1979: Des milliers de réfugiés cambodgiens poussés sur des champs de mines par l'armée thaïlandaise

06/12/2017 31 min arretsurinfo.ch #135862

Enfants réfugiés cambodgiens attendent de recevoir l'aide alimentaire de Phnom Penh en 1975

Les atrocités de l'armée thaïlandaise à Mount Dangrek: Les histoires tragiques des réfugiés Khmers

Publié en avril 2012 sous le titre Thai Army's atrocity at Mount Dangrek: Khmer Refugees' tragic stories

Témoignage du réfugié cambodgien Tim Ung

Il y a 38 ans, après l'invasion du Cambodge par le Vietnam, des centaines de milliers de réfugiés cambodgiens ont fui vers les camps frontaliers à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. Des dizaines de milliers de réfugiés khmers ont été bloqués dans un no man's land et, en juin 1979, l'armée thaïlandaise a rassemblé environ 45,000 personnes, les a transportées par autobus et les a poussées sur la montagne escarpée de Preah Vihear. Ceux qui ont hésité ont été tués sur place, et ceux qui ont été forcés de marcher ont dû traverser des champs de mines non marqués, souffrir de maladies et de famine au pied de la montagne. Au moins 10% de ces réfugiés auraient péri.

Une affiche représentant des réfugiés khmers mourant dans les montagnes de Dangrek en 1979-1980 (source: blog.andybrouwer.co.uk)

Voici le témoignage de Tim Ung, un Cambodgien vivant en Australie qui a survécu à cette tragédie

En janvier 1979, l'armée du Vietnam a vaincu l'armée khmère rouge du Kampuchéa démocratique après des années d'escarmouches le long de la frontière orientale et a pris le contrôle du pays. Des milliers de réfugiés cambodgiens se sont alors enfuis vers la Thaïlande voisine pour échapper aux combats sporadiques et à la famine qui sévissaient sauvagement. Malheureusement, la Thaïlande a rejeté les réfugiés et les a rapatriés de force. Ma famille faisait partie de ces quelque 45,000 réfugiés qui ont été refoulés en juin 1979.

Il y avait 8 personnes dans notre famille: ma mère, mes 3 sœurs plus âgées, mon frère (19 ans), mon neveu (11 ans), une nièce (9 ans) et moi-même (17 ans). Pour des raisons de sécurité, ma famille s'est enfuie du Cambodge avec d'autres familles (environ 30) et nous sommes arrivés au camp de réfugiés de Nong Chan au début du mois de mai. Nous pensions que tout notre passé tragique était derrière nous et que nous avions atteint la terre de la liberté, mais nous avions tort. Notre destin était sur le point de prendre un autre virage mortel.

Quatre semaines après notre arrivée à Nong Chan, le gouvernement thaïlandais a ordonné la fermeture du camp et des centaines d'autobus sont venus pour emmener les réfugiés cambodgiens Dieu-sait-où. La manière violente dont la rafle a eu lieu ne fut pas de bon augure. Les soldats armés ont ordonné aux réfugiés de monter à bord des bus qui attendaient. Ils frappaient les réfugiés au hasard et leur donnait des coups de pied ou des coups de crosses de fusil. Cette brutale opération a duré plusieurs jours. Nous avions réussi à échapper aux soldats pendant deux jours avant que notre chance ne finisse par tourner.

Le troisième jour, un convoi d'environ 50 bus chargés de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de bébés complètement hagards, a quitté Nong Chan vers 5 heures du matin. Notre groupe faisait partie des personnes expulsées ce jour-là.

Les bus fonçaient tout droit sans s'arrêter comme si notre voyage n'avait pas de destination. Je me suis assis juste derrière le chauffeur et j'ai été surpris de voir que nous roulions très vite, à 80 kms/heure ou plus. Nous traversions de nombreuses villes, villages et campagnes. J'ai été étonné par les progrès de la Thaïlande, même à la campagne, alors que le Cambodge était en ruine après que les Khmers rouges aient totalement anéanti tout ce qui restait après la guerre civile de cinq ans (1970/1975).

Quelques heures plus tard, dans la nuit, je me suis réveillé alors le convoi ralentissait en traversant une ville éclairée. Lorsque les bus s'arrêtaient aux feux de circulation, de nombreux Thaïlandais convergeaient en groupes de trois ou quatre. Ils commencèrent à nous passer, à travers les fenêtres, du riz cuit et non cuit, de l'eau fraîche, des médicaments, des vêtements et bien d'autres choses, tout cela soigneusement emballée dans de petits sacs en plastique. Nous pensions qu'ils essayaient de nous vendre des marchandises donc nous avons poliment refusé, nous n'avions pas d'argent. Ils ont alors insisté. Ils parlaient en thaï, nous parlions en khmer; et après de nombreux essais en langue des signes, nous avons finis par comprendre que ces choses nous étaient données gratuitement, comme des cadeaux. Nous étions perplexes. Peut-être étaient-ils étonnés eux aussi parce que nous avions refusé de prendre leurs dons vitaux? Des choses dont ils savaient que nous aurions bientôt besoin? Apparemment, ils savaient des choses que les réfugiés ignoraient.

