inexistence.

A un stade élémentaire de la construction de la conscience, lorsqu'on dispose encore de trop peu de complexité structurelle permettant le classement et la facilité de l'usage des informations qui y sont connues, la confusion consiste en ce qu'on cale dans un même placard des idées qui sont relativement proches l'une de l'autre, en raison du reste de la classification de sa mémoire, en raison de la place qu'il reste et de la façon dont c'est organisé là-dedans.

C'est pourquoi on a beau induire des connaissances philosophique au peuple via les belles paroles qui séduisent et qu'ils répètent, et re-répètent, voire même réinventent, ça n'a jamais l'effet escompté si tant est que la façon dont le cerveau, la psychologie est construite, conditionnera inéluctablement l'endroit où l'information distillée va échouer – et à quoi elle sera ensuite associée.

Il y en a même qui, faute d'énergie pour le simple classement de l'information reçue, la rejettent tout simplement, ce qui est le creux de l'injustice, le mal initial, le plus élémentaire dont tous les autres découlent.

Prenons le premier cheval de métal, qui traversa les plaines de Chine et d'Amérique, sous les yeux des indigènes respectifs, qui fit naître de part et d'autre du globe la même réflexion spontanée : « Ce cheval de métal apporte notre malheur ».

La vérité n'a pas besoin d'être prouvée, et la connexion entre les indiens américains et chinois est qu'ils sont arrivés aux mêmes conclusions à partir des mêmes faits.
Le fait n'est pas le train en tant que tel, n'importe quel humain pouvait se dire que c'était très pratique si on pouvait transporter des lourdes charges sans effort. D'ailleurs le discours colonisateur du capitalisme qui s'ignorait, ne mettait l'accent que sur ce simple fait, et s'étonnait de voir de la réticence, qu'il attribuait à une éducation que les peuples devaient obtenir.
Ce qui là aussi, n'est pas entièrement faux, sauf si on discerne l'éducation et l'habituation, sauf si on appelle éducation ce qui n'est qu'habituation, et sauf si on est assez bête pour croire que le problème vient de l'incompréhension des indigènes des avantages de la technique dont ils se sentent porteurs.

Pourtant ça n'aurait été que de la rhétorique si le train ne servait qu'à porter les charges de certaines personnes et pas d'autres, ce dont les locaux ne se doutaient même pas.
C'est intéressant de noter que spontanément un peuple primitif part toujours du principe qu'il pourra bénéficier des inventions des autres. Et qu'il faut être vraiment « civilisé » pour stopper net ce qui du coup s'appelle de la « jalousie », en ne comptant même pas une seconde sur le fait qu'il puisse bénéficier d'une nouvelle technologie, du moins pas avant qu'elle ne soit assez dévaluée.

Mais ce n'est pas cela qui a été l'indice de la malfaisance.
Les peuples primitifs pensaient que le cheval de métal apportait le mal, confusément, en mettant dans le même sac l'idée de « apporter – transporter - étendre », les dommages multiples et nombreux causés directement et indirectement par son tracé, et surtout enfin le fait que cette évolution technique ait été imposée sans concertation.
Et là aussi on touche au creux du mal, la non concertation.
C'est ce en quoi il n'était pas besoin d'attendre l'accusation de l'Histoire pour savoir qui avait raison.
La moindre des choses aurait été, disons dans un monde civilisé, de demander quel tracé gênerait le moins, d'après la culture locale et tribale, autant les humains que les migrations animales, et en compensation permettre des transports gratuits par exemple.

Et tout ce serait bien passé, et personne n'aurait eu à prononcer de phrase prophétique qu'en plus de toute la vérité occultée qu'elle contient, personne ne peut entendre.

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La loi de Képler indique avec une certaine stupéfaction un indice de nature mathématique sur ce qui fait la façon dont l'équilibre, l'harmonie des propriétés fait pour former un système solaire, pourtant régit par des lois déterministes.

Car pour toute autant que les lois de la physique sont déterministes, elles s'obtiennent par un calcul harmonique qui lui, bien que parfaitement mathématique, ne s'applique qu'au deuxième degrés à la dimension matérielle.

Dans le calcul, la masse du soleil détermine à elle seule la surface formée par l'arc angulaire de n'importe quelle planète, qui à son tour, autant que la masse des corps, sont des propriétés inflexibles, avec lesquelles les lois de la nature doivent composer. La vitesse et le rayon orbital, eux, sont des variables d'ajustement, que le corps céleste est libre d'adopter.
De nombreuses configurations permettent, à un niveau élémentaire, d'obtenir un résultat valable, répondant à la superficie de l'arc de cercle parcourue en un lapse de temps étalon et désirée par la masse du soleil. On peut déjà exclure les possibilités où l'astre serait en-deçà et au-delà d'un certain rayon.
Mais en présence des autres corps célestes qui ne manquent pas, le nombre de ces possibilités va en se réduisant, puisqu'ils agissent tous les uns sur les autres.
Notons que lors de cette réduction des possibilités, au fur et à mesure que la bonne solution est trouvée, il est très difficile de revenir en arrière si par exemple une des configuration équilibrium tentait le corps céleste de s'approcher très près et rapidement du soleil, tandis qu'une autre configuration, directement la suivante sur la liste des possibilités qui permettent l'harmonie de l'ensemble du système, était une configuration où le corps devrait être loin et lent de son étoile.

