à propos des 50 000 syriennes emprisonnées et violées dans « Syrie, le cri étouffé » (France2 jeudi 7 déc. 2017 23h00)

03/12/2017 9 min legrandsoir.info #135715

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PREMIERE REMARQUE : Les conditions de diffusion de ce documentaire-choc déjà primé à Genève montrent que ce documentaire est utilisé à des fins de propagande pour torpiller la conférence de Genève en cours entre coalition victorieuse (Syrie - Russie - Iran - Liban) et coalition vaincue (USA - UE - OTAN - Golfe - Israél). Avec au milieu du gué Turquie, Caucase, Italie et Grèce (en filigranes car confrontées aux migrants), Chine et BRICS. Cette heure et date de diffusion permettra aux diplomates en négociation à Genève, de voir le film le soir dans leurs hôtels. Il influera donc directement sur l'atmosphère des jours suivants à la table des négociations. Cela s'apparente à la fiole d'anthrax brandie par Colin Powell à l'ONU (5 février 2003), ou à la jeune fille en pleurs qui racontait à la tribune d'une commission de l'ONU aussi (10 octobre 1990), que des bébés avaient été jetés hors de leurs couveuses dans un hôpital koweïtien par des soldats irakiens. Pour ces 2 guerres du Golfe, en fait la fiole contenait de la "poudre de perlimpinpin" et il n'y avait pas d'ADM en Irak, et la jeune fille était la fille de l'ambassadeur saoudien à Washington, et avait reçu une formation spéciale pour pleurer et faire pleurer l'audience. Il n'y a jamais eu d'hopital détruit par Saddam Hussein. De la basse propagande donc. Sauf que cette fois, c'est la France qui s'en charge, et qu'elle inonde la Suisse au passage, pays neutre, dans un contexte de neutralité internationale battu en brèche par des méthodes de mafieux des ondes.

DEUXIEME REMARQUE : l'armée d'Assad est une armée de conscription, dont beaucoup d'appelés ne veulent pas aller faire la guerre. Ils sont mal payés et 100 000 sont morts au front. Mais ils sont en majorité SUNNITES, donc de même faction religieuse que les "rebelles" très grassement payés par les Monarchies du Golfe. Pourquoi ne pas envisager que certains d'entre eux aient été "retournés" pour opérer des abominations sous uniforme de l'armée syrienne ? Il est avéré qu'une pluie de dollars a inondé la Syrie au début de la campagne de déstabilisation. De nombreux officiers de l'armée régulière syrienne ont alors déserté. La loi martiale a été appliquée et les fidèles au gouvernement Assad ont été sérieusement encadrés et contraints sous menace de mort, de rester fidèles. Dès le début de cette sale guerre, un attentat a liquidé TOUTE la tête du Renseignement syrien devant leur Ministère (6 morts). La Syrie a répliqué en blessant gravement le chef du renseignement saoudien à Riyad (attentat iranien ?). Aujourd'hui il survit retiré de toute vie politique (Prince Bandar Ben Sultan). Dans ces conditions, pensez-vous que le Gouvernement syrien contrôle efficacement la totalité de son armée ? Lire SUN ZU "L'Art de la Guerre" (écrit en - 400 avant Jésus Christ)

TROISIEME REMARQUE : de toute façon, si ces faits sont avérés et commis par des "membres du régime syrien", alors leur nombre est fortement exagéré. C'est TOUJOURS le cas dans les médias de pays à la fois juges et partis. On en a un bon exemple avec l'affaire de la tentative d'établir un califat à Hama en Syrie, en février 82 (déjà). TOUS nos journaux ont parlé d'une répression ayant fait 30 000 morts... sauf qu'en décembre 82, la DIA américaine a conclu à 3000 morts dont 1000 civils égorgés en place publique devant femmes et enfants chaque jour à midi pendant 2 semaines, par des Moudjahidines (jihadistes Frères Musulmans) venus d'Egypte. Hafeez Al Assad a alors envoyé son frère Rifaat Al Assad mater ce massacre. Je me demande ce que Sarkozy ou Hollande aurait fait à sa place... Voilà un exemple concret d'EXAGERATION dans la proportion de 10 (médias les plus propagandistes dont bien sûr Le Monde) pour 1 (réalité la plus probable). A l'époque, cela n'avait pas effrayé TF1 qui jugeait Hafeez Al Assad à la pointe du progressisme au Moyen Orient... Vous me direz "ça fait encore 5000 cas"... certes. Mais lors d'actes de guerre, tout est à recouper par une institution dans laquelle aucun pays n'est lié à l'un des 2 bords... vous comprenez la complexité de la démarche judiciaire dont France2 ne vous parlera pas ?