D'autres sont venus avec encore plus de nourriture et de cadeaux, et j'ai remarqué pour la première fois que quelques Caucasiens se trouvaient aussi parmi eux. Cela s'est répété aux feux de circulation suivants, donc j'ai compris que c'était quelque chose de planifié et non pas les actes spontanés de gentils individus.

Voyant que certains d'entre eux étaient d'origine chinoise, un homme dans notre bus a décidé de leur demander en dialecte chinois teochiou: « Savez-vous où ils nous emmènent? »

Après quelques hésitations, l'un d'entres-eux a répondu: « Je... je ne sais pas... », mais il a ensuite ajouté d'une voix claire, « mais quelque soit l'endroit ou ils vous conduisent, s'il vous plaît, s'il vous plaît, ne jetez PAS les choses que nous venons de vous donner! »

Une collègue de ce Thaï a rapidement couvert son visage de ses mains et s'est détourné, mais elle n'a pas été assez rapide pour éviter que beaucoup d'entre nous ne remarquent qu'elle pleurait. Puis les policiers sont venus chasser ces gens bons avant qu'ils ne puissent nous dire quoi que ce soit d'autre. Alors les feux de circulation sont redevenus verts.

Nous nous demandions quel genre de péril nous allions affronter tandis que ce convoi de malheur continuait son chemin, gagnant de la vitesse - nous conduisant à 80kms/heures vers notre tragique destin.

Les bus ont roulé toute la nuit; ils ne s'arrêtaient même pas pour laisser descendre les passagers qui souhaitaient se soulager ou se dégourdir les jambes. Je me suis assoupi plusieurs fois et finalement je me suis réveillé alors que le bus s'arrêtait. Des soldats armés, certains vêtus d'uniformes noirs, sont montés à bord des autobus et nous ont forcés à descendre, puis ils nous ont rassemblés en troupeau et nous ont emmenés de plus en plus profondément dans la jungle.

Nous avons enduré cette marche forcée pendant des heures jusqu'à ce que nous atteignions une clairière à l'aube. Au-delà de cette clairière, un désert sombre et brumeux s'étendait au-dessous. Ce désert était le Cambodge, et nous étions debout à quelques mètres d'une falaise qui lui faisait face. Nous étions debout sur une montagne! Nous étions arrivés au Phnom Dangrek, une chaine de montagnes qui borde le Cambodge et la Thaïlande.

J'étais épuisé après ce long voyage sans repos approprié. Je me sentais groggy et ne pouvais pas se débarrasser d'une sensation bizarre. Peut-être était-ce l'air froid et brumeux du matin sur la montagne ou était-ce un mauvais présage? Je ressentais un sentiment de surréalisme - rien ne semblait avoir de sens.

C'était étrange. Il y avait des traces de pandémonium ici. Des choses étaient éparpillées partout sur le sol, des sacs de riz (toujours remplis de riz), des vêtements, des casseroles et des poêles, des nattes de paille... Où étaient leurs propriétaires?

Ajoutant à ma confusion, mon frère a commencé à regarder autour et à ramasser beaucoup de choses, les ajoutant à ce qu'il portait déjà. Pourquoi ramasse-t-il ces objets? Ils appartiennent sûrement à d'autres personnes? « Alors mon esprit a lutté pour réfléchir.

En fait, l'instinct de survie de mon frère est entré en jeu alors que j'étais encore plongé dans la confusion. Plus tard, nous avons découvert que, parmi d'autres articles utiles, il avait aussi ramassé un sac de riz suffisant pour remplir 28 boites (environ 7 kilos). Sans ce sac de riz, nous aurions pu mourir de faim avant d'avoir trouvé de la nourriture.

Nous allions bientôt faire l'expérience du même chaos que les précédentes personnes qui avaient jetées toutes ces choses. Il y avait une grande agitation devant nous et la foule s'est soudainement arrêter de marcher.

Un homme s'est retourné vers nous et a dit: « Nous sommes en grand danger, nous devons descendre par cette falaise! C'est impossible! »

J'ai regardé où il pointait sont doigt... Alors j'ai pensé: « Ce doit être une erreur, les soldats vont bientôt clarifier ce malentendu. » Et comme si nous n'étions pas assez effrayés, une de mes sœurs a demandé: « Avez vous vu le cadavre là-bas?

Soudain, les tirs ont commencé et leurs échos dans la forêt ont multiplié notre terreur collective. Tout le monde s'est couché sur le sol, plus comme un geste de soumission que pour se protéger. Nous faisions des cibles parfaites. Au mieux, nous espérions qu'en nous couchant, nous ne nous offririons plus comme cible évidente pour les tireurs.