Ceci pour dire qu'il n'est pas si commode de partir vers une frange de possibilités, quand on profite de sa liberté, si c'est pour se rendre compte que finalement c'était l'autre frange de possibilités qu'il fallait choisir.
En ce qui concerne la loi des corps célestes, on pourra spéculer mille ans sur la façon dont cela fonctionne avec une telle perfection d'horloger, ce seront autant de moments d'émerveillement promis à l'humanité du futur. On sait juste que les orbites finales de l'équilibrium, sont d'une longueur qui est un nombre dit « irrationnel », sans limite après la virgule.
En ce qui concerne la dimension psychologique, en plus de la liberté dans un système plus complexe mais tout aussi pointilleux au niveau de l'obtention d'un equilibrium, on dispose en plus de « la force » qui permet de faire de grands basculements non permis par la simple physique.

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Au niveau atomique, l'erreur je pense est topologique. Un atome est un élément suffisamment indivisible pour être concrètement inclus dans une élaboration, moléculaire donc, et sans trop de risque d'erreur.
Au niveau subatomique, les électrons ou en fait plutôt, c'est bien plus intéressant, les emplacements prévus pour les électrons qui sont libres de s'attacher ou non, ne sont en fait que des configurations possible de l'atome, des configurations mathématiques, qui sont des emplacements pour ces objets physiques que sont les électrons.
C'est le noyau qui détermine, comme la masse du soleil, la configuration, les emplacements où pourront se positionner les charges électriques, jusque dans un certain volume de taille, qui est strict et déterminé.

L'hydrogène est le plus élémentaire des éléments, n'étant en fait qu'un proton sans besoin de neutron, constituant un atome sans besoin d'électron.
On voit déjà que l'appellation d'atome, est en fait une désignation, un paquetage, un contenant pour une articulation physique qui produit l'objet élémentaire dont l'existence peut être prouvée par des combinaisons, si on l'associe avec succès.
Plus le noyau est gros plus il induit une complexité grandissante de sa structure, comme un sapin qui grandit, augmentant d'autant les emplacements possibles pour les boules de noël, autant de décorations qui symbolisent l'électron venu se greffer sur l'emplacement prévu pour lui par la configuration mathématico-matérielle de l'atome.
D'ailleurs toute l'astuce pour faire tenir un atome aura été de crée un noyau d'une durée de vie assez longue pour que des électrons viennent s'y greffer et ainsi se stabiliser électriquement (c'est pourquoi il fat une énergie grandissante pour créer les atomes les plus lourds)..

Cette accroissement en complexité observé par la fameuse expérience sur les raies spectrales dont découla par erreur d'attention la physique quantique, et que l'observation elle-même fait apparaître d'une façon qu'elle n'est pas en réalité, a quelque chose de fractal, les « orbites » électroniques étant parées de suborbites et ainsi de suite, ouvrant autant de liberté de mouvement pour la configuration électronique, voulue par le contexte moléculaire et par les autres contextes qui agissent.
Lors d'une soudaine mutation quand l'atome choisi une nouvelle configuration, il arrive très souvent qu'il se débarrasse de quarts, quarts de quarts, et quart de quart de quart d'électrons, auxquels ont donne alors toute une panoplie de noms.

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Dans une phase primitive de l'analyse, de la façon dont l'information de la présence du cheval de métal est comprise, le train et son principe sont entièrement rejetés si le mal, même soupçonné, paraît plus grand que le bien. ¨Pour le gars qui l'a implanté, le bien l'emportait, et il faisait abstraction des maux.

Or de l'entente découle la justice, et la vérité historique, ne se tourne pas vers celui qui se croyait visionnaire en implantant le train, mais vers celui qui faisait ce simple commentaire empli de sagesse même dans la confusion.

Le combat était inégal et ce sont les mauvais qui ont gagné, car en imposant leur choix par la force ils ont de fait occulté le choix qui aurait découlé de l'entente, et qui finalement aurait considérablement changé le monde.

Les humains primitifs ne savent pas esquisser ensemble les tiraillements qui sont les leurs, ni les exposer, ni vraiment les distinguer les uns des autres. C'est grosso-modo le cheval de métal qui était désigné, mais lui-même, n'était que la façon de nommer, que le symbole, d'une chose beaucoup plus sournoise et violente, la non concertation.

Il faut croire qu'un savoir aussi puissant ne s'acquiert pas forcément par l'expérimentation de l'erreur afin d'attendre le recul historique, mais seulement en étant le plus humain possible.

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