Fantaisie

03/12/2017 4 min lesakerfrancophone.fr #135742

1917 - 2017 - Conte ou réalité

Par Jean Piniarski − Décembre 2017

Quelquefois, les contes expliquent mieux la réalité que de longues démonstrations :

Les puissants dirigent les peuples. Chefs de guerre, aristocrates, rois, puis haute bourgeoisie dirigent les pays. Et pour devenir plus riches qu'ils ne sont, pour tenter de mettre à l'abri les fortunes qu'ils constituent, depuis des millénaires, ils organisent des guerres contre les pays voisins, et envoient les pauvres se faire tuer. L'histoire de l'Europe a été celle-là. Pendant des millénaires, toujours, les puissants ont créé les guerres.

L'année 1917 est venue. Une révolution, propulsée par l'Occident, l'Allemagne et d'autres, s'est développée en Russie. Le but était la désorganisation générale du pays avant la curée par les Occidentaux.

Mais la Révolution en Russie a tourné d'une manière inattendue. Toute la classe dirigeante a été détrônée, partiellement éliminée, les biens confisqués. Coup de théâtre. Et de plus, la Russie prétendait exporter la révolution dans les autres pays d'Europe. Le parti communiste prenait pied dans beaucoup de pays et son audience s'élargissait.

Alors, en Occident, la classe fortunée a réfléchi et est arrivée à la conclusion que la poursuite des guerres entre pays amènerait au pouvoir les communistes, comme en Russie, et que les grandes fortunes ne pourraient trouver de refuge que dans la fuite.

Ainsi est apparue, après la fin de la Première Guerre mondiale, une littérature parlant d'Europe unie, sous la direction de l'Allemagne. Les grandes fortunes convenaient de ne plus se battre en Europe par peuples interposés et de se ranger sous l'autorité de l'Allemagne.

Mais il fallait régler le compte de la Russie. Le développement du nazisme en Allemagne était une bonne occasion. La Seconde Guerre mondiale est arrivée, et on a vu dans de nombreux pays, dont la France, que la résistance à l'avancée des troupes allemandes était quasi inexistante, et pas par manque de courage des troupes. En quatre ans lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands n'étaient pas arrivés jusqu'à Paris. En cinq semaines lors de la Seconde Guerre, tout s'est passé comme si la défaite était organisée. La majeure partie du territoire était occupée. En France, et dans d'autres pays, les affaires pouvaient rapidement reprendre et le nouveau scénario était de laisser les mains libres à l'Allemagne nazie pour balayer le bolchévisme.

Mais les Russes ont balayé l'Allemagne nazie. Second coup de théâtre.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la paix dans une partie des pays de l'Europe n'est pas la conséquence de la création de l'Union européenne, idée issue de l'installation du communisme. C'est la décision conjointe des grandes fortunes d'assurer leur avenir par la fin des hostilités qui a amené, jusqu'à ce jour, la fin des guerres classiques. Mais qu'on se rassure, ces guerres continuent sous l'égide de l'UE au travers des guerres coloniales qui ne sont pas un danger pour les grandes fortunes. La Russie est aussi désignée comme un ennemi. Mais ça a déjà mal tourné deux fois, alors on hésite.

Et puis le parti communiste s'est fait laminer en Europe. Le danger de révolution s'est donc éloigné. Combien de temps encore durera la paix ? Quand éclatera la réelle consistance de l'UE, il sera bon de trouver des dérivatifs pour détourner l'attention.

Et voilà, peuples d'Europe. Vous êtes naïfs. Vous croyez tout ce qu'on agite devant vous. Pendant des millénaires, on entretient en vous l'humeur guerrière et on vous emmène vous faire tuer à la guerre. Et puis un jour, la tactique change. On regarde dédaigneux ceux qui se sont faits tuer, on s'allie pour vous piller d'une autre manière et vous continuez de ne rien voir. Et un jour, on reprendra le premier scénario.

C'est ainsi qu'on enseigne l'histoire aux enfants.

Jean Piniarski

Liens ajouté par le Saker Francophone Ce conte parle de défaite organisée en France. L'historienne Annie Lacroix-Riz parle elle du choix de la défaite.

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