Une femme, qui se tenait auparavant debout à quelques mètres de mon frère, est tombée et ne s'est pas levée. Sa famille a éclaté en sanglots lorsque le sang a commencé à couler abondement sur le rocher sur lequel elle se tenait, avant de s'infiltrer dans le sol sous son corps sans vie. Les hurlements lugubres de sa famille ont enfoncé leur douleur profondément dans nos cœurs.

Ensuite, j'ai vu un soldat thaïlandais pointant son fusil M16 vers nous. J'ai d'abord pensé qu'il nous protégeait contre les hommes armés qui nous tiraient dessus! C'était incompréhensible pourquoi quelqu'un tirerait sur des réfugiés sans défense? Je pensais que nous étions attaqués par des bandits comme lors de notre fuite du Cambodge quelques semaines plus tôt. Rien n'avait de sens. Les choses étaient simplement trop horribles pour être vraies - j'étais dans un état d'incrédulité.

Le soldat (avec le M16) a alors dit quelque chose en thaï. Quelqu'un nous a rapidement traduit qu'il nous ordonnait de descendre la falaise sinon il ouvrirait le feu et qu'il nous ordonnait de laisser notre argent thaï sur place car il serait inutile au Cambodge! Il nous a aussi menti en nous disant que nous ne serions pas en danger si nous descendions. Ce n'est que longtemps après que j'ai réalisé que ce soldat avec le M16 était l'un des hommes armés qui nous avaient tirés dessus.

Une femme a été assassinée de sang froid juste parce que les soldats thaïlandais voulaient faire valoir leur point de vue. Il n'y a pas eu d'avertissement, pas de menace - ils ont choisi de commettre un meurtre au premier signe de notre hésitation.

Les réfugiés ont descendu ces pentes fortement boisées des montagnes de Dangrek alors qu'ils étaient forcés de retourner au Cambodge par la menace des armes des soldats thaïlandais. (source: blog.andybrouwer.co.uk)

Le soleil se levait et, regardant vers le bas, tout ce que je pouvais voir, c'étaient de sombres forêts sauvages qui s'étendaient jusqu'à l'horizon. Nous nous aidions les uns les autres aussi rapidement que possible au cas où les soldats auraient décidé de décharger à nouveau leurs armes sur nous. Les plus forts de notre groupe ont soutenu les plus faibles. Nous avions de la chance que dans notre famille, il n'y ait pas de personnes âgées fragiles ou de jeunes bébés à prendre en charge. Nous avons dû attraper des racines d'arbres et des vignes après avoir jeté nos affaires à d'autres qui attendaient en dessous. Nous sommes descendus le long de la falaise de cette manière pendant des heures qui nous apparaissaient interminables.

Avant que nous nous soyons remis du choc, ma sœur s'est alarmée car son fils de 11 ans avait disparu! Où pourrait-il être? Nous ne pouvions pas escalader la falaise abrupte dans l'état où nous étions. Comment chercher un enfant disparu parmi des milliers de personnes paniquées?

Comme le voulait le destin, la chance ne nous a pas totalement abandonné ce jour-là. Quelque temps après, nous retrouvé mon neveu qui nous attendait anxieusement; debout près d'un vieux monsieur de notre groupe de réfugiés. Mon neveu essayait de mettre le plus de distance possible entre lui et les soldats meurtriers et dans sa hâte a oublié de s'assurer que nous le suivions.

Plus bas, nous avons réalisé à quel point mon neveu avait eu de la chance. Nous avons rencontré quelques enfants perdus le long du chemin, pleurant pitoyablement car leurs parents avaient disparus. Ils avaient été soit séparés accidentellement de leurs familles, soit délibérément abandonnés, les deux scénarios étaient également possibles à ce moment-là. De temps à autre, il y avait une personne âgée qui s'était assise calmement à côté de la piste, attendant une mort certaine.

Beaucoup plus tard, nous avons rencontré un couple avec un petit enfant d'environ 3 ou 4 ans. Ils nous ont dit qu'ils avaient récupéré l'enfant après l'avoir trouvée abandonné sur le bord de la piste. Le petit enfant a été sauvé mais il avait l'air très triste.

« Nous l'avons vue abandonnée à côté de la piste, nous l'avons donc emmenée, nous n'avons jamais eu d'enfant à nous », nous a expliqué la femme en regardant avec amour sa fille nouvellement acquise. Son mari a ensuite ajouté: « Il y en avait deux mais nous ne pouvions prendre qu'un seul enfant avec nous. Nous avons pris la plus jeune. Heureusement, d'autres personnes ont pu sauver l'enfant plus âgé... »

En fin d'après-midi, peut-être vers 15 heures. Nous étions à mi-chemin de la montagne et nous avons pu nous reposer un peu. Nous étions hors du champ de tir des soldats thaïlandais mais nous étions encore loin d'être en sécurité. En fait, nous entrions maintenant dans une autre zone mortelle - les champs de mines. Avec des milliers de civils en train de se déplacer, il y avait de grandes chances que quelqu'un déclenche une mine tôt ou tard.

