Licenciée pour un doigt d'honneur à Trump, Juli Briskman ne regrette pas son geste

10/11/2017 4 min tlaxcala-int.org #134936

Piero Bosio

"Ce geste? Si c'était à refaire, je le referais". Juli Briskman, 50 ans, mère de deux enfants, ne s'est pas repentie de ce doigt d'honneur dirigé vers Donald Trump qui lui a coûté son travail, le licenciement. Sa photo sur un vélo à côté du convoi de voitures du président US est devenue virale.

Sur les réseaux sociaux, Juli est pour beaucoup une « heroïne » (en novlangue PC, une « she-ro », par opposition à « hero », considéré machiste) et la photo avec le hashtag #Her2020 a été très partagée. Cette femme, par son geste, a résumé le mal-être et les critiques de millions d'USAméricains contre Trump. D'autres ont lancé une pétition pour demander qu'elle retrouve un emploi. Pour ses détracteurs en revanche, elle a commis un acte d'incivilité contre le président et sa boîte a bien fait de la licencier.

Tout a commencé le 28 octobre dernier. Juli pédalait sur son parcours habituel dans le nord de la Virginie, lorsque le SUV noir de Donald Trump, suivi par les voitures d'escorte, l'a rejointe et doublée. Trump revenait d'un terrain de golf. Elle, sans trop réfléchir, a levé le bras gauche et a montré son majeur en direction du convoi de voitures.

Pourquoi cette réaction? Juli Briskman l'a expliqué Washington Post: « Trump me passait sous le nez et mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai pensé aux Dreamers [les « rêveurs », jeunes Latinos issus de familles sans-papiers menacés de déportation] qui vont êtres chassés du pays, à la suppression des lieux d'inscription à l'Obamacare, au fait que seulement un tiers de Porto Rico a de l'électricité... alors que Trump est de nouveau sur un parcours de golf ».

L'affaire aurait pu en rester là, mais un photographe, Brendan Smialowski de l' AFP, a pris la photo qui a immortalisé la contestation de Trump et allait faire le tour du monde.

Akima LLC, une entreprise qui participe aux appels d'offres du gouvernement US, n'a pas apprécié le geste et a licencié Juli, en faisant valoir que « cette image viole la politique de l'entreprise sur les médias sociaux, qui interdit la publication d'images obscènes sur des comptes privés de ses employés ".

Mais Juli, qui, pour être équitable, avait fait savoir aux responsables de l'entreprise que c'était une photo d'elle, expliquant que la photo controversée la montrait de dos, qu'elle n'était pas au travail au moment du geste, et qu'elle ne portait rien qui aurait permis de l'identifier comme une employée d'Akima.

Mais en dépit de ces explications, l'entreprise a considéré son geste comme un « acte obscène » préjudiciable aux affaires de l'entreprise et, compte tenu de ses contrats avec le gouvernement, l'a licenciée. Juli était analyste marketing.

Juli Briskman a été profondément déçue par le comportement de l'entreprise qui n'a pas apprécié sa sincérité, mais aussi pour une autre raison. La femme, parlant au Washington Post, a fait remarquer qu'un de ses collègues masculins, signalé à l'entreprise pour avoir publié des commentaires obscènes sur ses profils sociaux, n'a pas été traité de la même manière et a gardé son poste dans la boîte.

Maintenant, Juli est à la recherche d'un autre emploi, et à ceux qui lui demandaient si elle se repentait de ce doigt d'honneur dressé contre Trump, elle a répondu: « Non, je ne le regrette pas. Je le referais. Dans un sens, je ne me suis jamais sentie mieux, je suis en colère contre la direction de notre pays. Je suis horrifiée. Ça a été une occasion pour moi de dire quelque chose. "

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