QUATRIEME REMARQUE qui rebondit sur la troisième : Il y a eu au début de la guerre une vague de terreur dans les campagnes suite à une autre vague d'attentats dans les grandes villes qui "ne prenait pas" et dont nos médias ont peu parlé car elle pointe vers l'origine maffieuse (OTAN-Golfe) du soulèvement lorsque celui-ci a pris les armes et s'est fondu aux manifestants (comme en Ukraine et en Libye...). Des villages entiers ont été décimés par des écorcheurs égorgeurs violeurs. Les journalistes qui voulaient enquêter sur ces actes ont été menacés, ou sont morts, toujours à cause des pseudos rebelles qui les pourchassaient ou les attiraient dans des zones de tirs de l'armée syrienne (témoignage de Alex Thomson, Channel 4)... cette situation n'a pas permis à aujourd'hui de savoir QUI a commis ces atrocités.... mais à votre avis... QUI est soupçonnable ?

CINQUIEME REMARQUE : Rappelons qu'a contrario nous avons aidé depuis le début de cette campagne de déstabilisation une constellation effarante de bataillons et katibas rebelles aux doux noms exotiques impossibles à retenir, tous poreux, tous plus ou moins inféodés aux égorgeurs, car sur le terrain c'est toujours la loi du plus fort qui prévaut entre tribus de mercenaires n'appartenant pas à une armée régulière. Nous avons financé des armées moyenâgeuses, volatiles et peu fiables, car cupides et toutes en concurrence pour faire main basse sur la manne des pétrodollars saoudiens, qataris ou OTAN. Et pour se faire bien voir de nous (au sens propre comme au figuré), leurs monstruosités ont été tellement atroces, notamment auprès des femmes, que même nos médias furent obligés d'admettre qu'ils étaient absolument coupables de dizaines de milliers d'assassinats, tortures, viols, et même des évicérations, dans des conditions toutes plus sordides les unes que les autres. D'où ma question ici ; Sommes-nous en droit de donner des leçons au "camp d'en face" ? La vraie communauté internationale comprend 192 pays je crois. Que vont penser les 170 autres pays non impliqués dans cette campagne de déstabilisation ?

SIXIEME REMARQUE : Tout "géopolitologue amateur" peut observer les mêmes schémas d'opérations paramilitaires qui s'appuient sur des formes variées de fascisme sanguinaire, lors de la mise en oeuvre de campagne de déstabilisation d'un gouvernement ou d'un pays entier par la CIA ou comme en Syrie, par une troïka multinationaliste. Ainsi les mêmes schémas s'appliquent parfaitement au coup d'état contre Allende au Chili, contre Mossadec en Iran, contre Najibulah en Afghanistan, contre Zelaya au Salvador, contre Chavez puis Maduro au Vénézuéla, contre Kadhafi en Libye, et depuis Assad, contre Ianoukovitch en Ukraine, et j'en oublie une dizaine d'autres. Dans ces schémas, on retrouve toujours parmi les éléments de diabolisation de l'ennemi, le sort réservé aux femmes... (sort dont le camp du bien USA - UE - OTAN - Golfe - Israél ne se préoccupe pas ou peu ou mal en Palestine, en Arabie Saoudite et dans le Golfe, en Afrique francophone, ou dans l'ancien Commonwealth...). Dans le discours des diaboliseurs, les femmes sont toujours victimes d'atrocités et mettent en pleurs les chaumières occidentales. Pourquoi diable voudriez-vous qu'en Syrie il en aille différemment ?

SEPTIEME ET ULTIME REMARQUE : Elle est récurrente et procède de l'évidence même. "Cui bono ?" Tout chef d'état dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l'OTAN sait qu'il va aussi être la cible d'attaques sans relâche des médias "occidentaux", de loin les plus puissants en termes de diffusion satellitaire tout autant que sur le web où opérent la chasse aux fake-news du "camp d'en face", le triage via des algorythmes affutés, et l'injection désormais massive de "contenus" à charge. Dans ces conditions, pour quelles raisons Bachar Al Assad et son gouvernement iraient-ils se compromettre sur des dossiers aussi sensibles que la ligne rouge de l'usage d'armes chimiques, ou la maltraitance des minorités comme les Kurdes, ou la maltraitance des femmes, des enfants et des déshérités ? C'est parfaitement absurde. Et d'ailleurs il me vient ce souvenir tout aussi absurde qui a concerné Muammar Kadhafi : Les journaux occidentaux ont dit qu'il avait importé un cargo de préservatifs et d'excitants sexuels pour son armée... voilà qui rappelle le captagon saoudien dont les femmes syriennes se souviennent sans doute aussi... et mon propos n'est pas d'en rire. Il est de comprendre la machine "en marche". Alors "Cui bono ?" Il est absolument évident que "le camp d'en face", celui qui négocie sa reddition à Genève, a lui toutes les bonnes raisons de se frotter les mains d'un tel timing médiatique.

Je ne dis pas que les faits sont faux ni ne veut sous-estimer leur gravité bien sûr. Je dis : Retenons les leçons de l'Histoire, de Sun Zu (-400) à aujourd'hui. Extrême prudence devant des témoignages et des productions venant de tiers à la fois juges et partis. La sincérité peut cacher des mensonges malgré elle. Exagération, distorsion des faits, camouflage des identités, manipulation et instrumentalisation des témoins, des médias et de l'opinion publique, récurrence de schémas narratifs agissent pour détruire la vérité, toujours dans le sens des maitres.

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