Il était évident que chaque personne là-bas devait prendre au sérieux les signalements de mines. Nous étions en danger de mort. De temps en temps nous passions devant un cadavre déchiqueté. La puanteur était horrible, elle imprégnait l'atmosphère et persistait dans l'air. Nous ne pouvions pas nous empêcher de tourner nos yeux pour regarder le corps couvert d'asticots qui restait là où il était tombé. Les vivants essayaient d'ignorer les morts.

Il y avait des milliers de gens partout, se bousculant pour survivre. Cependant, nous n'avions pas perdu la décence humaine et, en général, nous nous traitions les uns les autres aussi poliment que possible. Je n'ai vu aucun combat entre les réfugiés.

À ce moment-là, nous manquions d'eau et nous devions en trouver d'urgence. Ma gorge était sèche.

Pourtant, à chaque pas que nous faisions, des gens poussaient des cris d'avertissement, « Ne partez pas comme ça! », « Ne touchez pas cet arbrisseau! », « Cette branche d'arbre cassée est un avertissement comme quoi il y a une mine, n'y allez pas! »

Les signes avaient été placés par des réfugiés qui étaient passé là avant nous. Certains étaient réels mais beaucoup d'autres étaient les sujets de notre propre paranoïa. Disons que si je marchais un peu trop négligemment et cassais une branche d'arbre, cette branche cassée pourrait facilement être interprétée comme un signe d'avertissement par ceux qui marchaient loin derrière. Il y avait juste trop de signes avant-coureurs.

À ce moment-là, nous avons rattrapé certaines personnes qui avaient été expulsées un jour ou deux avant nous et qui, pour diverses raisons, n'ont pas pu continuer et s'étaient arrêtées sur le côté de la piste déjà étroite. L'endroit était plein de gens, certains se reposaient juste à côté d'un signe d'avertissement de mine.

Le seul endroit évident où il n'y avait pas de mine était le sentier bien piétiné, et sur plusieurs tronçons on nous expliquait de ne marcher que sur les pas de la personne qui nous précédait. Par conséquent, cela créait un goulot d'étranglement puisque des milliers de personnes devaient avancer prudemment en suivant une seule file. Durant les 2 heures suivantes nous n'avons pas fait plus de 200 mètres.

Quoi qu'il en soit, nous étions confrontés à un nouveau danger. Tout le monde avait tellement faim et soif que nous devions trouver de l'eau immédiatement pour boire et cuisiner. Pour cette raison, notre groupe a décidé de se reposer à côté de la piste, soucieux de ne rester que dans une zone dégagée et de ne pas s'égarer (même d'un pas). Mon frère et moi avons dû aller chercher de l'eau avec les hommes de notre groupe.

Pendant notre quête d'eau, je n'ai pas pu suivre mon frère. Et une fois que les gens passaient devant nous sur la piste, il y avait peu de chance de pouvoir les dépasser à nouveau - la voie de sécurité n'est praticable que par une personne à la fois. Puis, quelques minutes plus tard, je l'ai même perdu de vue. J'avais peur qu'il me blâme puisque j'étais celui qui portait notre seul pot d'eau, mais moi, je ne pouvais rien faire de plus. Quelques minutes plus tard, je me suis retrouvé tout seul, séparé de tous les autres membres de notre groupe qui étaient venus avec nous.

Peu de temps après, j'ai su que j'étais chanceux quand j'ai vu des gens transporter de l'eau dans toutes sortes de conteneurs, des canettes, des seaux, des casseroles, des poêles, des sacs en plastique, etc... Je savais que j'étais sur la bonne voie pour ramener beaucoup d'eau, de l'eau pour tout le monde, autant d'eau que je pourrais en porter. Cela a considérablement élevé mon moral. Les traînées d'eau évidentes, dégoulinant des conteneurs des gens au sol, m'ont incité à marcher plus vite, et bientôt la voie, qui était auparavant sèche, est devenue détrempée. Finalement je me suis retrouvé en train de marcher sur une piste boueuse alors que je me rapprochais de la source d'eau. Je ne me souvenais pas d'avoir été si heureux dans ma vie de marcher dans la boue.

C'était un petit mais long cours d'eau stagnant. J'ai pataugé dedans et ai bu une gorgée d'eau putride - elle était boueuse et très polluée, et avait un goût étrange alors j'ai recraché, et pataugé un peu plus en aval. En regardant les berges, j'ai cru voir des mines liées à des arbres, mais cela pouvait simplement être mon imagination. Quand je suis arrivé à un point où l'eau était moins sale, j'en ai bu bien qu'elle soit toujours boueuse et avait encore un gout étrange. J'ai apprécié la sensation apaisante d'eau fraîche sur mes jambes fatiguées, alors j'ai pris le temps de me laver avant de regarder autour de moi. Sur la rive du ruisseau, j'ai vu deux jambes étendues sur un sol solide tandis que la partie supérieure du cadavre était immergée dans l'eau. C'était seulement à quelques mètres de l'endroit où je me trouvais.

