Congrès du Pcf et Conseil National : pour un bilan stratégique et une vraie base commune, par Paul Barbazange

04/12/2017 5 min histoireetsociete.wordpress.com #135768

Malgré une quinzaine d'interventions de membres du CN qui allaient en ce sens, Pierre Laurent a refusé que le mot bilan soit introduit dans le lancement du Congrès, mais a dû accepter que soit introduit dans la phrase centrale « conformément à la feuille de route adoptée » en ajoutant « qui prévoit de faire une évaluation de la période écoulée », bilan, évaluation, on voit ce qui se joue et sur quoi ça freine pourtant c'est indispensable si l'on veut vraiment avancer. Je note également un autre point d'accord avec cette intervention, la proposition de construire ensemble une base commune et ne pas nous opposer inutilement en nous jetant des leurres comme l'appel à Mélenchon et Hamon pour une liste aux Européennes (note de Danielle Bleitrach) Lundi 4 décembre 2017, par Paul Barbazange, popularité : 38%
Conseil National |
Ce CN au cours de multiples interventions a montré la grande difficulté partout à réunir les communistes, faire discuter et mener l'action. Le congrès doit réellement être extraordinaire : que peut faire chaque communiste d'ici le 2 et 3 juin ? L'importance du contenu de la base commune, la question du bilan stratégique adoptée le 18.

Un mot sur le déroulement de ce CN : nous sommes quelques-uns à le vivre comme la mise bout à bout, d'informations, d'opinions, toutes dignes d'intérêt, mais sans véritable échange organisé permettant, par les relances, la mise en valeur des contradictions repérées. On ne peut aller à un congrès restant sur une telle pratique.
Après le 18 et les importantes modifications - chacun se référera au texte - apportées entre le projet et le texte final adopté (bilan, luttes des classes...) un congrès extraordinaire reste possible. Pour les 2 et 3 juin, ambitionnons une base commune permettant à chacun de retrouver ses analyses, ses convictions, ses questions. Cela n'a pas été le cas lors des précédents congrès et au travers des procédures statutaires, le texte final n'a été adopté que par une majorité de plus en plus étroite (52%) et ce avant nos derniers revers. Nous avons besoin d'autre chose, d'un texte apte à rassembler une grande majorité de communistes. La situation, le besoin d'analyse communiste maintenant à nouveau exprimée dans le parti et au delà le permet.

Travaillons ensemble, dans les luttes et le combat communiste, le « bilan de la période écoulée », un bilan stratégique affrontant les questions posées à notre parti par sa stratégie passée. La question n'est pas de savoir où, à quels moments et moins encore quelles responsabilités personnelles, mais de tourner ce bilan vers l'avenir. Il nous faut saisir comment les questions que nous posent aujourd'hui l'idéologie dominante, l'état des luttes politiques et sociales, notre situation d'organisation, nos résultats électoraux, nous interrogent sur nos choix stratégiques passés et leurs résultats. Nous contraignent et nous permettent une rigoureuse mise à jour. Il faut donc aller loin dans ce bilan. Sa simple mention est une faiblesse de la feuille de route, et ce bilan n'est pas retenu dans le relevé de décision que vous nous proposez d'adopter aujourd'hui, il doit l'être !

De façon évidente un tel objectif de rassemblement assigné à la base commune ne pourra se faire en prétendant trancher dès ce congrès toutes les contradictions devenues au fil de la vie plus explicites ; ayons le courage de pointer clairement ce qu'il faut, ce qu'il faudra résoudre pour retrouver notre place avec les plus exploités et la classe ouvrière. Commençons à modifier, retrouvons la continuité de ce qu'est le parti communiste depuis 1921, travaillons ensemble. Retrouvons simplicité, lisibilité et crédibilité dans les conditions actuelles de la lutte des classes.

Je souhaite conclure sur le « besoin de communisme ». Depuis des décennies nous focalisons notre attention sur le rassemblement, les rassemblements, dans le meilleur des cas la convergence des luttes et des actions pour aller au changement, au point que l'apport propre des communistes sur chaque point s'est peu à peu effacé. Ce mouvement peut s'inverser, le contenu de la feuille de route le montre. Pour la justice sociale, la paix, l'avenir écologique, nous avons beaucoup à dire et à faire parce que communistes. Nous pouvons gagner dans ce mouvement.
Paul Barbazange

Les 20 dernières minutes de ce CN éclairent parfaitement l'essentiel de ce que nous avons à faire. Lorsque la présidence a voulu mettre aux voix le relevé de décisions (pour formaliser le lancement du congrès, la réunion des animateurs de section n'ayant pas un statut formel et devant être avalisée par le CN), une quinzaine de camarades par ailleurs d'opinions très diverses sont intervenus pour demander que figure dans ce relevé le mot « bilan ». Le débat a été rugueux, il est symptomatique que je n'aie pas eu à ré-intervenir à ce moment là. D'autres camarades s'en sont chargés de façon vigoureuse et très diverse. Nous sommes donc bien avec cette question du « bilan » au cœur du débat essentiel du congrès. P. Laurent a finalement refusé d'introduire le mot bilan, mais a accepté de modifier la phrase centrale « Conformément à la feuille de route adoptée » en ajoutant « qui prévoit de faire une évaluation de la période écoulée ». Bilan, évaluation... chacun voit où le bât blesse certains. A nous de nourrir tout cela.

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