Hassan Nasrallah: La forme de la démission de Saad Hariri révèle les méthodes d'intervention saoudiennes au Liban

13/11/2017 3 min tlaxcala-int.org #135026

Hassan Nasrallah حسن نصر الله

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 5 novembre 2017, suite à la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri

Transcription

... Mon discours de ce soir sera exclusivement consacré à ce point (la démission du Premier ministre Saad Hariri). Afin de ne pas commencer directement par des analyses ou pour ne pas nous baser simplement sur des analyses (sujettes à discussion), je veux commencer par des faits et des données (avérés). Des faits connus par tous les ministres du gouvernement actuel, qu'ils ont entendu directement de lui, du chef du gouvernement, et en particulier les ministres qui sont réunis au Conseil des ministres chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale.

Ce que je vais dire maintenant a (déjà) été répandu dans les médias, mais je souhaite le souligner car nos ministres l'ont également entendu directement et ont assisté à tout ce processus dont je vais parler au début. Et c'est pourquoi nous considérons cela comme des données, des faits, et non pas une analyse formulée de loin.

Vous savez qu'il y a quelques jours, un responsable saoudien s'est exprimé et a fait des déclarations longues et acerbes contre le Liban et le Hezbollah, et a parlé de chasser le Hezbollah du gouvernement et a nié l'intention de faire tomber le gouvernement. Il a fait des menaces, des promesses solennelles, des vitupérations, des rodomontades, et il a alors été dit que le chef du gouvernement (libanais) avait été appelé rapidement en Arabie Saoudite. Et c'est une information absolument sûre, car il a annulé tous ses rendez-vous et s'est rendu en Arabie Saoudite.

Tout le pays - les dirigeants, les ministres, les forces politiques - attendaient le résultat de cette visite. Je parle de la première visite, et non de la deuxième durant laquelle il a annoncé sa démission. Et tout le monde en attendait donc le résultat. Bien sûr, tout le monde s'attendait, durant cette première visite, à ce que des pressions soient exercées sur le Premier ministre Saad Hariri pour qu'il remette sa démission et fasse ainsi chuter le gouvernement.

Mais lorsque le chef du gouvernement est revenu d'Arabie Saoudite, et que le Conseil des ministres s'est réuni, ainsi que les différents comités ministériels, ainsi que tous les invités qui l'ont rencontré, c'est là quelque chose de certain et connu de tous qu'il a dit à tous, et qu'il a également annoncé, de différentes manières, que l'Arabie Saoudite soutient la stabilité et la sécurité au Liban, le maintien du gouvernement actuel et du dialogue entre les Libanais, et plus encore, qu'il avait obtenu des promesses d'aides très conséquentes, qu'on allait se préparer ensemble à une quatrième Conférence de Paris, et qu'on allait obtenir de nouvelles aides pour l'armée libanaise.

Il a déclaré tout cela (à maintes reprises et à différents interlocuteurs, publics et privés). Il était à l'aise, enthousiaste, et son comportement le manifestait clairement, et il avait annoncé pour lundi ou mardi une réunion du Comité ministériel chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale.

Puis à nouveau, le chef du gouvernement a voyagé en Arabie Saoudite, et il a annoncé sa démission depuis là-bas. Ce sont des données (incontestables).

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