Les nouvelles mesures de l'administration Trump vont encore restreindre les droits des Américains et porter préjudice à l'économie cubaine.

15/11/2017 6 min legrandsoir.info #135104

Joséfina Vidal

Josefina Vidal : "Elles n'ont pas fonctionné, elles ne fonctionnent pas, elles ne fonctionneront pas".

179 Entités cubaines interdites aux étasuniens :
- 2 Ministères
- 5 Groupes d'entreprises
- 83 Hôtels (pour tout Cuba)
- 2 Agence de Voyages
- 5 Marinas
- 10 Magasins
- 38 entités liées à la Défense et à la Sécurité
- 16 Entités du Groupe CIMEX
- 18 Entités de Gaviota, Habaguanex et Terminaux de Conteneurs.

Les dispositions publiées aujourd'hui par les départements d'Etat, du Trésor et du Commerce "nuiront aux citoyens américains, dont le droit de se rendre à Cuba, le seul pays au monde qu'ils ne puissent visiter librement, sera encore plus restreint", a déclaré Josefina Vidal Ferreiro, Directrice générale pour les États-Unis au Ministère des affaires étrangères de Cuba.

Elle a estimé que les nouveaux règlements, injustifiés et éminemment politiques, affecteront les hommes d'affaires américains qui perdront des occasions d'affaires intéressantes existant sur l'île aujourd'hui, face à leurs concurrents. En même temps, ils nuiront à l'économie cubaine, à la fois à l'État et au secteur privé.

"Les mesures confirment un grave recul dans les relations bilatérales suite aux décisions prises par le gouvernement du président Donald Trump, et ne cachent pas leur arrière-plan subversif, puisqu'elles encouragent les voyageurs à mener des activités de ce genre pour justifier la légalité de leurs visites à Cuba" a déclaré Vidal.

Ce 8 novembre, les Départements d'Etat, du Trésor et du Commerce ont émis de nouvelles dispositions et règlements, pour mettre en œuvre des "actions coordonnées" qui intensifient le blocus contre Cuba, annoncées le 16 juin par Trump et incorporées dans la directive intitulée "Mémorandum Présidentiel de Sécurité Nationale sur le Renforcement de la Politique des États-Unis à l'égard de Cuba."

Ces dispositions et règlements, qui entrent en vigueur ce 9 novembre, sont contenus dans trois documents :

1- Liste du Département d'Etat sur les "Entités Cubaines Restreintes".

2- Règlement du Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers (OFAC) du Département du Trésor sur les transactions financières et les voyages à Cuba.

3- Règlement du Bureau de l'Industrie et de la Sécurité (BIS) du Département du Commerce, sur la politique d'octroi des licences d'exportation et de réexportation à Cuba.

"Entités cubaines restreintes"

Conformément au Mémorandum Présidentiel de Sécurité Nationale (NSPM), le Département d'État a publié aujourd'hui une liste qui répertorie 179 entités cubaines avec lesquelles, à l'avenir, les transactions financières directes des entités américaines et des citoyens sont interdites, et une politique de refus des licences d'exportation pour la réexportation de biens et de services en provenance des États-Unis sera appliquée.

"Il s'agit d'une liste arbitraire, composée de diverses entités cubaines prétendument liées, de manière non fondée, au secteur de la défense et de la sécurité nationale. Il comprend les ministères des Forces Armées et de l'Intérieur, la Police Nationale Révolutionnaire, les Troupes Garde-frontières, des entreprises, des sociétés anonymes, la ZED de Mariel, les Terminaux à conteneurs de Mariel et de La Havane, plus de 80 hôtels à Cuba, les agences de voyages, des magasins, principalement ceux situés dans le centre historique de la Vieille Havane" a expliqué l'ambassadeur.

On atteint les sommets avec l'inclusion de marques commerciales de boissons gazeuses (comme Tropicola et Cachito) et de rhums, et même d'un service photo tel que PhotoService. Il a également averti que la liste n'est pas définitive, elle sera revue périodiquement par le Département d'Etat.

Désormais, ceux qui viennent dans l'île doivent présenter un programme d'activités à plein temps, ce qui implique, selon le modèle américain, maintenir des contacts avec les gens, soutenir la "société civile" et promouvoir leur indépendance par rapport à l'État cubain.
L'intention politique de ces restrictions est explicitement énoncée dans les exigences spécifiques établies pour la catégorie de voyage dans "le soutien au peuple cubain".

En outre, l'OFAC élargit la liste des fonctionnaires du gouvernement et de l'État, des représentants des organes judiciaires, des organisations de masse et de la presse avec lesquels il est interdit d'effectuer des transactions.

Exemples d'activités autorisées par le gouvernement américain :

- Louer une chambre dans une résidence privée cubaine (maison privée).
- Manger dans les restaurants cubains privés (paladares).
- Effectuer des achats dans des magasins privés gérés par des Cubains qui travaillent à leur compte (travailleurs indépendants).

Josefina Vidal a déclaré que les sanctions unilatérales n'ont pas leur place dans le monde. "Elles finissent par endommager les gens, les peuples, les pays, les entités, les entreprises. Elles blessent inutilement. Elles ne devraient pas faire partie de l'arsenal des politiques d'un pays contre un autre".

Par conséquent, Cuba ne prendra aucune mesure discriminatoire ou de représailles contre ces mesures. "Nous n'appliquerons pas non plus de sanctions contre les Américains ou leurs compagnies. Ceux qui peuvent encore venir chez nous - dans les espaces encore réduits pour commercer, et échanger avec Cuba - nous continuerons à les recevoir. En fait, nous continuons à les recevoir, cela n'a pas cessé" a déclaré Josefina.

À la fin de ses déclarations, Joséfina Vidal a synthétisé "l'efficacité" des règlements et des sanctions du gouvernement des États-Unis contre Cuba : "Ils n'ont pas fonctionné, ils ne fonctionnent pas, ils ne fonctionneront pas".

(traduction Michel Taupin)

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