Il faut que je trouve de l'eau plus propre, ai-je alors pensé. Ensuite, j'ai fait une supposition très stupide comme quoi toutes les mines dans l'eau étaient endommagées et ne représentaient aucune menace pour moi. Peut-être que j'avais raison et que cette hypothèse était la bonne ou alors ai-je juste été chanceux? Comme un bœuf maladroit, je pataugeais au milieu du ruisseau dont l'eau atteignait mes cuisses. Je me suis éloigné du corps et j'ai récupéré de l'eau à la place. Nous n'avions pas le choix - nous devions boire l'eau de ce ruisseau maintenant et nous inquiéter des possibilités de tomber malade plus tard, sinon nous mourrions de soif très bientôt. J'ai rempli le pot d'eau et l'ai rapporté à ma famille. Ca n'a pas été difficile de les trouver, il m'a suffit de suivre l'unique piste. Mon frère était déjà revenu. Il avait également trouvé une source d'eau différente - un trou vaseux, et il avait ramené un sac rempli d'eau. Nous nous sommes bien désaltérés avant de nous reposer pour le reste de la journée.

Nous dormions sur le sol nu. Nous nous assurions de rester sur les traces de ceux qui étaient passé avant nous. C'était le seul moyen d'être assuré que cette parcelle de terrain était exempte d'explosifs.

Le deuxième jour, nous avons progressé plutôt bien au début - à une vitesse d'environ 50 mètres toutes les 5 minutes, mais la progression n'était pas constante. De temps à autre, la longue file s'arrêtait complètement. Puis elle bougeait à nouveau. Cela a duré une bonne partie de la matinée.

De temps en temps, nous passions devant des panneaux d'avertissement de mines. Il y en avait tellement qu'il était facile de perdre notre vigilance et une fois qu'elle était perdue, nous pouvions facilement faire notre dernier pas.

À midi, nous avons fait de lents mais réguliers progrès. Nous nous éloignions de plus en plus du pied de la montagne. Tout le monde était fatigué et assoiffé car la plupart du temps, nous étions contraints par la file d'attente humaine immobile de rester sans bouger dans l'épaisseur de la jungle sous une chaleur de plomb.

À un moment donné, la file a bougé à nouveau et elle a continué à le faire pendant des centaines de mètres, remontant une petite colline. Je suivais la personne en face de moi, heureux de la progression. La file est ensuite redescendue après un virage. Juste au moment où nous atteignions le virage, des cris d'avertissement nous furent adressés.

« Arrêtez, Arrêtez! » « Ne continuez pas! Ne bougez plus! » « Arrêtez-vous là! »

J'ai paniqué, pensant que nous avions pénétrés dans un champ de mines. Mais nous étions bien dans la zone de sécurité de la piste, et ne voyant aucune raison apparente de nous arrêter, nous nous sommes précautionneusement avancés jusqu'aux gens en face de nous. Puis la foule s'est complètement arrêtée et je me suis retrouvé debout au beau milieu de la mort.

Des deux côtés de la piste, il y avait des cadavres éparpillés partout. J'étais à quelques mètres du mort le plus proche. Nous n'avions pas détecté l'odeur avant d'atteindre cet endroit parce que nous y étions trop habitués. Il y avait environ 30 corps, certains enveloppés dans des nattes de paille et d'autres qui pourrissaient à l'air libre.

Rien sur la terre ne sent plus mauvais qu'un humain mort - une puanteur malsaine accablante et douce qui semble s'attarder profondément dans l'air. Et nous étions là au milieu d'une trentaine d'entre eux! Nous ne pouvions pas avancer tant que la foule demeurait immobile. De même, il n'y avait pas moyen de reculer, d'autres réfugiés étaient déjà entassés derrière nous. Nous étions obligés de rester sur place au milieu de cette tragique scène et de respirer la puanteur des cadavres. Il était évident que quelqu'un avait marché sur une énorme mine ici, au milieu de la foule, un ou deux jours auparavant. Je ne pouvais m'empêcher d'essayer de visualiser l'immense horreur qui s'était produit. Une tristesse extrême, aggravée et multipliée plusieurs fois par l'effet de l'odeur, s'est répandue dans mon cœur.

Il était hors de question d'enterrer correctement ces morts. D'abord nous n'avions pas d'outil et creuser le sol signifiait frapper à la porte de la mort. J'ai remarqué que la plupart des corps étaient enveloppés dans des nattes de paille qui étaient ensuite étroitement attachées. Cet acte d'envelopper les corps suggérait que les familles des victimes avaient passé beaucoup de temps pour le deuil avant de continuer leur chemin. C'était tout ce qu'ils pouvaient faire, peut-être juste pour empêcher les mouches de s'entasser sur les cadavres - en vain. Maintenant, les corps étaient dans un état avancé de décomposition.

Personne n'a prononcé un mot.

Dans le silence, la seule chose que nous entendions était le bruit des mouches, car apparemment des millions d'entre elles convergeaient vers les corps, et ce processus désorientait le sens de la réalité des vivants. Il me semblait même entendre le son des asticots dévorant la chair des morts. Ils faisaient un festin. Nous sommes restés sur place longtemps, peut-être 30 minutes, avant que la foule ne se remette à marcher.

On nous a expliqué plus tard que ces victimes étaient des Khmers-Islams (Chams du Cambodge de religion musulmane) qui faisaient partie du premier groupe à avoir été renvoyé. Il a même été affirmé que ce groupe avait délibérément été pris pour cible par les Thaïlandais. Je ne sais pas si ces deux affirmations sont vraies ou non. Les réfugiés ont commencé à se poser des questions: de tous les endroits situés le long de centaines de kilomètres de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, pourquoi les Thaïlandais ont-ils choisi précisément de nous pousser sur cette falaise? Sans nourriture et sans eau? Directement dans les champs de mines? La réponse était évidente.

Je ne pouvais pas m'empêcher de penser au groupe qui avait été forcé de descendre le premier jour. La piste qui nous a menés à la sécurité a été pavée par les morts de ce groupe. Je ne pouvais pas m'imaginer la bravoure des premiers hommes et femmes qui se sont sacrifiés dans des champs de mines non indiqués afin de conduire leurs proches en sécurité et qui, en faisant cela, ont sauvé des milliers de vies les jours suivants.

Tout le reste de la journée, la foule a marchée en file indienne, s'est arrêtée, est repartie, s'est arrêtée à nouveau... et ainsi de suite de la même manière. On devait marcher prudemment sur les pas de ceux qui avançaient devant nous, un pas à la fois en faisant très attention.

Vers 5 heures, notre groupe s'est reposé sur le bord de la piste. Heureusement, l'eau avait cessé d'être le problème principal. Il y avait des cours d'eau aux alentours que les réfugiés pouvaient utiliser.

Le jour suivant, après avoir mangé du gruau de riz, nous avons rejoint la misérable caravane humaine qui n'avait pas de destination claire. Tout ce que nous pouvions espérer, c'était que ceux qui avaient fait tout ce chemin auparavant ne se soient pas perdus quelque part dans le désert que nous avions vu du haut de la montagne. Où pourrions-nous trouver de la nourriture après avoir fini nos provisions? Du fait de la lenteur de notre déplacement un tel scénario était très probable. Nous savions que personne ne viendrait nous sauver, alors nous devions simplement continuer àmarcher. Juste pour aller quelque part. Partout ailleurs qu'ici.

Nous retenions notre souffle, ne faisant qu'un pas à la fois. Nous ressentions toutes les sensations liées à la misère humaine; la faim, la soif, l'épuisement, la dépression, l'incertitude, le sentiment de désespoir, la tristesse... Derrière nous, une foule de réfugiés nous poussait tandis que devant un autre masse de réfugiés avançaient pas à pas et de tous les côtés il y avait des mines et des explosifs. Il n'y avait pas d'échappatoire.

Notre famille avait perdu tant de ses membres pendant le régime des Khmers rouges, et plus d'une fois, pris par le désespoir, je ne pouvais m'empêcher de me poser la question: « Qui serait le prochain parmi nous à mourir? »

Vers 9 heures, la foule s'est arrêtée complètement. Nous avions atteint une clairière où des centaines de gens avaient passé la nuit, et maintenant ils commençaient à rejoindre la foule, provoquant un goulot d'étranglement. Un pas après l'autre, une famille à la fois en suivant la file, cela prendrait une éternité avant que ce goulot d'étranglement ne se résolve.

Voyant que ce serait une longue attente, nous avons posé toutes nos affaires par terre. C'est alors que c'est arrivé.

BRA-OUM !!!

La terre a tremblé sous mes pieds. La poussière, la fumée, les feuilles et les brindilles se sont soulevé, entremêlées de cris qui semblaient venir de loin.

Cette énorme explosion a envoyé une onde de choc qui m'a atteint jusqu'au plus profond de mon âme. Le choc initial a été suivi par un bruit de boum une fraction de seconde plus tard. Le temps s'est arrêté. Dans la confusion qui s'ensuivit, je me suis souvenu d'un conte de guerre: « Quand c'est vraiment proche, vous le sentez plutôt que de l'entendre. » C'était très, très proche, ai-je pensé.

Les gens se sont couchés, s'attendant à d'autres explosions, mais rien ne s'est passé. Par chance, tous les réfugiés présents, y compris les enfants, ont gardé leur sang froid et sont resté sur place sans bouger. Si quelqu'un avait commencé à paniquer et à courir, il y aurait encore plus d'explosions et, à coup sûr, d'autres victimes.

Au fur et à mesure que la poussière retombait, le bruit des cris et des hurlements semblait s'intensifier; alors j'ai réalisé qu'il y avait un brin d'odeur surnaturelle qui interférerait mes sens. Je savais que c'était l'odeur du sang.

« Quand vous êtes touché, au début vous ne ressentez aucune douleur. » Un autre conte de guerre m'a traversé l'esprit. Après une inspection rapide, j'ai su que je n'étais pas blessé. Tout le monde dans notre famille semblait bien, sauf... qu'il y avait quelques taches de sang sur la veste d'une de mes sœurs.

« Non, ça ne peut pas être cela, » ai-je pensé.

Il n'y avait pas seulement du sang sur sa veste, mais aussi des morceaux de viande hachée. En y regardant de plus près, les taches semblaient éclabousser la veste de l'extérieur et ne s'infiltraient pas de l'intérieur. Heureusement, c'était le cas. Ma mère a ramassé des feuilles et a nettoyé le sang et la chair de la veste de ma sœur. Elle n'était pas blessée. Quel soulagement.

Les gens ont commencé à regarder autour d'eux. C'est seulement alors nous avons réalisé à quel point l'explosion avait été meurtrière. Environ 10 mètres plus loin, il y avait quelques hommes étendus par terre, immobiles. L'un d'eux était couché sur le dos, levant les yeux au ciel, tandis que ses genoux étaient replié sur les quelques ballots qu'il portait quelques secondes auparavant. Je ne pourrais jamais oublier ce spectacle.

Il y avait certainement des blessés suite à cette explosion, mais mon attention était absorbée par les hurlements du père d'une des victimes de la mine. Il criait et a dit à quelqu'un qu'il connaissait: « Mon fils! Mon fils! Il est mort! Est-ce que tu vois? MON FILS EST MORT! »

« A-t-il marché sur la mine? » a demandé son ami sans aucune raison, peut-être juste pour dire quelque chose.

« Non, ce n'était pas lui. PAS LUI. Il n'a pas marché dessus », a dit le père rapidement et fermement. Puis il a ajouté: « c'était quelqu'un d'autre », comme s'il avait peur que les gens reprochent à son fils d'avoir provoqué la panique ce matin-là.

Nous avons alors baissé les yeux et attendu, écoutant son cri de douleur. Personne ne s'arrêterait pour offrir de l'aide. Personne ne pouvait aider quelqu'un d'autre. Non pas par manque de compassion mais parce que nous étions affaiblis. Nous n'avions plus d'énergie à cause du manque d'eau et de nourriture.

La progression de la file est restée extrêmement lente alors que nous continuions. Après cette récente explosion, nous avions réalisé que nous devions rester constamment alertés. Nous ne pouvions pas nous permettre d'être négligeant.

J'ai perdu le compte des jours ou nous avions dû marcher dans les champs de mines. Cela a peut-être duré 3 ou 4 jours. Je pense que c'était juste 3 jours.

Alors que nous essayions de nous en sortir, une nouvelle peur nous est apparue. Que feront les autorités quand nous attendrons le village le plus proche? Serons-nous tous envoyés directement en prison pour avoir tenté de fuir le pays? Ils considéreraient sûrement cela comme un crime de trahison? On devinait ce que ferait un gouvernement communiste. Nous n'avions aucun espoir que l'autorité vietnamienne (en charge au Cambodge) puisse nous traiter mieux que les Thaïlandais.

À un moment donné, nous avons été retardés à nouveau. Au détour d'un virage, des gens ont signalé un panneau d'avertissement de mine et juste au moment où nous avions atteint ce point, la file s'est arrêtée.

« Ne panique pas, tu n'as rien à craindre », me disais-je. Pourtant, je ressentais un sentiment terrible d'être à seulement quelques mètres d'un explosif. Je ne pouvais m'empêcher de penser à l'incident d'hier et je me disais « et si quelqu'un perdait son esprit et courait? ».

La file est restée immobile pendant environ 5 minutes alors j'ai jeté un coup d'œil à la bombe. C'est vrai, je pouvais le voir. Nous pouvions tous le voir. Dans un arbuste à environ 1 mètre de la piste, il y avait un objet rond d'environ 40 millimètres de diamètre avec une chaîne sur le dessus, de couleur vert kaki. De toute évidence une mine, ai-je pensé.

Soudain un soldat vietnamien solitaire est apparu de nulle part. Il ne marchait pas sur la piste sécurisé comme nous l'avons fait, mais au bord de la jungle. Apparemment, il était habitué à cette étendue de terre. Nous le regardions tous avec incrédulité, était-il réel?

Il s'approchait de la file de réfugiés. Il avait l'air ennuyé et il n'y avait aucune trace de sourire ou signe de bienvenue de sa part. Les circonstances ont brisé la glace entre nous. À notre horreur, il s'est dirigé directement vers la mine. Quelques pas de plus et il allait marcher dessus.

Tout le monde s'est mit à crier: « Arrêtez-vous! Arrêtez-vous! IL Y A UNE MINE!

Il ne comprenait probablement pas le khmer mais notre message était évident. Il s'est soudainement figé. Puis il s'est lentement dirigé vers l'objet que nous lui avions indiqué. Il s'est agenouillé devant l'arbuste. Tous ses mouvements montraient qu'il était un soldat bien entraîné. Nous restions silencieux pendant que nous le regardions se mettre au travail. Il a dégagé les feuilles et les brindilles et les a rassemblés en cercle à environ un demi-mètre de l'objet, une feuille, une brindille à la fois. Il lui a fallu un moment avant d'arriver à l'objet. Puis il a fait une pause pour une dernière observation. Parmi nous régnait un silence de mort et je pouvais entendre mon cœur faire des bonds. Puis, sans aucun avertissement, il a saisi l'objet alors que nous étions tous sous le choc de l'appréhension. Avant que nous puissions faire un geste, il a remis la « mine » à l'un des réfugiés les plus proches de lui. Il y eut un soupir de soulagement, une tension extrême soudainement levée, puis avant que nous ayons eu le temps de nous remettre suffisamment du choc, il est simplement repartit dans la direction d'où il venait sans regarder en arrière. La « mine » n'était en fait que le bouchon d'une gourde d'eau de l'armée oubliée par quelqu'un. Dans un champ de mines, cela avait semblé être une vraie mine pour nos yeux inexpérimentés.

Peu de temps après, nous avons rencontré d'autres soldats vietnamiens qui nous ont dit que la piste était dégagé tant que nous n'allions pas trop loin. Ils nous ont expliqué que des points de distribution de nourriture se trouvaient un peu plus loin. Tout le monde a couru en avant, craignant que l'approvisionnement alimentaire promis ne s'épuise.

Plus tard dans la journée, nous avons rencontré des équipes de soldats vietnamiens qui distribuaient des rations d'urgence, nous comptaient et nous distribuaient des cartes de rations alimentaires. Chacun d'entre nous a reçu quelques kilos de riz et de farine. À partir de là, nous avons continué notre route pendant quelques jours, traversant de nombreux villages reculés et utilisé nos cartes de rationnement pour recevoir plus de rations de survie depuis les points de distribution jusqu'à ce que nous atteignions un camp de réfugiés situé à la base de Phnom Dek.

Notre crainte initiale que nous puissions être vilipendés et persécutés par l'autorité vietnamienne s'est révélée sans fondement. Les villageois ont été informés que nous étions des réfugiés nouvellement libérés du contrôle des Khmers rouges. Les Vietnamiens savaient-ils la vérité?

Au lieu de persécuter les réfugiés, cette base reculée de l'armée vietnamienne nous a fourni de la nourriture, a aidé à organiser le camp et a soigné les malades - le tout sans aide extérieure. Tout ce que la Thaïlande avait affirmé ne pas pouvoir faire même avec l'aide promise par les Nations Unies.

Nous sommes restés au camp de réfugiés situé dans la province de Preah Vihear pendant 8 semaines où nous avons encore eu beaucoup de difficultés, mais nous avons tous survécu. Les soldats vietnamiens nous laissaient généralement seuls et n'apparaissaient que lorsque cela était nécessaire. Je n'ai vu ni entendu aucun cas de soldats vietnamiens qui auraient battu ou violé des réfugiés contrairement [à ce que les Thaïlandais avaient fait] à Nong Chan.

Enfin, l'autorité locale a organisé un ferry pour nous transporter à travers la rivière Saen. De là, nous avons continué à pied à travers la province de Kompong Thom, la province de Siem Reap et finalement nous nous sommes installés à Serei Sophon, une ville dans la province de Battambang située une distance de plus de 300 km du point de chute d'origine. Nous avons traversé bien d'autres obstacles le long de notre route tortueuse vers la liberté, mais mon récit de la tragédie du mont Dangrek se terminé ici.

En 1979, les survivants cambodgiens de Pol Pot et de l'holocauste des Khmers rouges pensaient qu'il ne pouvait y avoir aucun autre régime comparable à cela. Cependant, le gouvernement thaïlandais nous a prouvé le contraire, c'était comme s'il essayait de surpasser les Khmers rouges. En conséquence, à chaque fois que les nombreux réfugiés cambodgiens ont raconté leurs histoires et leurs luttes pour leur survie, le gouvernement thaïlandais était mentionné dans la même note noire que les Khmers rouges.

Par Tim Ung | avril 2012 | Sydney, Australie

Lien de l'original en anglais: camwatchblogs.blogspot.com

Note du traducteur: Bien que les témoignages en anglais sur cette tragédie foisonnent, il n'en existe que très peu en français. En fait, on ne peut en trouver qu'un seul sur le net, l'article de Patrick Sabatier pour « Libération » intitulé « Cambodge-Thaïlande: carnage à la frontière » et daté du 9 juillet 1979.

Traduit de l'anglais par La gazette du citoyen

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